MLS

La MLS se débarrasse d’un énorme boulet

La MLS se débarrasse d’un énorme boulet

Vincent Destouches

Publié 17 décembre 2018
Mis à jour 17 décembre 2018

Imaginez un peu la scène : c’est la Coupe du monde, la bataille fait rage entre les nations du monde entier pour soulever le précieux trophée, les quarts de finale sont terminés et il ne reste plus que quatre équipes en lice, quand soudain... tout ce beau petit monde prend deux semaines de pause pour aller jouer d’autres matchs avant de revenir en vue des demi-finales.

Absurde, non?

C’est pourtant le format des séries éliminatoires que la MLS offrait à ses partisans jusqu’à cette année. En plein milieu de « sa » Coupe du monde, soit le tournoi d’après-saison, la MLS voyait une fenêtre de matchs internationaux de la FIFA casser complètement son momentum.

Il s’agissait d’un problème majeur bien connu des instances dirigeantes, d’autant plus dommage que l’existence des séries éliminatoires est autant une anomalie dans le monde du soccer qu’un avantage concurrentiel pour la MLS : puisque le monde se délecte de l’équivalent dans la LNH, la NBA, etc., les séries doivent être un véritable événement vendeur pour la ligue.

Ce n’était pas le cas. Jusqu’à aujourd’hui.

La MLS a en effet officialisé ce qui était le secret le moins bien gardé du soccer nord-américain : le calendrier des séries sera restructuré dès la saison prochaine. Et je vais être très honnête avec vous : je trouve que le nouveau format est un coup franc en pleine lucarne, tant il tacle simplement de nombreux problèmes pour en faire une opportunité de croissance.

À l’issue de la saison, qui se déroulera du 2 mars au 6 octobre, nous vivrons maintenant l’excitation de séries éliminatoires condensées en trois semaines, entre le 19 octobre et le 10 novembre, afin d’éviter les fenêtres internationales.

Certes, il y aura donc deux semaines de battement entre la fin de la saison régulière et le début des séries. Mais cela laissera beaucoup plus de temps aux clubs de vendre des billets et remplir leurs stades, ce qui était rarement le cas précédemment, lorsque les premiers matchs de barrage commençaient seulement trois petits jours après la fin du calendrier régulier. Disons que les tribunes vides n’envoyaient pas une image de grandeur de la MLS...

Qui dit séries plus courtes, dit aussi moins de matchs. Fini donc les rencontres allers-retours (dont j’aimais la dramaturgie)! Chaque match sera éliminatoire, ce qui obligera les clubs à moins froidement calculer leur approche, et à tout donner à chaque 90 minutes. Imaginez... Piatti contre Rooney, Zlatan versus Vela, 90 minutes, un seul vainqueur. Le spectacle et les partisans en seront gagnants!

C’est également une solution intelligente à un problème de fond : le précédent format ne récompensait que maigrement tous les efforts consentis par les clubs ayant le mieux figuré en saison régulière. Maintenant, les meilleurs élèves auront l’assurance de jouer tous leurs matchs à domicile.

Statistiquement parlant, il s’agit d’un réel avantage : 67,3% du temps, les clubs les mieux classés en saison régulière se sont qualifiés lors de la tenue de matchs éliminatoires uniques, alors que le ratio tombait à 55,1% dans le cas de matchs allers-retours.

Et afin de suivre le rythme de son expansion, la MLS verra maintenant sept équipes de chaque association accéder aux séries. Cela paraît être la moindre des choses. Mais ça veut aussi dire que tout le monde a un peu plus de chances de participer à la grande fête du circuit Garber.

Avec ce nouveau format, tout le monde y gagne!