Tennis

L’heure de la retraite est arrivée pour Aleksandra Wozniak

Publié | Mis à jour

Ralentie par les blessures et à court d’appuis financiers, Aleksandra Wozniak tourne la page sur sa carrière de joueuse de tennis.

Une décision mûrie depuis quelques mois et qu’elle a annoncée non sans émotion en conférence de presse, mercredi matin au stade IGA.

«J’ai pris le temps de réfléchir avant d’annoncer mes intentions, a-t-elle indiqué. Mais je suis maintenant prête à vivre de nouvelles expériences. J’aimerais redonner à mon sport, qui a été ma passion pendant presque toute ma vie.»

Un récent voyage au pays de ses origines, la Pologne, a précipité les choses pour l’athlète de 31 ans, ancienne 21e mondiale à la WTA.

«C’est après une discussion avec ma grand-mère [âgée de 94 ans] que j’ai réalisé qu’il était temps pour moi de me retirer», a-t-elle raconté.

Voyez, dans la vidéo ci-dessus, l’entrevue accordée par Aleksandra Wozniak à TVA Sports. 

Appel à l’aide

Pas plus tard que l’été dernier, Wozniak avait tenté de relancer sa carrière en s’inscrivant à une plateforme gratuite [GoFundMe] pour d’abord dénicher un entraîneur à temps plein, puis pour couvrir ses dépenses, liées notamment aux déplacements.

«Je me crois encore capable de faire partie des 100 meilleures du monde, avait-elle déclaré au confrère Pierre Durocher du "Journal de Montréal". Actuellement, je dois tout payer.»

Mais cet appel à l’aide n’a pas donné le succès espéré. Elle a récolté près de 5000 $ qui se sont évaporés en deux semaines pour payer principalement des entraîneurs.

Sans compter une autre blessure, cette fois à un genou, qui a ralenti ses ardeurs.

«Cette blessure n’est pas encore guérie, a-t-elle avoué mercredi. J’ai réalisé que mon corps ne me permettait plus de jouer à ce niveau-là.»

Un peu plus tôt dans sa carrière, elle avait été confrontée à un malaise récurrent à une épaule, qui aura finalement nécessité une intervention chirurgicale en 2014. Dès lors, elle n’a jamais été en mesure de rebondir suffisamment au tableau.

«Les dernières années ont été éprouvantes avec toutes ces blessures, a-t-elle affirmé. Mais je n’ai jamais lâché parce que le tennis me passionnait encore.»

Portes closes

Contrairement à la plupart des joueuses et des joueurs canadiens qui l’ont suivie, Wozniak n’a pas pu profiter dans son jeune âge de l’expertise du Centre national de tennis créé en 2007.

Tennis Canada l’a toutefois appuyée dans son cheminement en lui offrant ses installations pour s’entraîner, c’est vrai, mais elle s’est butée à des portes closes, dit-elle, quand elle a souhaité en obtenir davantage.

«Je leur ai demandé de l’aide à quelques reprises, mais en vain, avait-elle indiqué l’été dernier. Je leur ai expliqué que l’âge n’était pas un critère. C’est plutôt une excuse pour ceux qui décident. Ça m’a fait mal au cœur. Il y a plein de joueuses qui sont encore là à 30 ans et plus.»

Première Québécoise

C’est donc la fin d’un beau parcours pour Wozniak, qui aura marqué la discipline du tennis au pays.

Trois ans après avoir rejoint les rangs professionnels, elle devient, le 20 juillet 2008, la toute première Québécoise à remporter un tournoi [Stanford, en Californie] sur le circuit de la WTA, en battant successivement Francesca Schiavone, Samantha Stosur, Serena Williams (abandon en deuxième manche) et Marion Bartoli en finale.

L’année suivante, en juin, elle est aussi la première représentante de sa province à atteindre le 21e rang mondial, un sommet dans sa carrière.

«J’ai vécu des moments mémorables et j’en suis très honorée, a-t-elle souligné. J’ai aussi été la première Québécoise à jouer en simple aux Jeux olympiques (battue au deuxième tour) en 2012, à Londres, et la première également à atteindre les quarts de finale à la Coupe Rogers à Montréal, en 2012.»

Gagnante du tournoi Challenger de Gatineau en août 2017, Wozniak a été limitée à trois tournois cette année. À son dernier match professionnel en avril dernier, au Mississippi, elle a été éliminée en huitièmes de finale.

Elle aura été aussi une ambassadrice hors pair pour son pays en Coupe Fed, où elle détient les records canadiens pour ses 36 participations et ses 40 victoires (dont 32 en simple).

Wozniak, qui sera honorée l’été prochain sur le Court central à la Coupe Rogers, veut rester impliquée dans le tennis. Elle entend mener des tournées dans les écoles pour sensibiliser les jeunes à son sport. Son vœu le plus cher est de fonder sa propre académie de tennis.

«Ma grande sœur aura été une grande inspiration pour moi, a-t-elle soutenu. Elle a joué au tennis avant moi et j’ai voulu suivre ses traces.» Dorota, âgée de 42 ans, est la maman de deux jumelles. Aleksandra, aujourd’hui célibataire, veut elle aussi fonder une famille.