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Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Canadiens

Une autre époque

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MONTRÉAL – Gaston Gingras se fait un devoir de participer à la traditionnelle collecte de sang annuelle du Canadien.

«J’aime rencontrer les amateurs de hockey, a-t-il raconté en entrevue au Journal de Montréal. Ce sont des passionnés.»

Et l’on pourrait ajouter que cet ex-défenseur, reconnu pour son lancer frappé foudroyant, est lui aussi un véritable passionné.

Gingras est encore associé au Canadien, qui fait appel à ses conseils judicieux dans le cadre de cliniques de hockey dans la région de Pierrefonds, où il réside depuis 1982, et à Brossard notamment.

«L’organisation m’a aussi envoyé en Chine et en Suisse pour des écoles de hockey, affirme-t-il. Je me suis trouvé une niche. Les enfants me tiennent en forme, dit-il. J’aurai bientôt 60 ans et je réalise, plus que jamais, comment notre sport a changé.

«J’aimerais bien voir les jeunes avec l’équipement qu’on utilisait il y a 30 ans, renchérit-il. L’époque des patins à... tuyau. La bottine pliait et il fallait aller régulièrement chez le cordonnier. Aujourd’hui, une paire vaut 1000 $ et les patins sont aussi rigides que des bottes de ski. Même chose pour les bâtons. Dans notre temps, c’était le bois. Maintenant, ils sont en fibre de carbone.»

Un monde de différence

À l’image de Shea Weber, Gingras était une terreur pour les gardiens adverses.

«Justement, il y a un an, j’ai testé ces nouveaux bâtons et j’ai atteint la vitesse de 92 milles à l’heure. C’est un monde de différence. Aujourd’hui, les joueurs fouettent la rondelle. Rien n’est comparable, avoue-t-il. Quant aux gardiens, c’est la position qui a changé le plus. Non seulement l’équipement, mais aussi leur gabarit.

«Ils sont plus imposants. Ils ne cèdent que si la rondelle est déviée ou s’ils ont la vue obstruée. Les gardiens sont de meilleurs athlètes. À l’époque, ceux qui choisissaient d’être gardiens étaient ceux qui voulaient jouer au hockey sans savoir... patiner.»

Moins d’obstruction

Lucien Deblois, un autre assidu de la collecte de sang du Tricolore, a lui aussi connu cette autre époque du hockey.

«La rondelle se déplace plus rapidement aujourd’hui, a relaté cet ancien attaquant de la LNH. L’équipement a changé, mais l’élimination de la ligne rouge fait en sorte qu’il y a moins d’obstruction.»

Depuis août dernier, Deblois, âgé de 61 ans, n’est plus à l’emploi des Canucks de Vancouver pour lesquels il a été recruteur pendant 15 ans. «J’aimerais continuer dans le hockey», souligne celui qui a endossé l’uniforme du Canadien pendant deux ans au milieu des années 1980.

Une tradition

Initiée par le regretté Jean Béliveau, la collecte de sang du Canadien est l’une des activités du genre les plus importantes au Québec.

«C’est celle qui procure le plus de visibilité pour la cause du don de sang, rappelle Laurent-Paul Ménard, porte-parole d’Héma-Québec. Notre organisme n’a pas un budget de publicité mirobolant. Or, d’être associé au Canadien, c’est très important.»

Au cours des dernières années, ils sont environ 750 donneurs, en moyenne, à se présenter au Centre Bell. «Quand l’équipe va bien, les gens y participent davantage, fait-il remarquer. Quand le hockey a été paralysé par un lock-out, on a répertorié seulement 350 donneurs.»