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Un contrat de trois ans pour Evan Bush

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Nouveau signataire d’un contrat garanti de trois ans d’une valeur non dévoilée, mais dépassant certainement le million de dollars, Evan Bush s’est présenté en complet pour son point de presse, vendredi.

Non, il n’est pas devenu sérieux comme un conseiller en placements, c’est plutôt qu’il avait tourné une vidéo pour le site officiel de l’équipe, plus tôt dans la journée.

Bush, 32 ans, va rester le même gars qu’on connaît depuis bientôt huit ans, mais il s’est affirmé comme étant plus Montréalais que jamais en amorçant la rencontre par une déclaration en français qui, de mémoire, était sa première en public depuis son arrivée, en 2011.

«Je suis très content de rester ici avec Montréal», a-t-il lancé en s’y reprenant deux fois.

Et n’allez pas penser que l’argent va le changer, il n’attache pas particulièrement d’importance à ça. Après tout, Bush a toujours empoché un salaire modeste, de sorte que, jusqu’à il y a deux ans environ, il arrivait encore à l’entraînement dans la même vieille Hyundai Sonata qu’il avait à son arrivée, en 2011.

N’empêche que sa décision de s’adresser d’abord en français aux médias n’était pas anodine. Elle s’inscrivait dans une intention claire de démontrer son profond enracinement dans la communauté montréalaise et québécoise.

«Vous pouvez le voir, je travaille, a-t-il dit au sujet de ses aptitudes en français. Honnêtement, c’était un élément important pour moi dans le processus de négociation. Si je suis pour rester longtemps, je tenais à suivre des cours de français et à avoir un tuteur.»

Pour Bush et sa famille, tout est une question de s’intégrer dans le milieu qu’ils habitent, et d’y rester longtemps.

«Je n’avais jamais eu la chance de savoir où se trouverait mon avenir pour une période prolongée, et maintenant je le sais. C’est important pour ma famille et moi.

Mon épouse et moi avons vraiment cédé aux charmes de la langue et je veux aussi aider ma fille, qui est à l’école.»

De vrais Montréalais

Bush est originaire de Cleveland, en Ohio, et il en est fier. Il suit férocement les activités des Browns de la NFL, des Cavaliers de la NBA et des Indians de la MLB.

Mais ses enfants sont bel et bien Montréalais, et tout ça a pesé dans la balance. Il a aussi tenu compte du bonheur de la famille avant d’apposer sa signature au bas du contrat.

«On a un troisième enfant qui arrive en janvier. Tous mes enfants seront Montréalais et citoyens canadiens. Ils ne connaissent rien d’autre que Montréal, c’est la maison pour eux. Quand on leur parle de Cleveland, ils ne sont pas très fébriles d’y retourner, mais je ne devrais pas dire ça, mes parents vont me tuer. Les enfants sont excités d’aller à Cleveland.»

À la maison

En fin de compte, même s’il n’est pas capable de dire précisément quand il a commencé à se sentir Montréalais, Bush sait quand même qu’il est chez lui ici.

«J’ai toujours eu une bonne relation avec les gens du club et ils m’ont toujours fait sentir comme si j’étais à ma place. Ça s’est traduit chez les partisans et j’ai toujours eu l’impression que je cadrais ici.»

Le gardien donne régulièrement des conférences dans les écoles, où il met l’accent sur la persévérance et la motivation, deux axes centraux de sa préparation d’athlète. Il s’est également bien enraciné dans l’Ouest-De-L’Île, où il a acquis une maison, il y a quelques années, de sorte qu’il est un des rares joueurs à vivre à Montréal à l’année.

«Les relations que nous avons établies en dehors du terrain, notamment dans notre communauté, ont joué un rôle important parce que si ma famille n’était pas heureuse d’être ici, ça n’aurait pas fonctionné.»

Reconnu à sa juste valeur

Les détails financiers des contrats de la MLS ne sont jamais dévoilés, mais différentes sources ont parlé d’un peu plus d’un million de dollars américains pour trois ans dans le cas d’Evan Bush.

C’est donc dire que son salaire annuel devrait avoisiner les 400 000 $ américains, ce qui représente une belle augmentation quand on compare aux 157 925 $ qu’il empochait cette saison, une véritable aubaine.

En rentrant dans la même strate salariale que David Ousted (D.C. United), Tim Melia (Kansas City) et Sean Johnson (NYCFC), il est davantage rémunéré à sa juste valeur.

Pourtant, Bush part de loin. Quand il est arrivé à Montréal pour la dernière saison de l’Impact en NASL, il n’était pas forcément sur le radar de l’équipe à long terme.

«Je ne me suis jamais attendu à rester longtemps, a admis Bush. Je suis arrivé et je n’aurais jamais eu de chance si Bill Gaudette ne s’était pas blessé. Je n’aurais probablement pas été de retour la saison suivante.»

Peu reconnu

Bush a connu une saison 2018 du tonnerre en effectuant le plus d’arrêts (132) parmi tous les gardiens de la MLS. Il a également été nommé joueur défensif de l’année chez l’Impact, en plus d’être le meilleur gardien de la ligue, selon l’Index Audi.

Pourtant, il n’a obtenu aucune forme de reconnaissance de la ligue puisque son nom ne figurait même pas sur la courte liste pour le titre de gardien de l’année, qui a été décerné à Zack Steffen, du Crew de Columbus.

«Je comprends qu’on n’a pas participé aux séries, et c’est un détail important. On joue également dans un marché que les médias américains ignorent, pour le meilleur et pour le pire.»

Il a par ailleurs attribué une part importante de son revirement à Joël Bats, qui l’a transformé.

«J’adore Joël, il est fantastique et c’est génial de travailler avec lui. Il est différent de ses prédécesseurs, il a amené une confiance tranquille. Nous cadrons bien ensemble parce qu’il n’y a pas de flafla, on travaille et on se concentre sur l’essentiel.»