Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

LHJMQ

La métamorphose des Foreurs

La métamorphose des Foreurs

Mikaël Lalancette

Publié 27 novembre
Mis à jour 27 novembre

En l’espace d’un mois et demi, les Foreurs de Val-d’Or ont subi une réelle métamorphose.

Après six défaites d’affilée pour commencer la saison, la troupe de l’entraîneur-chef Pascal Rhéaume a rebondi.

Depuis cette séquence noire où l’équipe avait accordé 34 buts en six matchs, la fiche du «vert et or» n’a plus rien à voir avec ce piètre début de saison. Le dossier est plutôt positif même: 10 victoires et neuf défaites en temps régulier lors des 21 dernières rencontres.

Même sans leur pilier à la ligne bleue, le défenseur David Noël, étant blessé à un oeil, les Foreurs réussissent à tirer leur épingle du jeu.

L’équipe a même pris goût à la victoire!

Signe que les choses vont beaucoup mieux, les Foreurs ont rejoint les Olympiques, les Remparts, les Tigres et l’Armada au classement général. On sent une progression de l’équipe, qui mise sur quelques-uns des meilleurs jeunes joueurs du circuit Courteau.

Le début de règne de l’entraîneur-chef Pascal Rhéaume, n’est pas étranger au redressement de la situation. L’ancien attaquant des Blues de St. Louis, des Blackhawks de Chicago, des Thrashers d’Atlanta, des Devils du New Jersey, des Rangers de New York et des Coyotes de Phoenix en a fait du chemin dans sa carrière de joueur. Le voilà maintenant entraîneur à Val-d’Or, l’un des marchés «éloignés» de la LHJMQ.

Des travaillants

De son propre aveu, Rhéaume veut voir son équipe être à l’image des gens de Val-d’Or. Il veut diriger des joueurs travaillants, en qui les partisans pourront s’identifier. Il n’y fait pas exception.

«Je dis souvent que j’étais capable de tout faire comme joueur, mais que je n’excellais dans rien», a-t-il lancé à la blague lorsque je l’ai rencontré la semaine dernière.

Rhéaume réalise un rêve, celui de diriger une équipe de la LHJMQ comme entraîneur-chef. Il se veut un entraîneur exigeant, mais compréhensif.

La preuve : il permet à ses joueurs d’aller dormir à la maison lorsque les Foreurs évoluent sur la route. À titre d’exemple, les joueurs natifs de Québec ont pu dormir dans leur famille la veille du match de vendredi au Centre Vidéotron. La délégation des gars de Québec des Foreurs, Félix Boivin, Maxence Guénette, Alexandre Couture et Jérémy Michel ont pu dormir dans leur lit. Ils ont répondu en marquant les trois buts des Foreurs le lendemain dans une victoire de 3-2 en prolongation sur les Remparts.

Ce sera comme ça lors des arrêts de l’équipe un peu partout au Québec.

Rhéaume est bien placé pour comprendre ce qu’on impose aux joueurs évoluant dans des marchés éloignés des grands centres urbains de la province. Ce n'est pas évident de tout quitter, famille et amis, pour aller jouer au hockey.

Une saison de sacrifices

Par passion du «coaching», le pilote des Foreurs s’est imposé ce sacrifice cette année. Par passion, il s'est éloigné de sa famille.

Prenons simplement sa dernière semaine. Sa formation a affronté les Cataractes de Shawinigan mardi dernier à Val-d’Or. Le lendemain, Rhéaume a passé la journée à préparer le prochain voyage. Jeudi matin, les Foreurs mettaient le cap sur Québec pour le match du lendemain contre les Remparts. Il s’est arrêté à mi-chemin, à Montréal, pour aller voir jouer sa fille Logane, qui évolue pour l’équipe de hockey féminin des Carabins de l'Université de Montréal.

Il est rentré avec sa femme à Bécancour, en vue du match du lendemain à Québec. Quelques heures de sommeil plus tard, il s’est rendu dans la capitale pour le match, avant de retourner à Bécancour pour une autre nuit passée au domicile familial. Samedi, direction Shawinigan pour le duel contre les Cataractes en après-midi. Il est rentré à Bécancour après la rencontre.

Dimanche, il est allé voir jouer son fils Nick, un attaquant des Estacades de Trois-Rivières dans la Ligue midget AAA. Ce dernier a été un choix de 12e tour des Saguenéens de Chicoutimi en juin dernier. Lundi matin, il a quitté la maison à la première heure pour se rendre à Schenectady, en banlieue d’Albany dans l’État de New York, où sa fille Alexane évolue en première division de la NCAA.

Un aller-retour pour voir un match de sa fille, avant de prendre l’avion pour Val-d’Or au petit matin mardi.

Des centaines de kilomètres pour concilier travail et famille.

Ce genre de semaine folle qui pourrait en effrayer plusieurs. Mais chez les Rhéaume, la passion du hockey est trop forte. On pourrait dire qu’elle rend aveugle que ça ne saurait pas bien expliquer tous les sacrifices qu’ils peuvent s’imposer pour vivre leur passion.

Ils sont de nombreux entraîneurs comme ceux-là au Québec. On l’oublie très souvent, trop souvent.

Revenons aux Foreurs...

Ils ont rebondi de belle façon. Les joueurs de l’équipe sont reconnaissants de tout le travail qui a été accompli depuis quelques mois.

«On l’a eu dur après Noël l'an passé, a admis le vétéran de l'équipe, Julien Tessier. Il y avait peut-être quelques mauvaises habitudes prises l'an dernier et on n’était pas très confiants en début de saison. Les "coachs" ont vraiment travaillé avec nous.»

Pascal Rhéaume sait que l'équipe doit continuer de progresser, mais il est fier du chemin parcouru.

«Le sourire revient dans la chambre. Les joueurs savent qu’ils sont capables de gagner. L’atmosphère est super, le coach est bien plus de bonne humeur dans ce temps-là!»