Remparts Cap Breton

Crédit : Simon Clark/Agence QMI

LHJMQ

LHJMQ: l'éclosion de Mathias Laferrière

LHJMQ: l'éclosion de Mathias Laferrière

Mikaël Lalancette

Publié 30 novembre
Mis à jour 30 novembre

La dernière période des transactions de la saison va prendre son envol dans deux semaines dans la LHJMQ.

C’est généralement la dernière chance pour une équipe de s’améliorer en vue des séries éliminatoires.

Au fil des années, la surenchère a plutôt laissé place à la retenue.

On remarquait que l’équipe championne des séries avait rarement rebrassé les cartes de façon majeure. Elle avait certes ajouté certains éléments-clés par transaction, mais le noyau de l’équipe championne avait été bâti auparavant. Souvent par le repêchage.

Le Titan est allé à l’encontre de cette façon de faire l’an dernier. Le directeur général Sylvain Couturier a eu la main heureuse.

En l’espace de quelques semaines, il a réalisé 12 transactions et mis la main sur des éléments majeurs de la conquête de la coupe du Président et de la Coupe Memorial. Avec du recul, il a pris de bonnes décisions.

Le gardien Evan Fitzpatrick, le défenseur Olivier Galipeau, les attaquants Samuel Asselin, Mitchell Balmas et German Rubtsov ne sont que quelques exemples des joueurs acquis par transactions. Leur contribution à Bathurst a été importante.

Un an plus tôt, les Sea Dogs ont réalisé trois gros coups en faisant l’acquisition de Callum Booth, Julien Gauthier et Simon Bourque. Ils ont eux aussi gagné la coupe du Président.

Pour ces quelques exemples d’équipes actives lors de la période de transactions à avoir remporté les grands honneurs, il y a des dizaines d’équipes pour qui la tactique n’a pas si bien fonctionné.

Les Wildcats de Moncton étaient bien fiers d’avoir mis la main sur Phillip Danault en janvier 2013. La méga transaction n’a pas porté fruit. Les Tigres les ont éliminés dès le premier tour des séries quelques mois plus tard.

Souvenez-vous des Cataractes de Shawinigan en 2015-16. C’est à croire que le grand patron Martin Mondou avait passé le réveillon de Noël au téléphone : il avait réalisé pas moins de 14 transactions! Les Cats se sont tout de même inclinés en finale.

En 2016-17, les Islanders de Charlottetown ont bâclé huit transactions, dont certaines majeures, avec des résultats bien mitigés. Les Islanders ont été meilleurs la saison suivante avec une moins bonne équipe sur papier...

Revenons en arrière quelques instants.

Le derby Pierre-Luc Dubois fait rage en décembre 2016.

Les Huskies et leur directeur général de l’époque, Gilles Bouchard, sont certains d’avoir obtenu le meilleur joueur disponible sur le marché, mais revirement de dernière minute, Dubois aboutit chez l’Armada.

Le prix: des choix de premier tour 2017 et 2e tour 2018 et le jeune espoir des Lions du Lac St-Louis, Mathias Laferrière.

Le Montréalais avait été le septième choix au total de l’encan midget en 2016.

Quand tu échanges ton meilleur joueur, tu dois t’assurer de mettre la main sur un bon joueur en retour. Les Eagles voulaient Laferrière.

«On l’avait ciblé, on le voulait dès le repêchage, mais il a été repêché par l’Armada», a raconté l’entraîneur-chef et DG des Screaming Eagles, Marc-André Dumont.

La production de Laferrière, qui a été un choix de sixième tour des Blues de St. Louis lors du dernier repêchage de la LNH, est au rendez-vous cette saison.

Après 28 matchs au Cap-Breton, le centre des Screaming Eagles revendique une récolte de 34 points.

Son entraîneur Marc-André Dumont n’est pas surpris du rendement du 12e meilleur pointeur du circuit en ce moment.

«Ce n'est pas une surprise, a-t-il assuré. Son expérience au camp des recrues des Blues et en septembre lui a montré ce qu’il devait faire pour avoir du succès.»

L’été passé avec Sébastien Lagrange, le préparateur physique de l’équipe l’a complètement changé. Lagrange est détenteur d’un doctorat en biologie.

«Il est revenu avec une condition physique totalement changée, explique Dumont. Il a pris goût à ça! Il s’est découvert un autre niveau d’intensité, d’éthique de travail et de combativité. Pour un choix de sixième tour, c’est un très bon pari des Blues!»

Même son de cloche chez le coéquipier de Laferrière au Cap-Breton, le gardien Kevin Mandolese.

«Chaque année il s’améliore. Depuis son retour du camp des Blues, tu vois qu’il en veut plus, qu’il travaille fort. Son été d’entraînement a apporté beaucoup à son jeu.»

Bref, il y a les transactions qu’on réalise et qui livrent les résultats attendus.

Le cas Laferrière en est un bon exemple.

Il y a les transactions qu’on regrette...

La liste est étoffée, je vous laisse vous remémorer quelques mauvaises décisions.

Mais ne perdons pas de vue que les meilleures transactions sont parfois celles qu’on ne fait pas!