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L'espoir montréalais des Raptors Chris Boucher établit un record

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Chris Boucher marche tranquillement vers les journalistes qui l’attendent en dessous des gradins du Paramount Fine Foods Centre de Mississauga. Une autre performance étincelante. Un autre point de presse. Tuque noire et écouteurs sur la tête, le Montréalais n’a toutefois pas le cœur à la fête malgré ses 47 points inscrits qui représentent un record d’équipe.

«Moi, je veux juste qu’on gagne. Des matchs comme ça, personne ne va s’en rappeler après la saison. C’est bien beau que j’aille faire 47 points, mais il faut qu’on gagne pour que les gens s’en rappellent», dira Boucher en français au représentant du «Journal de Québec» après avoir répondu aux confrères anglophones.

Le club-école des Raptors de Toronto dans la ligue de développement de la NBA (G-League) vient de s’incliner 133-126 contre la meilleure équipe de l’Association de l’Ouest, le Blue d’Oklahoma City dans un match palpitant au possible disputé devant quelque 1500 amateurs. Malgré une salve de questions sur son jeu, la vedette du jour ne déroge pas. Il sait que le chemin s’annonce encore long avant de penser à offrir ce genre de prestation en haut.

Presque au même moment où Boucher mettait l’accent sur le concept collectif dans son discours, le centre des Raptors, Jonas Valanciunas, se disloquait un pouce face aux Warriors de Golden State, ce qui allait ouvrir la voie au rappel du Québécois le lendemain avec le grand club, lui qui possède un contrat à deux volets.

«Dans ma tête, je sais que je suis capable de faire. Ça aide beaucoup. Moi, ce à quoi je dois penser, c’est à mon prochain match. Pendant que le monde parle de moi, je me concentre sur ce que je peux faire de mieux. Comme ça, ils ne pourront pas parler mal de moi.

«Ici, j’essaie d’aider l’équipe à gagner le championnat. C’est là-dessus qu’est mon focus. Le reste va venir. Si je continue à faire ce que je fais, si ce n’est pas ici [que je ferai ma place dans la NBA], ça va être quelque part d’autre.»

Cette mentalité de dépassement de soi, c’est sa mère qui la lui a inculquée. Bien avant qu’il se tourne vers le ballon orange en 2012 grâce aux entraîneurs Igor Rwigema et Ibrahim Appiah, qui l’avaient convaincu de se joindre à l’Académie d’Alma après avoir découvert son potentiel sur un terrain de basketball de Montréal-Nord. Le jeune homme travaillait dans la cuisine d’un restaurant à ce moment.

«Je pense que c’est ma mère. Ma mère m’a toujours dit qu’il n’y a rien qui est donné. Il faut que tu travailles fort pour tout. C’est ce qu’elle disait. Et même quand tu penses que tu es arrivé à un point, le monde va quand même venir après toi. Je joue toujours comme s’il y avait quelqu’un derrière moi», nous confessait le joueur de 25 ans.

Sur une lancée

D’aucuns estimaient avant son rappel qu’il était alors le meilleur joueur de la G-League. Le grand centre de 6 pi 11 po menait pour les points (29,6) et pour les blocs (4,8). À sa deuxième saison chez les professionnels, son ascension semble avoir fait un bond majestueux par rapport à l’an dernier.

Né à Sainte-Lucie, dans les Caraïbes, et ayant grandi dans le quartier Côte-des-Neiges, Boucher était le premier à reconnaître que sa première saison chez les pros ne s’est pas passée comme prévu à cause de la grave blessure au genou gauche qu’il avait subie quelques jours avant le March Madness alors qu’il portait les couleurs des Ducks de l’Université de l’Oregon, en 2016-2017.

Après une longue convalescence, il a pu renouer avec l’action avec le club-école des Warriors à Santa Cruz, vivant même un rappel en fin de saison. Mais son développement en a pris pour son rhume, de son propre avis, et Boucher s’est assuré dans les derniers mois de faire disparaître ses craintes à l’égard de son genou.

«Maintenant que je suis à 100 %, c’est plus facile de me concentrer sur les autres parties de mon jeu. Aussi, ils me font beaucoup confiance ici et ils savent que je suis capable de faire des choses, ce qui m’aide beaucoup.

«L’an passé, je me concentrais sur mon genou parce que je voulais être sûr que tout aille bien en revenant. C’était difficile de penser à autre chose et de me pousser parce que je ne savais pas si mon genou allait pouvoir tenir.»

Encadrement fructueux

La réputation des Raptors en termes de développement n’est plus à faire dans le monde du basketball. Et à entendre parler Boucher, on comprend pourquoi. Il entretient une relation privilégiée avec l’adjoint Charles Dubé-Brais avec qui il passe beaucoup de temps devant des séquences vidéo pour corriger ses lacunes.

«C’est bon de travailler avec lui. C’est un autre Québécois dans l’équipe et je peux parler français, ce qui me permet de ne pas le perdre. Il est bon avec les chiffres, pour savoir ce que je peux faire, comment je peux m’améliorer. Il fait des clips pour moi et je m’améliore chaque fois. C’est bon d’avoir une connexion comme ça.»

Qui est Chris Boucher?

25 ans (il aura 26 ans le 11 janvier)

Né à Sainte-Lucie, dans les Caraïbes

A grandi dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal

Statistiques 2018-2019 (G-League)

Matchs : 14

Points au total : 414

Moyenne de pts/match : 29,6*

Taux de réussite aux lancers francs : 77,5 %

Taux de réussite aux paniers de 3 pts : 34 %

Rebonds offensifs : 43

Rebonds défensifs : 118

Moyenne de blocs/match : 4,8*

*1er dans la ligue

Il a disputé 4 matchs avec les Raptors dans la NBA en date du 19 décembre.

Faits saillants

Joueur du mois de novembre dans la G-League.

En deux saisons avec Oregon (NCAA), il a maintenu une moyenne de points par match de 12, 6,8 rebonds et 2,7 blocs.

Élu sur l’équipe d’étoiles défensives de la conférence PAC-12 (NCAA) en 2016-2017

Il fait ses premières armes avec l’Académie de basketball d’Alma en 2012-2013