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Le monde de la boxe en état de choc

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La nouvelle de l’état de santé d’Adonis Stevenson a suscité de vives réactions aux quatre coins de la planète boxe, dimanche, à commencer par celui qui a ravi la ceinture de champion à «Superman», Oleksandr Gvozdyk.

Le nouveau champion WBC des mi-lourds savourait encore en matinée sa victoire acquise contre Stevenson dans le ring du Centre Vidéotron lorsque le visage du boxeur ukrainien s’est assombri quand le représentant du «Journal de Montréal» l’a mis au courant de l’état de santé de son adversaire.

Dans la réaction de l’Ukrainien, on a perçu une certaine tristesse. Même si la boxe est un sport et une «business», il n’y a aucun pugiliste qui veut envoyer son adversaire à l’hôpital avec de telles conséquences.

«Je suis un peu sous le choc par la nouvelle que vous venez de m’apprendre, a indiqué Gvozdyk au collègue Mathieu Boulay. J’espère qu’Adonis va bien guérir de ses blessures. Je lui souhaite le meilleur pour la suite des choses.»

Plusieurs boxeurs ou personnalités influentes du monde de la boxe ont aussi utilisé les médias sociaux pour démontrer leur soutien à Stevenson, dont son compatriote Jean Pascal.

«La boxe n’est pas un jeu, mais un sport difficile et dangereux. Mes prières vont à notre champion Adonis et sa famille. On espère qu’il se rétablisse vite et pour le mieux. Le Québec et moi sommes de tout cœur avec toi, Champ!», a-t-il déclaré par le biais de ses comptes Twitter et Facebook.

Le spectre de Whittom

Inévitablement, plus les détails coulaient au cours de la journée de dimanche sur la condition du boxeur québécois, plus il devenait difficile de ne pas établir de parallèle avec la situation de David Whittom.

Le boxeur a succombé au même genre de blessure neurologique, en mars dernier, après avoir passé plusieurs mois dans un coma artificiel.

Pour l’entraîneur François Duguay, la situation de Stevenson l’a replongé dans de douloureux souvenirs.

«C’est un très mauvais feeling. La nuit que les proches d’Adonis ont passée, je l’ai passée aussi. Je sais exactement ce qu’ils vivent. Tu ne souhaites ça à personne et je suis très attristé par cette nouvelle», a-t-il mentionné.

Même sentiment du côté d’Éric Martel-Bahoeli. Le nouveau retraité et ami de Whittom était au Centre Vidéotron pour le gala de samedi et il n’aurait jamais cru que Stevenson sortirait aussi mal en point de son combat face à Gvozdyk.

«Je ne réalise pas du tout ce qui se passe en ce moment, c’est bizarre. C’est là que tu vois qu’il y a vraiment des risques», a-t-il mentionné.

Les risques du métier

Évidemment, les boxeurs sont tous au courant des risques qu’ils prennent chaque fois qu’ils mettent les pieds dans le ring. Toutefois, aucun d’entre eux n’envisage réellement la possibilité qu’une situation comme celle que vit actuellement Adonis Stevenson leur arrive.

«On pense toujours que ça va arriver aux autres, a concédé le boxeur Sébastien Bouchard, qui s’est battu après Stevenson au Centre Vidéotron, samedi soir. On est conscients que ça peut arriver, mais on ne veut pas y penser. Adonis semblait être un gars avec un rythme de vie sain. Rien ne laissait présager ça parce que ce n’est pas un boxeur usé. Mais c’est ça, la boxe. Un coup de poing peut changer un combat, mais aujourd’hui, on se rend compte qu’un coup de poing peut changer notre vie aussi.»