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Crédit : Sébastien St-Jean / Agence QMI

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Des conditions parfaites pour Steve Bégin

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Ç’aurait été bien mal connaître Steve Bégin de croire qu’il se destinait à une carrière d’entraîneur lorsqu’il patinait encore à fond de train sur les patinoires de la Ligue nationale de hockey. Bégin nage pourtant en plein bonheur avec les Voltigeurs de Drummondville, où il agit comme adjoint depuis le début de la saison.

La vie est parfois drôlement faite et Bégin en a eu la preuve quelques mois après avoir accroché ses patins, en janvier 2014. Le Trifluvien avait accepté d’aider les Foreurs de Val-d’Or, l’équipe junior dont il avait été le capitaine, durant leur parcours éliminatoire qui a culminé avec la conquête de la coupe du Président. Il a eu la piqûre instantanément.

«Avant ça, j’avais toujours dit que je ne voulais jamais coacher ni être assistant. Je trouvais ça ingrat. J’ai toujours adoré jouer au hockey, mais je ne trouvais pas ça attrayant pour moi. Lorsque je suis allé en 2014 avec les Foreurs, j’ai vraiment tripé. On était en séries, on a gagné la coupe du Président, alors tout était là pour que j’aime ça, et ça m’a fait changer d’idée», raconte l’ancien joueur du Canadien en entrevue téléphonique avec Le Journal.

Bégin avait alors un rôle de motivateur avec la formation abitibienne tout en supervisant le travail des attaquants. Chez les Voltigeurs, son rôle est différent aux côtés de Steve Hartley. D’abord parce qu’il occupe la fonction à plein temps et puis parce qu’il est responsable des défenseurs.

Conditions parfaites

C’est Hartley lui-même qui est entré en contact avec celui qui a participé à 524 rencontres dans la LNH. Les deux hommes se connaissaient en raison de l’école de hockey de Bob Hartley, paternel du mentor des Voltigeurs et ex-pilote de la LNH.

«Le fit est parfait. Je m’étais donné cinq ans avant de revenir tranquillement dans le hockey. Je l’ai fait en quatre ans ! Je voulais passer du temps avec ma famille. Je suis revenu, il commençait à être temps. Je voulais gravir les échelons tranquillement, mais disons que ç’a commencé raide en allant dans le hockey junior directement !

«Je suis tellement bien encadré. Les gars sont bons pour moi. Je suis bien placé pour bien apprendre. Je commence à m’adapter de plus en plus et c’est vraiment une belle expérience. C’est le fun !» souligne Bégin dans sa voiture, sa troisième «maison», puisqu’il fait la route entre Drummondville et Candiac presque quotidiennement pour se rendre à son nouveau boulot.

Horaire chargé

Avec sa compagnie de travaux en génie civil basée dans sa ville natale, il ne chôme pas. Même ses rares temps libres sont occupés, que ce soit pour rencontrer des clients dans des municipalités avoisinantes ou simplement s’occuper de ses deux filles de 11 et 14 ans. «Je suis à la maison quand elles sont à la maison, ce qui était important pour moi. Tout s’est bien aligné», dit l’ancien hockeyeur de 40 ans.

Sans le savoir, avant de s’y tremper de nouveau les orteils, l’esprit de camaraderie qui règne dans un vestiaire de sport – ou dans un bureau d’entraîneurs ! – manquait au choix de deuxième ronde des Flames de Calgary en 1996.

«J’ai réalisé comment ça me manquait le facteur d’une équipe, la famille et d’être tous ensemble. Entraîneur, c’est ce qu’il y a de plus près de l’action après avoir joué au hockey. Tu es en avant de l’action et tu diriges l’action. Ici, on a une belle gang d’entraîneurs», se réjouit Bégin, impressionné par la vitesse du jeu, «vraiment plus rapide» qu’à son époque.

Si Bégin se plaît derrière le banc des Voltigeurs, il ne sait toutefois pas ce que l’avenir lui réserve dans cette profession. Pourrait-il porter le chapeau d’entraîneur en chef un jour ? Pour l’heure, il se concentre à continuer d’apprendre les rudiments du métier.

«Je suis loin d’être prêt pour ça. Je ne sais pas où ça va me mener et combien de temps je vais faire ça. Je ne pourrais pas te dire. Je voulais commencer tranquillement. On va voir ce que l’avenir va nous réserver.» Une philosophie payante jusqu’ici.