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Karl Alzner au ballottage

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Marc Bergevin a souvent dit que les pires contrats se donnaient le 1er juillet. Karl Alzner s’inscrit dans cette définition.

Le 1er juillet 2017, Alzner a écrit son nom au bas d’un pacte de cinq ans et 23,125 millions $ (4,625 millions $ par année) avec le Canadien de Montréal. Un peu plus de 16 mois plus tard, Bergevin a placé le nom d’Alzner au ballottage dans l’espoir de se départir de cette très lourde entente.

Il faudrait toutefois un miracle pour que l’un des 30 autres directeurs généraux de la Ligue nationale de hockey (LNH) décide de le réclamer avant midi mardi.

Avec le retour de Shea Weber, le CH se retrouvait avec neuf défenseurs en santé. Alzner a ainsi écopé pour le surplus de défenseurs. Claude Julien a fait preuve d’une grande limpidité en disant qu’Alzner représentait le choix logique pour le ballottage.

«Avec son contrat, Karl est probablement le joueur que nous ne risquons pas de perdre, a souligné Julien. Ça nous donnera du temps pour évaluer encore mieux un gars comme Brett Kulak. Si ce n’était pas Karl, nous aurions eu besoin de renvoyer un Kulak ou un Mete à Laval. Nous désirons gagner du temps. Kulak a joué seulement deux rencontres.

Nous avons regardé et réalisé qu’il y a plusieurs équipes avec de nombreux blessés parmi leurs défenseurs, a-t-il continué. Nous avons plusieurs défenseurs avec de bons contrats pour le plafond salarial. Les autres équipes auraient pu réclamer un de nos défenseurs. Nous ne voulons pas perdre un défenseur. C’est une rareté dans la LNH, la profondeur à la ligne bleue.»

Bon coéquipier

Le CH a ainsi eu la sagesse de ne pas soumettre les noms de Xavier Ouellet (700 000 $) ou de Mike Reilly (725 000 $) au ballottage.

Dès le premier match de la saison, Julien avait affiché ses couleurs avec l’ancien défenseur des Capitals de Washington en le plaçant dans les gradins pour la visite à Toronto. Âgé de 30 ans, Alzner a participé à seulement huit rencontres cette saison. Il a regardé 16 fois ses coéquipiers de la passerelle de presse.

«Il est un gars d’équipe, il a une approche incroyable, a mentionné Julien. Je sais qu’il ne changera pas. Ça ne veut pas dire que c’est une situation irréparable, il y a des chances de le revoir. Mais pour l’instant, on s’attend à ce qu’il se rapporte à Laval.»

Dans le vestiaire du CH, Brendan Gallagher a aussi décrit le numéro 27 comme un coéquipier exemplaire.

«Je me sens mal pour Karl, c’est la portion difficile de notre sport. Karl est un coéquipier exceptionnel. Il ne vit pas une situation évidente depuis le début de l’année en se retrouvant dans les gradins assez souvent, mais il n’a jamais dit un seul mot de négatif.

«Il a toujours gardé une attitude positive. J’espère que les plus jeunes ont regardé dans sa direction pour voir son attitude. Il est un pro, il continue d’aider ses coéquipiers et il garde le sourire.»

Économie possible

Si Alzner devait poursuivre sa saison à Laval, dans la Ligue américaine, il gagnerait le même salaire, soit 6 millions $, pour la saison 2018-2019.

Le CH économiserait toutefois 1,025 million $ sur son salaire en l’envoyant dans la Ligue américaine. À la fin de l’année, Bergevin aura l’option de racheter les trois dernières années de son contrat aux deux tiers du montant restant (9,625 millions $) et de l’échelonner sur le plafond salarial sur une période de six ans.

Le salaire d’Alzner dans la masse salariale de l’équipe est de 4,625 millions $ (moyenne annuelle du contrat) jusqu’en 2021-2022.