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Crédit : BOB FRID - AGENCE QMI

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«C’était une année assez folle» - Nick Suzuki

Publié | Mis à jour

Nick Suzuki a traversé des derniers mois difficiles et éprouvants. Parmi les meilleurs éléments de la formation nationale, il ne pouvait espérer mieux pour terminer l’année 2018 en grand. Lundi soir, il patinera sur la plus grande scène mondiale en affrontant la Russie.

Il y a quatre mois, il ne s’inquiétait pas de son sort et veillait à se préparer au camp d’entraînement des Golden Knights de Vegas. Voilà qu’en une semaine, son destin a changé. Il est débarqué à Montréal dans la transaction faisant passer Max Pacioretty aux Knights, en septembre.

Il ne s’inquiète pas plus de son sort présentement, mais il admet qu’il est passé par toute la gamme des émotions. Si l’année du repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH) est particulièrement éprouvante pour un jeune hockeyeur, celle où il participe aux évènements de la formation nationale menant au Championnat du monde junior l’est tout autant. Le calendrier est fort chargé.

«C’était une année assez folle avec l’échange, a-t-il souligné, dimanche. C’est plaisant. J’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de gens de différentes organisations. C’était une bonne "ride". J’espère qu’elle se poursuivra en 2019.»

Parmi ses souhaits apparaît certainement un poste dans l’échiquier des attaquants de Claude Julien chez le Canadien. Il espérait cette chance cette année, mais le Tricolore l’a rétrogradé dans la Ligue de l’Ontario afin qu’il aiguise ses griffes avec l’Attack d’Owen Sound. Avant de partir pour le camp final de sélection d’Équipe Canada en décembre, l’habile et rapide centre avait marqué 20 buts et récolté 43 points en 28 matchs.

Speedy Gonzales

Sous la gouverne de Tim Hunter à Vancouver, Suzuki fait flèche de tout bois. C’est comme s’il avait installé des fusées sur ses patins. Pourtant, dans l’année menant au repêchage, des dépisteurs avaient décelé de petites failles dans son coup de patin. Cela ne l’a pas empêché de devenir la deuxième sélection de premier tour au premier encan des Knights en juin 2017.

Cette vitesse foudroyante sur la glace, Suzuki l’a peaufinée avec les années. Il multiplie les séances de «power skating» à London avec des instructeurs chevronnés depuis cinq ans.

«Dans mes débuts dans l’OHL, les gens ont dit que je devais améliorer mon coup de patin. J’ai donc travaillé fort là-dessus. Même les équipes qui m’ont rencontré au repêchage me le disaient. C’était une grosse partie de mon entraînement estival avec mes entraîneurs.»

Dans le camp canadien, cette vitesse en impressionne plus d’un, à commencer par son compagnon de trio Jaret Anderson-Dolan qui vante aussi son intelligence avec la rondelle.

«Il est partout sur la glace. Il est toujours au bon endroit. C’est excitant, car il est intelligent et il se place bien, a-t-il remarqué. J’essaie de lui refiler la rondelle pour qu’il fasse opérer sa magie.»

Celui-ci a également remarqué la façon dont Suzuki s’applique en défensive. Il surveille ses adversaires adéquatement. Ce qui n’est pas l’apanage de tous les prolifiques attaquants.

Perché dans les hauteurs du Rogers Arena, l’entraîneur adjoint de la formation canadienne, Marc-André Dumont, a répertorié de nombreuses séquences de ses replis défensifs.

«Il est souvent le premier attaquant en repli avec les défenseurs. Non seulement il le fait, mais il le fait bien. Parfois, les joueurs offensifs seront présents en défensive avec plein de bonnes intentions, mais ils ne prennent pas les bonnes décisions. Nick, selon ce que je remarque, prend de très bonnes décisions», a expliqué Dumont, qui voit en lui un joyau, avec sa rapidité et son talent.

Souvenirs

Pour être si rapide, peut-être a-t-il reproduit ce que son père lui montrait quand il était plus jeune. Alors qu’il était dans la voiture en route vers des tournois en Ontario, il regardait des matchs de la Série du siècle opposant le Canada à l’Union soviétique en 1972.

«Ce sont les premiers souvenirs qui me viennent en tête. Mon père conduisait quelques gars en tournoi et il nous faisait regarder ça. C’était très différent de ce que je regardais dans la LNH. Mais c’était cool de voir des joueurs qui sont maintenant au Temple de la renommée. Les matchs du Canada contre la Russie sont très intenses.»

Il terminera donc 2018 tout en beauté et en intensité. Cette fois, il ne sera pas le téléspectateur à rêvasser à un choc Canada-Russie. Il en sera l’un des principaux acteurs.