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Tennis

Bianca Andreescu accède à la finale à Auckland

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La Canadienne Bianca Andreescu voit grand et n’entend pas traîner en chemin vers les sommets du classement de la WTA. Elle est passée à l’acte cette semaine à Auckland en atteignant sa première finale sur le circuit, défaisant au passage deux anciennes numéros 1 mondiale.

Après l’euphorie de ses victoires contre la Danoise Caroline Wozniacki et l’Américaine Venus Williams, Andreescu était étonnamment calme samedi après avoir vaincu la Taiwanaise Su-Wei Hsieh, 28e au monde, 6-3 et 6-3 en demi-finale. L’Ontarienne de 18 ans, qui est issue des qualifications, pensait déjà à sa prochaine adversaire, Julia Goerges.

«C’est une autre excellente joueuse, a-t-elle dit en entrevue d’après-match au sujet de l’Allemande, 14e mondiale, championne en titre du tournoi et tombeuse d’Eugenie Bouchard en quart de finale. Je vais continuer de faire mon mieux, de m’amuser sur le terrain, de croire en moi et de me battre jusqu’à la fin.»

L’athlète de Mississauga, qui a entrepris la saison au 152e rang, pourra assurément revoir ses objectifs à la hausse, elle qui espérait terminer l’année autour du top 80. Sa performance à Auckland lui permettra à tout le moins de percer le top 110.

Formidable séquence

Après avoir remporté ses deux derniers tournois de la saison 2018 sur le circuit ITF, Andreescu n’a pris qu’une semaine et demie de repos avant de reprendre l’entraînement au Stade IGA, où l’Agence QMI l’a rencontrée avant son départ pour la Nouvelle-Zélande.

«J’ai été blessée longtemps, donc je ne voulais pas prendre trop de temps à l’extérieur du court, a expliqué Andreescu, quart de finaliste au Citi Open en 2017.

Une irritation à un nerf dorsal l’a tenue à l’écart de la compétition pendant huit semaines l’été dernier.

«Je crois que tout arrive pour une raison, alors j’essayais de rester positive à travers tout ça, a raconté Andreescu. J’ai appris beaucoup sur moi, sur mon corps. [...] Et je crois que si tu ne passes pas à travers des moments difficiles dans ta carrière, ou juste dans la vie en général, tu n’apprécies pas les bons moments à leur juste valeur.»

Grâce à un nouveau plan d’entraînement, la jeune joueuse s’est renforcée physiquement. Elle a également profité de cette pause pour travailler son attitude sur le terrain. Perfectionniste, Andreescu reconnaît avoir tendance à être trop dure envers elle-même.

À l’automne, les résultats ont été immédiats. D’ailleurs, elle n’a perdu que trois des 28 matchs qu’elle disputés depuis son retour au jeu.

«J’ai beaucoup évolué en tant que joueuse, tant sur le court qu’à l’extérieur. J’essaie de me comporter comme un mini-Federer, d’être très calme, en contrôle, et tout le temps positive.»

Battre Serena

Plus forte et plus constante, Andreescu sait maintenant que les meilleures joueuses du circuit sont à sa portée. D’ailleurs, l’Ontarienne ne se limite pas dans ses ambitions.

«Ça peut sembler fou, mais je veux être meilleure que Serena Williams. Je sais, je suis une grande rêveuse!, a-t-elle lancé en riant. Je veux absolument jouer contre elle avant qu’elle se retire.»

Deux autres grandes joueuses l’inspirent énormément dans son développement. «Simona Halep, elle est une de mes favorites. C’est mon héritage roumain! Elle est très positive et elle se bat bien tout le temps. Je crois que c’est une des athlètes les plus professionnelles du circuit.»

Et il y a son modèle, la Belge Kim Clijsters. «Je veux jouer comme elle et peut-être même être encore meilleure. C’est une joueuse complète. Elle est forte mentalement et physiquement, elle est très constante et agressive en même temps. Elle bouge bien sur le court. [...] Je veux être comme elle.»

Un joyau

Responsable du programme national féminin chez Tennis Canada et entraîneur d'Andreescu, Sylvain Bruneau parle de sa protégée comme d’un petit joyau.

«C’est un super espoir. Il y a seulement trois autres joueuses de 18 ans mieux classées qu’elle. Non seulement par son classement, mais par son potentiel, c’est une fille qui est appelée à faire de grandes choses dans le tennis, a lancé Bruneau à l’aube de la nouvelle saison, comme s’il sentait que la jeune Ontarienne était sur le point d’éclore.

«Elle a un super jeu, elle est très polyvalente sur le plan athlétique, elle a une facilité sur le plan tennistique. C’est une battante sur le terrain; elle est très compétitive et professionnelle. Tu mets tout ça ensemble et tu as tous les ingrédients. Je pense qu’il va y avoir de très bonnes choses qui vont se passer avec elle en 2019 si elle reste à l’abri des blessures.»