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Les Vikings dans la tourmente

Publié | Mis à jour

Avec leur attaque qui ne va nulle part, les Vikings ont choisi de virer leur coordonnateur offensif. Tous les moyens sont bons pour tenter de créer l’étincelle manquante afin de rescaper une saison en déroute. Mais les problèmes qui accablent cette équipe, devenue une immense déception, sont plus profonds.

Dans les dernières semaines, la production offensive a régressé à un rythme alarmant, et il allait de soi que le coordonnateur John DeFilippo se retrouverait sur le gril. Après tout, même s’il était considéré par plusieurs comme un futur entraîneur-chef, DeFilippo n’est pas sans blâme dans la débâcle actuelle.

Le jeu au sol est devenu une arrière-pensée dans son arsenal, passant du septième rang la saison dernière (122,3 verges par match) au 30e cette année (85,4 verges par match). Même dans des situations de troisièmes essais avec cinq verges ou moins à faire, les Vikings n’ont couru que 13 fois sur 80 tentatives cet automne. L’attaque devenue plus prévisible n’a pas inscrit plus de 24 points lors des six derniers matchs.

Mais, ce qui est préoccupant, c’est qu’il s’agit de la deuxième fois en trois ans qu’un changement de coordonnateur offensif survient en pleine saison.

En 2016, Norv Turner quittait l’équipe de son propre chef, citant des divergences philosophiques irréconciliables avec l’entraîneur-chef, Mike Zimmer. Ce dernier montre maintenant la porte à DeFilippo, après l’avoir ouvertement critiqué dans les semaines précédentes.

Le cas Cousins

Il semble donc qu’il est extrêmement difficile de besogner sous les ordres de Zimmer. Excellent stratège défensif, celui-ci ne laisse toutefois pas une carte de visite attrayante pour tout gourou offensif souhaitant se forger une solide réputation au Minnesota.

Plus troublant encore, il y a l’épineux cas de Kirk Cousins. Ses fidèles diront que le quart-arrière présente des statistiques enviables (24 touchés, 9 interceptions, 3698 verges et 70,6 % de ses passes complétées).

Soit, mais tout joueur à qui une équipe garantit 84 millions $ sur trois ans doit impérativement propulser cette équipe à un autre niveau, ce que Cousins n’arrive pas à faire jusqu’ici, avec aucune victoire contre des équipes gagnantes cette saison (0-5). Il n’est facile pour personne d’aller gagner sur la route à Chicago, Foxborough et Seattle, mais c’est justement pour aller chercher ce genre de match que les Vikings ont misé sur lui.

Le problème pour les deux prochaines années, c’est que son faramineux contrat risque d’empêcher les Vikings d’investir ailleurs pour colmater des brèches, notamment sur la ligne offensive. Il s’agit d’un problème majeur qui nuit grandement à Cousins.

À ce sujet, le directeur général, Rick Spielman, doit aussi être montré du doigt, les Vikings n’ayant sélectionné que deux joueurs de ligne offensive dans les trois premières rondes lors des six derniers repêchages. C’est à croire que Spielman ne valorise pas tant que ça ceux qui protègent l’homme de 84 millions $...

Tout n’est pas perdu pour les Vikings, qui terminent la saison avec deux de leurs trois matchs à domicile, face aux Dolphins et aux Bears, en plus de rendre visite aux Lions. Ce n’est pas un calendrier mortel.

Il leur faudra suivre l’exemple des Ravens de 2012, qui, au même moment et dans une situation aussi désespérée, avaient viré leur coordonnateur offensif pour relancer l’espoir. Ils s’étaient faufilés en séries de justesse pour ensuite gagner le Super Bowl. Mais, habituellement, de tels changements dans la tourmente produisent rarement les effets escomptés.