LNH

Une journée complètement folle pour Anthony Richard

Une journée complètement folle pour Anthony Richard

Mikaël Lalancette

Publié 03 décembre
Mis à jour 03 décembre

Une bonne douzaine de joueurs québécois ont joué leur premier match dans la Ligue nationale de hockey cette saison.

Vous avez sans doute suivi les premiers coups de patins de Maxime Comtois, de Mathieu Joseph et d’Alexandre Fortin. Ils ont tous bien fait.

Samedi soir, c’était au tour d’Anthony Richard de réaliser son rêve. L’ancien attaquant des Foreurs de Val-d’Or a joué son vrai premier match dans la LNH.

Les Predators l’ont emporté 5-2 sur les Blackhawks de Chicago à Nashville.

Richard doit se pincer quand il repense à la journée folle qu’il a vécue samedi.

C’est qu’il n’a su qu’à la dernière minute samedi matin qu’il avait été rappelé par les Predators pour jouer en soirée.

Richard se préparait pour le match des Admirals à Rockford, dans la Ligue américaine. L’autobus de l’équipe prévoyait quitter Milwaukee à 14 heures.

À 11h30, il a reçu l’appel inattendu.

«Tu joues contre les Blackhawks ce soir!», lui a-t-on annoncé.

Le jeune homme de 21 ans devait prendre un vol trois heures plus tard, pour une arrivée à Nashville à 16h30.

«J’ai couru un peu!», rigole Richard. Il était sous le choc.

«Ç'a été une surprise totale d’avoir l’appel. J’en tremblais!»

Richard a savouré les sept minutes et 22 secondes passées sur la glace.

«Le plus beau souvenir que je vais garder, c’est la foule, dit-il. C’est incroyable d’avoir eu la chance de jouer mon premier match dans la LNH à Nashville. L’ambiance était malade.»

Richard a vécu des émotions inoubliables quand il a sauté sur la patinoire en première période. Il a terminé le match avec un différentiel de -1.

Le no 90 des Predators était sur la glace lors d’un but orchestré de belle façon par Artem Anisimov et Patrick Kane.

Le caractère de Richard

L’ancien des Foreurs peut être fier du chemin parcouru depuis son départ de Val-d’Or.

Après deux saisons et demie dans la Ligue américaine, ce choix de quatrième tour à l’encan 2015 a enfin disputé son premier match dans la meilleure ligue de hockey sur la planète. Et on ne joue pas un premier match avec les Predators sans beaucoup d’acharnement.

Richard le sait trop bien, lui qui a été rétrogradé dans l'ECHL à sa première saison chez les professionnels.

Le natif de Trois-Rivières a continué de travailler. Sa marque de commerce? Son coup de patin explosif.

C’est comme ça qu’il a fait sa place dans les rangs juniors. La semaine dernière, son entraîneur à Milwaukee, Karl Taylor, le décrivait comme l’un des joueurs les plus rapides de la Ligue américaine.

Quand on parle du passage junior de Richard, on se souvient d’un attaquant talentueux reconnu pour son flair offensif. Il aimait se lancer en attaque et marquer des buts.

Richard a inscrit son nom sur la coupe du Président avec les Foreurs en 2014.

On a beaucoup parlé d’Anthony Mantha, Louick Marcotte et de Samuel Henley cette année-là.

Plus la saison avançait, plus l’unité qu’il formait avec Anthony Beauregard et Nicolas Aubé-Kubel retenait l’attention. Ils se sont faits un nom.

Beauregard en était pourtant à sa première saison dans le circuit et les deux autres évoluaient comme patineurs de 17 ans.

«On avait un top 5 à maturité, mais c’est un exploit de gagner avec une profondeur aussi jeune», observe Mario Durocher, l’entraîneur-chef des Foreurs jusqu’à l’an dernier.

Durocher est fier du parcours de son ancien protégé. Il se remémore quelques discussions enflammées lors des séances d’entraînement.

Ce qu’il a retenu du stage junior de Richard?

Son caractère.

«Son caractère difficile est devenu une force pour lui. Je me souviens qu’à 19 ans, j’avais eu une bonne discussion avec lui sur ce qu’il devait faire s’il ne voulait pas revenir dans le junior à 20 ans. Il était insulté, il ne l’avait pas trouvée drôle!» raconte Durocher.

Revenons à sa saison de 17 ans. Au tournoi de la Coupe Memorial à London, les trois jeunes des Foreurs avaient été menaçants. Je dirais même impressionnants.

Dans le dernier match de leur tournoi à la ronde, les Foreurs avaient rendez-vous avec les champions de l'Ouest, les Oil Kings d’Edmonton.

Le gagnant accédait directement à la demi-finale.

Qui a marqué en deuxième période de prolongation?

Le jeune Richard!

Les Foreurs se sont inclinés en troisième période de prolongation contre ces mêmes Oil Kings trois jours plus tard. Edmonton a remporté la Coupe Memorial cette année-là.

Il y a trois ans, à la dernière saison de Richard chez les juniors, les Foreurs ont été éliminés par l’Armada de Blainville-Boisbriand dès le premier tour des séries, malgré 40 points d’écart au classement. La plus grosse surprise de l’histoire des séries de la LHJMQ.

Blessé à un genou depuis un mois, Richard avait tout fait pour jouer et aider les siens. Il a pu jouer trois de ces matchs, dont un où il a été la première étoile dans une victoire in extremis de 6-5, un match que l’Armada menait pourtant 3-0.

Des preuves de caractère qui ont marqué Mario Durocher.

«Ce n’est pas le plus gros, mais il patine! Je suis bien heureux de voir qu’il ait joué son premier match dans la Ligue nationale», de conclure Durocher.

De l’édition championne de 2014 des Foreurs, Richard est le quatrième membre à disputer un match dans la LNH.

Mantha a été le premier, suivi par Antoine Bibeau, Aubé-Kubel puis Richard.

Ne soyez pas surpris s’il en dispute plusieurs autres.

Richard y a pris goût.

Il attend le prochain coup de fil.

Même s’il devait le recevoir à la dernière minute...