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L'antidote des Mooseheads

L'antidote des Mooseheads

Mikaël Lalancette

Publié 02 décembre
Mis à jour 02 décembre

Ça revient comme le grand ménage chaque printemps.

Ça semble presque inévitable depuis 2012.

L’équipe hôtesse du tournoi de la Coupe Memorial profite d’un long congé forcé avant le début des hostilités.

Prenons les Cataractes de Shawinigan de 2012. Ils ont été éliminés au deuxième tour des séries par les Saguenéens de Chicoutimi.

Éric Veilleux et sa bande ont rebondi après 31 jours de congé. Ils ont gagné la coupe Memorial devant leurs partisans. Un exploit.

Le scénario s’est répété presque chaque année par la suite.

Les Blades de Saskatoon sont tombés en congé 50 jours avant le tournoi de 2013. L’année suivante, les Knights de London ont profité de 34 jours de repos.

En 2016, c’était «seulement» 20 jours de pause pour les Rebels de Red Deer.

Trois tournois consécutifs difficiles pour l'équipe hôtesse.

En 2017 à Windsor, les Spitfires ont imité les Cataractes en remportant la coupe Memorial après un congé de 44 jours. Une nouvelle marque dans l'histoire de ce tournoi.

La saison dernière, les Pats de Regina avaient attendu 45 jours avant de reprendre l’action. Ils se sont inclinés en finale du tournoi contre les champions de la LHJMQ, le Titan d'Acadie-Bathurst.

Bref, on peut parler du jour de la marmotte. Ça revient chaque mois de mai.

La dernière équipe hôtesse à avoir remporté les grands honneurs de sa ligue?

Il faut remonter à 2008. Les Rangers de Kitchener étaient les champions ontariens et les hôtes du tournoi.

Les finalistes cette année-là dans le circuit Branch : les défunts Bulls de Belleville.

Il y a donc belle lurette que les équipes hôtesses en arrachent avant le début du tournoi. Ils arrivent reposés et un peu rouillés.

Le rendez-vous printanier du hockey junior canadien aura lieu à Halifax cette année.

C’est le retour du tournoi de la Coupe Memorial en territoire de la LHJMQ, la dernière édition ayant été présentée à Québec en 2015 lors de la fermeture du Colisée Pepsi.

Les Mooseheads ont une belle équipe de hockey entre les mains. Et pour attaquer cette saison importante, ils ont confié les rênes de l’équipe à un pilote d’expérience : Éric Veilleux.

S’il y avait un entraîneur disponible capable de relever le défi de diriger une équipe hôtesse de main de maître, c’était Éric Veilleux.

Il faut se rappeler l’année folle qu’il a vécue à Shawinigan en 2012 pour réaliser l’ampleur du défi. L’ancien coach des Cataractes et du Drakkar parle de la pire année de sa vie.

Vous pouvez en parler à Philippe Boucher, qui a vécu l’expérience trois ans plus tard, dans un marché beaucoup plus médiatisé que Shawinigan par-dessus le marché.

Bref, revenons aux Mooseheads.

Comme antidote à cette année difficile, ils ont choisi l’expérience.

Un entraîneur-chef d’expérience pour conduire les Mooseheads à la victoire. Éric Veilleux a vu neiger et il a remporté la coupe Memorial aux commandes d’une équipe hôtesse du tournoi de la Coupe Memorial en 2012.

Ils ont aussi un directeur général expérimenté. Cam Russell en sera à sa cinquième présence à la coupe Memorial.

L’ancien hockeyeur est le DG des Mooseheads depuis 11 ans. Il a participé aux éditions de 1986 et de 1988 comme joueur avec les Olympiques de Hull.

Il était entraîneur adjoint avec les Mooseheads lors du tournoi de 2000 et était le grand patron de l’équipe lors de la conquête de 2013 avec Jonathan Drouin, Nathan MacKinnon et Dominique Ducharme.

Bref, le tournoi de la Coupe Memorial c’est du déjà vu pour lui comme disent les anglais.

L’antidote de l’expérience, il se transpose aussi sur la glace.

Les Mooseheads alignent trois joueurs qui ont gagné le trophée tant convoité l’an dernier avec le Titan d’Acadie-Bathurst : Samuel Asselin, Antoine Morand et Jordan Maher.

Les deux premiers pourraient d’ailleurs marquer l’histoire en répétant l’exploit cette année. Asselin et Morand seraient les premiers Québécois de l’histoire de la LHJMQ à gagner le trophée deux années de suite.

Leur expérience vaudra son pesant d’or dans les prochains mois.

«Quand je les ai vus la première fois sur la patinoire, j’ai vraiment aimé ce que j’ai vu, raconte Veilleux. Ce sont des bonnes personnes, des bons travaillants. Ils seront capables de rassurer les plus jeunes dans les moments critiques et ça, c’est très, très important.»

L’expérience de l’entraîneur-chef a elle aussi mis la barre très élevée au sein même de l’organisation.

«Éric apporte un élément de respect dans le vestiaire, explique Cam Russell. Il est un entraîneur direct, mais juste. Il traite tous les joueurs sur un pied d’égalité. Les joueurs le voient, le comprennent et le respectent.»

La conquête de 2013 a été spéciale pour les Mooseheads et leurs partisans. L’équipe a soulevé la coupe du Président à Halifax en finale contre le Drakkar de Baie-Comeau, mais la plus grosse victoire de l’histoire de la concession a eu lieu à Saskatoon en Saskatchewan.

Les Mooseheads auront la chance de soulever le trophée le plus difficile à gagner au hockey devant leurs partisans en mai prochain.

«On aimerait gagner devant nos partisans, mais on sait qu’il y a encore beaucoup de hockey à jouer, beaucoup de bonnes équipes devant nous» de conclure Cam Russell.

Le DG des Mooseheads n’a jamais si bien dit.

Les dix derniers printemps sont là pour nous le rappeler.