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La nouvelle réalité de Karl Alzner

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Pas plus tard que samedi dernier, Karl Alzner portait encore l’uniforme du Canadien. Il partageait le vestiaire avec Carey Price, Max Domi, Jonathan Drouin et Brendan Gallagher et il cherchait à ralentir les David Pastrnak, Brad Marchand et Torey Krug des Bruins de Boston.

Quatre jours après le passage des Bruins au Centre Bell, Alzner se retrouvait dans un autre univers, celui de la Ligue américaine. Il a foulé la glace de la Place Bell, mercredi matin, pour une première fois avec Adam Plant, Hayden Verbeek, Antoine Waked et Michael McNiven.

Ignoré par les 30 autres équipes de la LNH, Alzner poursuivra sa saison avec le Rocket. Il n’avait pas joué dans la Ligue américaine depuis le 14 juin 2010. À son dernier match dans cette ligue, il avait soulevé la Coupe Calder avec les Bears de Hearshey, l’équipe-école des Capitals de Washington.

Il avait seulement 21 ans à son dernier passage dans la Ligue américaine. Et il touchait encore un salaire de recrue, soit de 65 000 quand il jouait à Hershey ou de 1,675 million quand il était à Washington. Aujourd’hui, Alzner a 30 ans et il traîne avec lui un très lourd contrat.

Une décision prévisible

À sa sortie d’un entraînement optionnel à quelques heures du match contre les Senators de Belleville, Alzner a rencontré les journalistes avec sa classe et son sourire habituel.

«Honnêtement, je m’y préparais à cette réalité depuis un petit moment, a dit Alzner. Je n’étais pas certain à 100%, mais je m’en doutais depuis un mois ou un mois et demi. Je ne jouais pas beaucoup à Montréal, je participais à deux rencontres et je retournais dans les gradins. C’était écrit dans le ciel. Surtout avec la quantité de défenseurs avec le Canadien et la situation contractuelle des autres gars. Deux plus deux, ça donne quatre.»

«Si cette décision venait du champ gauche, j’imagine que le choc aurait été plus grand, a-t-il continué. Je n’avais pas vraiment besoin de temps pour digérer la nouvelle. J’ai vu ça à plusieurs reprises au cours des années et pour des amis proches. Je ne connaissais toutefois pas toutes les formalités. J’étais à 99% certain de ne pas être réclamé au ballottage. Ce n’est pas comme si j’attendais assis sur le bout de ma chaise pour recevoir un appel. Je comprenais ma situation.»

Crédit photo : MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Encore la LNH

Si Alzner est serein à l’idée de passer du temps à Laval, il n’a pas fait une croix sur un retour dans la LNH.

« Nous voulons tous vivre le rêve et jouer toute notre carrière dans la LNH, a-t-il répliqué. Je veux surtout jouer au hockey, c’est ça qui me rend heureux. Que je sois à Laval ou à Montréal, je veux jouer. Mon but est d’atteindre le plateau des 1000 matchs dans la LNH. Il y a maintenant plus de barrières sur mon chemin.»

Très réaliste, Alzner se doute qu’un retour dans la LNH ne passera probablement pas par le Canadien.

«Honnêtement, je ne le sais pas, a-t-il mentionné. Il y a tellement de défenseurs. J’aimerais ça, mais je ne le sais pas. En ce moment, à voir la hiérarchie, ça prendrait d’assez gros changements pour que ça arrive.»

Le poids d’un contrat

Alzner a déjà 681 matchs derrière la cravate dans la LNH. Quand il a paraphé un contrat de cinq ans et 23,125 millions le 1er juillet 2017, il pouvait s’attendre à atteindre sans trop de problèmes le cap des 1000 rencontres. Il n’avait pas envisagé un renvoi dans la Ligue américaine avant même la fin de la deuxième année de cette entente.

À ses derniers jours avec les Canucks de Vancouver, Roberto Luongo avait déclaré que son pire ennemi était son contrat et qu’il le déchirerait sans hésiter afin de repartir à zéro. Luongo était pratiquement impossible à échanger en raison de la durée de son entente (12 ans et 64 millions). Mais les Canucks ont fini par exaucer son souhait en l’envoyant aux Panthers au mois de mars 2014.

À un salaire de 4,625 millions sur le plafond salarial jusqu’à la fin de la saison 2021-2022, Alzner a lui aussi un boulet d’attaché à son pied.

«Oui, je me suis demandé, si j’avais la moitié du contrat et de la durée, si ça serait une histoire différente, a admis le nouveau numéro 16 du Rocket. Mais ce sont des si, je ne peux pas revenir en arrière. On va voir comment le reste de la saison va aller.»

Pour l’échanger à une autre équipe de la LNH, Marc Bergevin aura deux options devant lui : retenir une partie du salaire d’Alzner ou accepter un autre mauvais contrat.

«Si c’est une option [retenir une portion de mon salaire], j’aimerais ça, a précisé le défenseur. Je souhaiterais jouer dans la LNH. Sauf que je ne retiendrai pas mon souffle. Je sais que ça pourrait se dérouler rapidement, comme ça pourrait prendre du temps. Nous sommes encore tôt dans la saison. Les équipes n’ont pas encore un sentiment d’urgence pour ajouter des morceaux à leur formation.»