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La pression de revenir au jeu dépasse-t-elle la raison?

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Au grand bonheur des Canadiens de Montréal, la rééducation de Shea Weber s’est déroulée plus vite que prévu. On peut comprendre que le capitaine avait hâte de revêtir l’uniforme.

«Ce fut difficile et éprouvant», a-t-il raconté, lundi, veille de son premier match depuis décembre dernier.

En ce sens, Andrew Shaw a formulé un commentaire intéressant.

«Lorsque tu te blesses, l’équipe te donne un échéancier pour revenir au jeu, mais c’est possible de te pousser physiquement pour revenir plus tôt.»

La pression dépasse-t-elle la raison?

Shaw a été opéré au genou en avril dernier et il devait rater six mois d’activités. Il était pourtant dans la formation du CH au premier match de la présente saison.

Avant lui, en janvier 2017, Brendan Gallagher a subi une intervention à la main gauche. Plutôt que de rater huit semaines, il était de retour au jeu près d’un mois plus tard.

Nombreux sont les joueurs qui reviennent au jeu alors qu’ils ne sont pas à 100 %. Lorsqu’un athlète professionnel est blessé, la pression de revenir au jeu dépasse-t-elle la raison?

«Parfois, ils ont droit de prendre ces décisions-là. C’est à nous le les guider, tant et aussi longtemps que ça reste sécuritaire», a expliqué à TVA Sports le Dr Vincent Lacroix, ancien médecin des Canadiens et fondateur du programme de médecine sportive à l’Université McGill.

«Par exemple, utiliser une attelle, ou à la limite un plâtre sur un avant-bras et continuer à jouer en étant efficace. C’est là le compromis.»

Risques à long terme

Selon le Dr Lacroix, les athlètes oublient souvent les répercussions à long terme que peuvent causer un retour au jeu prématuré.

«Ils vivent pour le moment. Ils sont des jeunes qui ont l’impression d’être invincibles. Ils sont pris dans la pression médiatique, la pression des entraîneurs et des journalistes.»

Comme le soutien celui qui chapeaute aussi depuis 25 ans le rôle médecin des Alouettes de Montréal, dans la Ligue canadienne de football, cette pression fuse de partout.

«On doit gérer non seulement les attentes de l’entraîneur, du propriétaire et du directeur général, on doit aussi gérer celles de la famille du joueur, ainsi que de son agent.»