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Crédit : KEVIN HILL - AGENCE QMI

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Un pied en affaires, l’autre au hockey

Publié | Mis à jour

VICTORIA – Trois ans après avoir terminé sa carrière junior en soulevant la coupe du Président chez l’Océanic de Rimouski, suivi d’un court séjour chez les pros en Floride, Christopher Clapperton n’en démord pas, il veut poursuivre sa carrière après ses études.

Cette semaine, le Québécois maintenant âgé de 24 ans figurait parmi les joueurs étoiles de la formation universitaire qui affrontait les prétendants à l’équipe canadienne junior.

Meneur des Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick avec ses 10 buts et 27 points, il vient aussi au troisième rang du circuit universitaire cette saison alors que ses V-Reds dominent le classement national.

Cette occasion d’affronter les meilleurs joueurs juniors du pays, Clapperton ne l’aurait surtout pas manquée. L’étudiant en administration des affaires, qui en est à sa dernière année de bac, a terminé ses examens de fin de session la semaine dernière afin de faire le voyage vers Victoria l’esprit tranquille. Lors des trois matchs au Q-Centre, il avait l’occasion de remettre sur les rails une carrière professionnelle alors qu’il évoluait sous les yeux de dépisteurs.

Cette série entre Équipe Canada junior et les étoiles universitaires a mis sur le radar plusieurs joueurs qui ont par la suite signé des contrats professionnels.

En business

Même si Clapperton a mis une croix sur sa saison 2015-2016 après 17 matchs avec les Solar Bears d’Orlando, dans la Ligue de la côte est (ECHL), cela ne veut pas dire qu’il n’espère pas poursuivre son aventure professionnelle après ses études.

Mais l’étudiant est aussi impliqué dans une autre aventure qu’il mène en parallèle avec sa saison sur la patinoire. Avec ses parents, depuis l’an dernier, il gère une entreprise œuvrant dans l’industrie de la pêche, les Pêcheries de l’estuaire, à Rimouski. Une expérience qui l’a transformé.

«J’ai vécu bien des expériences depuis ma sortie du hockey junior. Maintenant, je suis davantage dans un milieu d’affaires, autant à l’université que dans ma vie personnelle. Auparavant, on regardait le futur. Aujourd’hui, c’est le présent qui importe. Ça m’a fait cheminer mentalement. Je suis parmi les patrons de l’entreprise. Je dois gérer des employés, ce qui m’a fait réaliser plusieurs aspects de la vie», a raconté avec passion l’athlète natif de la Gaspésie. Il s’occupe en plus du carnet des commandes, de l’empaquetage et du transport. Les produits de la pêcherie sont expédiés aussi aux États-Unis et en Chine.

«À travers tout ça, j’ai gagné en maturité, a-t-il poursuivi. Je peux transposer cet univers au hockey. Gérer l’entreprise, mes études et ma saison de hockey, c’est tout un défi. Au moins, j’ai une vie remplie. Je ne suis pas assis dans mon salon à attendre que le train passe. C’est une nouvelle vie.»

Horaire chargé

Comme la période de la pêche aux crabes et aux homards s’étend habituellement d’avril à juillet, il peut s’investir totalement aux opérations de l’entreprise familiale comptant une cinquantaine d’employés. Il garde toujours une heure ou deux dans son quotidien afin de s’entraîner.

«Le hockey reste toujours la priorité. Je ne fais pas un “X” sur ma carrière. J’ai un bon plan B avec cette entreprise. Le plan A, c’est de jouer chez les pros, que ce soit dans la Ligue américaine ou en Europe. Il me reste encore de bonnes années de hockey devant moi», a souligné celui qui compte deux bagues de championnat national avec les V-Reds.

«Je n’ai pas d’attache, tous les horizons sont ouverts. Il faut regarder les opportunités. Avec ma maturité, je suis davantage prêt, mentalement et physiquement, à faire le saut que je ne l’étais à 20 ans. Il s’agit d’avoir ma chance.»

À cet égard, il observe notamment Jonathan Marchessault et Yanni Gourde qui se sont démarqués malgré leur petite taille dans la LNH. Mais il voit aussi le gardien Étienne Marcoux, son grand ami et ancien coéquipier au parcours semblable, qui s’est dégoté un boulot dans l’organisation du Canadien.

Un pied au hockey, l’autre en affaires, il ne chômera pas au fil des prochains mois.