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Crédit : AFP

Basketball

Le Québécois Luguentz Dort brille à Arizona State en attendant la NBA

Publié | Mis à jour

Ce n’est pas un hasard si Luguentz Dort a choisi les Sun Devils d’Arizona State. Il a fait son choix en fonction du rôle qu’il jouerait dans la formation.

Parmi la trentaine d’offres qu’il a reçues pour rallier les rangs universitaires, le Montréalais a fait une sélection éclairée et songée en réduisant ses options à trois programmes. Malgré que celui d’Arizona State n’était pas le plus réputé, il a décidé de s’y joindre.

Plutôt que d’opter pour une sélection glamour telle que Michigan State ou Oregon, il a voulu évoluer sous les ordres de Bobby Hurley. Avec son conseiller Nelson Ossé, il a privilégié son développement.

L’équipe d’entraîneurs des Sun Devils a vraiment fait pencher la balance. «Je connaissais Hurley et l’entraîneur adjoint, Anthony Coleman. Ça aide à faire un choix. Mais surtout, mon style collait à la façon de jouer de l’équipe. Je voulais contribuer à amener ce programme au niveau supérieur. Coach Hurley m’a donné ma chance. Je l’ai prise», explique Dort.

Dans un grand programme, il aurait pu être confiné à un rôle secondaire, ce qui n’était pas désiré. À Arizona State, il voyait sa chance de prendre sa place en occupant un rôle prépondérant dans l’alignement.

«Quand on doit faire un choix, il ne faut pas en faire un émotif. Il faut respecter une logique et prioriser son développement. C’est le plus important, précise Ossé qui agit à titre de conseiller, les agents étant interdits dans la réglementation de la NCAA. Il devait se développer à sa position. Aux États-Unis, un garde de 6 pi 4 po, c’est plutôt petit.

Il apprend sa position, poursuit-il. Je l’entends des entraîneurs, des dépisteurs et des agents. Il est un produit en développement. Il a des facettes de son jeu à améliorer, mais Hurley fait tout un travail. Parlons sérieusement, Lou est dirigé par un gars qui va finir au temple de la renommée de la NCAA.»

Entente

En début de saison, Ossé a fait un pacte avec son talentueux protégé. Lou devait s’occuper de polir son jeu sur le terrain alors que lui «gérait» les distractions externes depuis son bureau de la Corporation de gestion des loisirs du Parc situé dans le quartier Parc-Extension de Montréal. Il lui a donné rendez-vous après sa saison pour discuter de ses affaires.

Et il aura toute une présentation à lui faire avec ce début de saison étincelant ! Son téléphone ne dérougit pas. Déjà sept agents sont prêts à le représenter. De grandes firmes sportives sont à ses trousses en lui promettant la lune.

«Ce sera une décision à prendre avec sa famille. Il faut bâtir une relation et apprendre à se connaître. Je vais dresser la liste des pour et des contre, assure Ossé qui apprend son nouveau rôle de conseiller à grande vitesse. On choisira la meilleure personne. Celle qui aura à cœur ses succès et qui nous inspirera le plus confiance.»

Nul doute que ce sera une autre décision judicieuse. En attendant, Ossé ne peut s’empêcher de rêver sur l’avenir de son protégé.

«Je serais le plus heureux qu’il soit repêché en première ronde en juin. Je serai là et je le remercierai pour toute la confiance qu’il m’a exprimée dans sa vie. Il aura trouvé sa voie avec ce ballon.»

Fier de ses racines

Même s’il s’est exilé sous le chaud soleil de l’Arizona, Luguentz Dort n’oublie pas ses racines. Il représente fièrement le Québec sur les parquets de la NCAA.

Partout où il est passé durant son cheminement aux États-Unis, l’étiquette de joueur franco-canadien lui collait à la peau comme s’il n’était pas au même niveau que les autres joueurs américains.

Une particularité qui surprend les observateurs quand il démontre tout son talent en possession du ballon orange.

Il a toujours dû prouver qu’il avait sa place et gagner le respect. «Ça n’a pas été facile, surtout lorsque je ne parlais pas un mot anglais à mon arrivée en Floride, plus jeune. On me percevait comme un Français», raconte, amusé, Luguentz qui leur en avait mis plein les yeux. Il avait alors appris l’anglais en quelques mois à peine, une nécessité pour éviter les moqueries juvéniles.

«Il faut être très confiant et savoir d’où on vient. Le respect se gagne en travaillant très fort. C’est comme ça dans la vie.»

Par ces quelques mots, Dort illustre ce que ses entraîneurs, coéquipiers et proches observent en lui. C’est un jeune homme rempli d’humilité, les deux pieds bien au sol. Car dans une année aussi importante menant au repêchage de la NBA, compte tenu de ses succès, qu’il est devenu l’une des têtes d’affiche des Sun Devils et une coqueluche sur le campus, il aurait pu perdre le nord. Lou n’a pas changé.

Poussée déterminante

Son travail n’est pas pour autant terminé. Il ne fait que commencer puisque le calendrier menant au prestigieux March Madness sera chargé et rempli de défis. Les deux prochaines semaines seront déterminantes alors que les Sun Devils se mesureront à des puissances de la NCAA. Un facteur améliorant le rendement national.

À partir de janvier, ils disputeront des matchs face à leurs rivaux de la division Pac-12, l’une des meilleures du circuit. En brillant, Dort mènera son équipe vers le tableau du grand tournoi printanier regroupant les 68 meilleures formations.

«Au fil des prochains mois, je peux changer ma vie, dit-il. Quand je pense à ça, c’est incroyable le chemin parcouru depuis mon école secondaire de Calixa-Lavallée.»

Dort rêve d’entendre le Heat de Miami prononcer son nom en juin. Mais si Montréal devait recevoir une concession de la NBA un jour, nul doute qu’il rentrerait au bercail illico pour en défendre les couleurs fièrement.