Boxe

Pas de ceinture à la portée de Sébastien Bouchard

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Depuis des années, Sébastien Bouchard partage tant bien que mal son temps entre la boxe et son emploi de débardeur au port de Québec.

En vertu d’une entente à venir avec le Groupe Yvon Miche (GYM), le pugiliste pourra se consacrer entièrement à sa carrière dans l’arène, si bien sûr son combat de samedi au Centre Vidéotron se déroule comme prévu.

Le contrat actuel entre Bouchard (17-1-0, 7 K.-O.) et GYM vient à échéance en février. Le promoteur pourrait profiter d’une année d’option, mais puisque Bouchard a fait le choix de se donner à la boxe à part entière, Michel lui a promis «une entente reflétant sa nouvelle réalité».

Le combattant originaire de Baie-Saint-Paul devra d’abord venir à bout du Brésilien Vitor Jones Freitas, samedi, en sous-carte du choc Stevenson-Gvozdyk. Freitas (15-2-0, 9 K.-O.) est le nouvel adversaire pressenti, qui doit d’abord être approuvé par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.

Nouvel adversaire puisque celui prévu initialement, Ali Funeka, n’a pas obtenu son visa. La possibilité de mettre la main sur le titre NABA est du même coup tombée à l’eau.

«C’est la boxe... Dans un autre sport, s’il y a un blessé ou un absent, le match a lieu quand même. Ça fait de la boxe un sport tout croche et dur à comprendre, mais il faut être solide dans la tête. Quand arrivent ces événements, c’est là que les gars flanchent et livrent de mauvaises performances. Je ne peux rien y changer», a constaté Bouchard.

À temps plein

Après tout, ce n’est pas le moment pour Bouchard de broyer du noir, lui qui estime que son nouveau statut de boxeur à temps plein lui amènera non seulement des bourses plus substantielles, mais aussi des opportunités plus intéressantes.

«Mon corps ne suivait plus», a-t-il confié. Il y a des petites blessures qui sortent de partout. Des combats de quatre rounds au début ça va, mais quand tu tombes dans les huit et les dix rounds avec des camps d’entraînement, tu dois optimiser ta récupération.

«Je ne suis jamais capable de donner mon 200 %. Je dis souvent à Yvon [Michel] qu’il n’a rien vu encore. En combat ce n’est pas si pire, mais ce n’est pas le Sébastien que je suis dans le gym. Je suis capable de livrer beaucoup plus que ça», a promis celui qui vogue sur une série de neuf victoires, dont les deux dernières par K.-O.

Aux yeux du boxeur de 31 ans, sa nouvelle réalité lui permet d’envisager une préparation optimale qu’il n’a jamais pu s’offrir.

«En ce moment, si je veux aller voir un massothérapeute ou un physiothérapeute, je ne peux pas me le permettre sinon je perds des périodes d’entraînement. Donc, c’est mon corps qui écope. Ça fait trois ou quatre ans avec mon préparateur physique qu’on veut ajouter de la natation à mon entraînement, mais on manque de temps.

«On va pouvoir mettre tout ça en place et optimiser les performances. Ça peut juste être bénéfique pour moi. Il reste au groupe GYM à livrer la marchandise en me donnant des bons combats pour me faire monter dans les classements mondiaux», a conclu Bouchard.

En bref

Les portes du Centre Vidéotron ouvrent à 16 h et le premier combat a lieu à 17 h.

Adonis Stevenson se battra à 20 h. Autour de 22 h, Marie-Ève Dicaire grimpera dans le ring. GYM et Québecor ont annoncé une entente remodelée qui fera du Centre Vidéotron l’amphithéâtre privilégié au Québec pour les galas.

D’ailleurs, GYM entend revenir en mai ou en juin pour une défense de titre d’Eleider Alvarez.

Soirée historique pour Dicaire

Pour Marie-Ève Dicaire, l’opportunité de se battre pour un premier championnat du monde féminin en sol québécois, c’est un peu Noël avant le temps. Mais pas question de contempler le cadeau sans le déballer!

La boxeuse de 32 ans tentera de ravir la couronne IBF détenue par Chris Namus (24-4-0, 8 K.-O.), originaire de l’Uruguay et joyeusement surnommée «El Bombon Asesino».

La championne, qui s’est battue presque exclusivement en Amérique du Sud au cours de sa carrière, a accepté le défi du Grand Nord. Dicaire, après quelques négociations infructueuses pour une telle opportunité dans les derniers mois, ne pouvait espérer mieux.

«Depuis que je boxe, j’essaie de faire tomber les stéréotypes. C’est vraiment un combat que je mène à l’extérieur du ring. C’est valorisant de voir qu’on me met en valeur dans une carte de si grande importance. Pour moi, ce privilège, c’est le début d’une grande aventure et je le fais pour ceux qui vont passer derrière moi», s’est-elle réjouie.

Expérience profitable

Si Dicaire en sera à son premier championnat du monde dans l’arène, elle a déjà vécu cinq fois ce moment fertile en émotions sur le tatami. Elle est d’avis que son ancienne vie de karatéka pourrait lui servir.

«L’expérience en karaté va me permettre de rester concentrée, de garder le cap malgré toutes les obligations durant une telle semaine. J’essaie d’entrevoir ce combat comme un cadeau. C’est comme d’habitude, sauf que j’ai la chance de me battre pour un titre mondial», a-t-elle souligné.

Invaincue en 13 combats professionnels, Dicaire n’entend pas céder lors du plus grand moment de sa carrière.

«J’ai vécu le camp le plus difficile de toute ma vie, mais je suis dangereusement en forme. Je pense que cette ceinture-là va rester au Québec.»