Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

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Kenny Agostino apprend le français... et prend le métro!

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Kenny Agostino a porté l’uniforme des Flames de Calgary pour 10 matchs, celui des Blues de St. Louis pour sept rencontres et celui des Bruins de Boston à cinq reprises. À sa sixième saison chez les professionnels et à l’âge de 26 ans, il a déjà établi un sommet personnel avec 13 rencontres dans la LNH au cours de la même saison.

Le chiffre 13 n’a toutefois rien de magique pour Agostino. Il a un seul objectif en tête, celui d’enfin s’établir sur une base permanente dans la LNH. Et il croit pouvoir y arriver avec le Canadien.

«J’espère que je commence à trouver mon rôle et ma place avec le Canadien, a dit l’Américain, à quelques heures du départ de l’équipe en train vers Ottawa, mercredi. Je veux montrer ma valeur et prouver que je peux jouer le rôle d’un ailier au sein d’un quatrième trio. Je ne dois pas me compliquer la vie, je peux lancer la rondelle dans le fond du territoire, générer des chances de marquer avec un bon échec avant et rester fiable défensivement.»

Il n’y a pas encore de gilets avec le numéro 47 et le nom d’Agostino dans les gradins du Centre Bell. Quand on aperçoit le 47, il y a encore le nom de Radulov dans le dos. S’il est loin du statut de joueur étoile, Agostino a remporté de petites batailles.

Depuis son rappel du Rocket de Laval, le 7 novembre, il n’a jamais perdu sa place au sein de la formation. Il a joué 13 rencontres d’affilée.

Pendant ce temps, Matthew Peca a regardé cinq rencontres de la passerelle de presse, Charles Hudon a sauté son tour quatre fois et Nicolas Deslauriers a subi le même sort une fois. En conférence de presse, Claude Julien a souvent dit qu’il aime l’implication et le travail d’Agostino au sein de sa quatrième unité.

«Après 13 matchs, je sens que je gagne la confiance de mes entraîneurs, a répliqué Agostino. Je n’ai pas entendu ou lu les propos de Claude à mon sujet, mais c’est rassurant de savoir qu’il trouve que je fais du bon travail. Malgré tout, je garde une mentalité d’un jour à la fois. Pour un joueur comme moi, ça peut changer rapidement. Je me défonce tous les jours pour garder ma place.»

Autre ligue, autre réalité

Au baseball, on utilise l’expression AAAA pour décrire les joueurs qui sont trop forts pour le niveau AAA, mais pas assez talentueux pour rester dans le baseball majeur. Ce titre collerait bien à la peau d’Agostino. Dans la Ligue américaine, il a écrit son nom sur les trophées Les Cunningham (joueur le plus utile) et John B. Sollenberger (plus de points) lors de la saison 2016-2017. Il avait récolté 83 points (24 buts,

59 passes) avec les Wolves de Chicago, l’équipe-école des Blues. C’est comme s’il avait remporté les trophées Hart et Art-Ross.

Au niveau de la LNH, Agostino a compris qu’il doit modifier son approche s’il désire s’y établir pour de bon. Il ne produira jamais au rythme d’un point par match dans la LNH, comme il le fait dans la AHL.

«Il y a des joueurs qui s’entêtent à garder absolument le même style, mais ce n’est pas mon cas, a-t-il souligné. Je veux jouer dans la LNH, c’est ici que je souhaite me retrouver. Je suis prêt à changer mes rôles et mes responsabilités. Si ma place avec le Canadien passe par un quatrième trio, je la prends avec grand plaisir.

«Je veux marquer, je veux générer de l’attaque comme je le fais régulièrement dans la Ligue américaine, mais je suis assez intelligent pour savoir que c’est plus difficile dans la LNH, a-t-il enchaîné. Il y a d’autres façons aussi d’aider l’équipe. Je deviens un attaquant plus complet, je comprends mon rôle qui est de créer de l’énergie au sein du quatrième trio. Je reçois aussi un bonbon avec des présences au sein de la deuxième vague en supériorité numérique.»

À ses 13 premiers matchs avec le CH, Agostino a récolté 5 points (1 but, 4 passes).

- Le CH cherchera jeudi soir à gagner un deuxième match d’affilée pour une première fois depuis les 15 et 17 novembre à Calgary et Vancouver. La bande à Claude Julien affrontera encore une fois les Sénateurs, mais à Ottawa.

- Atteint à deux reprises par des tirs au visage lors de la visite des Capitals de Washington le 19 novembre, Noah Juulsen a reçu le feu vert des médecins pour reprendre les entraînements avec les contacts. Le jeune défenseur ne jouera pas face aux Sénateurs, mais il pourrait revenir au jeu contre les Blackhawks, dimanche à Chicago. Il a subi une fracture à la joue, mais il n’a pas eu besoin d’une opération. Les médecins parlaient d’une absence de deux semaines. Il jouera les prochains matchs avec une visière complète.

Attiré par le français

Dans le vestiaire du Canadien à Brossard, Kenny Agostino n’a pas juste parlé de hockey. Il a aussi cherché à identifier son quartier à Montréal.

«Je reste près de la station de métro Sherbrooke, a-t-il dit en indiquant son intersection sur une carte à l’aide d’un cellulaire. Je me retrouve probablement dans le Quartier Latin, mais il y a aussi des gens qui me parlent du Plateau ou du Mile-End. Je ne sais pas exactement, mais j’aime ça. Je découvre une très belle ville et la culture francophone. J’essaie d’apprendre le français.»

Pour une plus grande précision, disons qu’il a choisi de s’établir un peu au nord du Quartier Latin, dans un endroit très francophone. Et il s’y plaît grandement. Pour un jeune homme qui a grandi au New Jersey, Agostino a une très belle curiosité intellectuelle.

«J’apprends des mots en français tous les jours, a-t-il mentionné. Je n’ai pas la prétention de dire que je deviendrai bilingue très bientôt, mais je veux avoir une base. Je trouve ça important. J’ai une grande curiosité et je désire profiter de ma présence à Montréal pour apprendre. J’aime le fait que je vis dans une ville bilingue et j’aimerais pouvoir mieux communiquer avec les francophones. Il y a une riche histoire avec le Canadien, mais la ville de Montréal est aussi riche en culture. C’est une ville vivante.

«Je voulais m’inscrire à des cours de français avec le Rocket. Ils offraient un service avec un tuteur, mais je me suis fait rappeler pratiquement au même moment par le Canadien. Je m’inscrirai avec le Canadien. Je devrais commencer mes cours au début de janvier. Nous ne jouerons pas souvent à la maison d’ici là.»

Sur la ligne orange

Si la majorité des joueurs du Tricolore reste à Brossard, Candiac, dans le Vieux-Port ou Griffintown, Agostino a choisi sa résidence d’une façon assez stratégique. Il devait pouvoir se déplacer facilement entre Laval et Montréal.

«Je suis sur la ligne orange du métro et je peux me rendre facilement à la Place Bell ou au Centre Bell, a précisé l’ancien étudiant à l’Université Yale. C’est parfait pour moi. Je ne savais pas si j’étais pour jouer plus de matchs avec le Rocket ou le Canadien.»

Dans le métro, Agostino passe inaperçu. Mais ça pourrait toujours changer.