Olympiques

Christine Girard enfin championne olympique

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L'haltérophile Christine Girard est devenue officiellement championne olympique des Jeux de Londres dans la catégorie des 63 kilos, lundi, au Centre national des arts d'Ottawa, au cours d'une cérémonie commandée par le Comité international olympique (CIO) visant à corriger une histoire ternie par le dopage.

Accompagnée de son conjoint, de leurs trois enfants, de ses parents et de deux de ses trois soeurs aînées, Girard a également reçu à retardement la médaille de bronze des Jeux de Pékin de 2008 qui lui revenait après avoir pourtant terminé au pied du podium.

«En voyant le drapeau monter et en regardant mes trois enfants en bas de l'estrade, ce sont des valeurs incroyables que ces deux médailles portent aujourd'hui», a commenté l'ex-athlète de 33 ans après l'événement auquel ont assisté une centaine d'invités.

Série de bouleversements

Ce double hommage de lundi était devenu nécessaire après une série de cas de dopage dévoilés par le CIO en 2016 et 2017, grâce à de nouvelles analyses d'échantillons conservés depuis Londres et Pékin et qui ont dépossédé des médaillées des Jeux de 2012 et 2008.

À Londres, Girard avait pris le troisième rang de sa catégorie et était devenue la première Canadienne à décrocher une médaille olympique en haltérophilie. Toutefois, en juin 2016, de nouveaux tests ont révélé des traces de stéroïdes anabolisants chez la médaillée d'or, la Kazakhe Maya Maneza. Girard était alors promue vice-championne olympique.

D'autres événements ont suivi. En avril 2017, c'était au tour de la médaillée d'argent à ces mêmes Jeux, la Russe Svetlana Tsarakueva, de se faire épingler pour usage de substances interdites, laissant la voie libre à Girard jusqu'à la plus haute marche du podium.

Entretemps, en août 2016, un rebondissement avait également revu le scénario des Jeux de 2008. La médaillée d'argent à Pékin, la Kazakhe Irina Nekrassova, était à son tour piégée tardivement pour dopage, convertissant ainsi le quatrième rang de Girard en une médaille de bronze.

Ottawa, un choix naturel

Le 19 avril dernier, le CIO a décrété que la médaille d'or de 2012 appartenait désormais à la Canadienne. Il restait à préciser la date et l'endroit pour procéder à la remise officielle, un exercice permettant un tant soit peu de recréer la magie d'une cérémonie dans le cadre des Jeux, un privilège dont avait été privée l'athlète canadienne.

Elle a choisi Ottawa. Rien de plus naturel comme symbole pour l'étendue du pays qu'elle a occupé dans sa vie. Née à Elliot Lake en Ontario, elle a ensuite grandi à Rouyn-Noranda, pour ensuite s'exiler à White Rock en Colombie-Britannique durant 10 ans. Depuis cet été, elle a emménagé à Gatineau, mais il y avait aussi une autre raison derrière son choix pour tenir la cérémonie.

«J'aurais pu choisir de recevoir cette médaille à Tokyo [durant les Jeux de 2020], mais je voulais vraiment que mes médailles aient un message important pour nos athlètes ici dans notre pays, afin qu'ils continuent de croire en leurs rêves et à croire que c'est possible d'arriver au sommet en restant fidèles à leurs valeurs, en restant propres», a affirmé la diplômée en enseignement en mathématiques, militante du sport propre durant toute sa carrière.

Après Dylan Armstrong et Beckie Scott

Girard devient la troisième Canadienne dans l'histoire olympique à se voir décerner à retardement des médailles à la suite de cas de dopage.

Le spécialiste du lancer du poids, Dylan Armstrong, quatrième aux Jeux de Pékin, avait reçu en mars 2013 la médaille de bronze remportée à l’époque par le Biélorusse Andrei Mikhnevich.

Le 25 juin 2004, la fondeuse Beckie Scott avait été décorée de la médaille d'or de la poursuite de 10 kilomètres, plus de deux ans après les Jeux de Salt Lake City, dans laquelle elle avait terminé troisième. Les Russes Olga Danilova et Larissa Lazutina, respectivement médaillées d'or et d'argent à l'origine, avaient subséquemment échoué des tests de dopage révélant leur inadmissibilité à concourir aux Jeux de 2002.