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Biakabutuka: du football au hockey

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Le nom de famille Biakabutuka est depuis longtemps associé au football au Québec.

Tshimanga Biakabutuka est toujours le seul Québécois de l’histoire à avoir été repêché au premier tour du repêchage de la Ligue nationale de football (NFL). Celui qu’on surnommait «Touchdown Tim» a été le huitième choix au total du repêchage de 1996, devant des légendes comme Marvin Harrison, Ray Lewis et Terrell Owens.

Le natif du Zaïre (maintenant la République démocratique du Congo) en Afrique a joué six saisons avec les Panthers de la Caroline dans la NFL. Un rêve qui semble inaccessible pour nombre de jeunes joueurs de football au Québec.

La carrière de Tshimanga a pris fin après six saisons, mais la passion du sport vibre toujours très fort chez les Biakabutuka.

D’ici quelques années, on pourrait même associer ce nom de famille bien connu chez les amateurs de football au Québec à notre sport national, le hockey.

Son neveu, Jérémie Biakabutuka, en est à sa première saison chez les Foreurs de Val-d’Or. Avant le début de sa carrière au hockey, le natif de Longueuil a aussi pratiqué le basketball, la natation, le karaté, le soccer et le football. Le défenseur est un vrai passionné de sport.

Il y a quelques années, alors qu’il évoluait pour les Packers de Greenfield Park au football, Jérémie portait l’uniforme #21, un clin d’œil à la prolifique carrière de son oncle, un porteur de ballon qui a marqué l’histoire des Wolverines de l'Université Michigan dans les rangs universitaires américains.

Pour tout dire, Jérémie voit toujours son nom de famille être associé à la carrière de son oncle, qui a dû prendre sa retraite en raison d’une sévère blessure au pied.

«La plupart du temps, les gens ne me reconnaissent pas à cause de moi, mais bien à cause de mon oncle, a souligné le jeune Biakabutuka. Ils me disent ''Tu n'es pas parent avec lui? Il est rendu où?'' Ç'a été une grande personne, qui a accompli de grandes choses. Les gens s'en souviennent et m'en parlent encore.»

Une inspiration

Jérémie s’inspire donc du parcours de son oncle Tshimanga, puis celui de son père Beya, qui a lui aussi pratiqué le football.

«Ce qui m'inspire le plus, c'est qu'ils ne venaient pas d'une famille très riche qui a tout mis financièrement pour une carrière professionnelle, a confié Biakabutuka. Mon père et mon oncle n'avaient pas l'encadrement qu'on a aujourd'hui, les entraîneurs, les nutritionnistes et tout ça. Ils s'entraînaient tous seuls au gym par passion du football. Leur détermination et voir qu'ils ont tout fait ça seuls, ça m'inspire beaucoup.»

Même si les contacts avec son oncle sont plutôt rares en raison de l’emploi du temps chargé de Tshimanga à Charlotte en Caroline du Nord, Jérémie est un jeune homme brillant et à l’écoute des conseils de son oncle.

«Il m'a appelé au début de la saison pour me rassurer et me dire que tout irait bien, a raconté Jérémie. Lorsque mon poste a été confirmé avec les Foreurs, il m'a envoyé un courriel pour me dire que c'était un autre niveau et que je devais prendre ça au sérieux, que je devais tout faire pour réussir. Il est resté en contact avec moi et je l'apprécie beaucoup.»

Un jeune homme mature

Son entraîneur-chef à Val-d'Or, l'ancien hockeyeur Pascal Rhéaume, est impressionné par la maturité de son jeune protégé.

«Son corps, il en prend soin, a raconté Rhéaume. Il a eu une bonne influence de sa famille. Il vient de commencer sa carrière junior et il se comporte déjà comme un gars de 19 ou 20 ans. C'est un bon "kid". Je pense qu'il aura une belle carrière.»

Le colosse de 6 pi 3 po et 194 lb n'a pas tardé à faire sa place dans la LHJMQ. L'arrière montre déjà un lancer prometteur.

Même si les Foreurs sont au 15e rang sur 18 formations dans le circuit Courteau, le jeune défenseur de 16 ans se démarque de brillante façon.

À 16 ans seulement, il a le meilleur différentiel de l’équipe à +5.

La plupart des différentiels de ses coéquipiers varient pourtant entre -5 et -30. Combinés, tous les autres joueurs des Foreurs affichent un différentiel de -232. Voilà une belle fierté pour le numéro 77 des Foreurs.

«Je ne sais pas ce qui s'est passé! dit-il en riant. Comme recrue de 16 ans, on doit tous espérer être bons défensivement et ne pas stresser les entraîneurs quand on est sur la glace. Je travaille fort là-dessus et ça paye!»

Son entraîneur-chef n'hésite pas à lui confier de grandes responsabilités.

«Il a connu un très bon camp d'entraînement avec nous, a continué Rhéaume. Plus l'année avance, plus il a du temps de glace et il plus il prend confiance. Présentement, il joue comme un vétéran de deux saisons. Il crée beaucoup de chances pour les autres joueurs et est apprécié de l'équipe.»

D'ici quelques années, Jérémie fera peut-être rayonner son nom de famille aux quatre coins de l'Amérique.

En plus du football, les Biakabutuka carburent maintenant au hockey.

À voir dans la vidéo ci-dessus.