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Golf

Phil Mickelson remporte «Le Match»

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Il était minuit moins une, vendredi en début de soirée, quand Phil Mickelson a calé un roulé de moins de quatre pieds au quatrième trou de prolongation pour empocher la coquette somme de 9 M$. Sans cette prolongation, ce duel au sommet contre Tiger Woods ne passerait certainement pas à l’histoire.

«Lefty» et Tiger n’ont pas brillé de tous leurs feux sur le splendide parcours de Shadow Creek, situé au nord de Las Vegas. Dans ce combat de poids lourds monté en épingle depuis la fin d’août, ils ont laissé des téléspectateurs sur leur appétit durant plus de quatre heures dans cette formule de partie par trou.

Si Mickelson frappait des balles de feu depuis les tertres en touchant toutes les allées devant lui, son jeu court faisait toutefois défaut, comme celui de Woods.

Ça ne l’a toutefois pas empêché de prendre rapidement les devants par un trou au second fanion quand il a vu son rival aux 14 titres majeurs rater un court roulé de trois pieds. Woods a ensuite repris son dû au septième avant de tirer à nouveau de l’arrière au drapeau suivant.

Mais il a fait tourner le vent en orchestrant une poussée dès le début du retour. En réalisant des oiselets aux 10e, 11e et 12e trous, il a pris les commandes pour la première fois du match. Il n’a pu les conserver bien longtemps alors que son rival a créé l’égalité grâce à une superbe approche sur la normale 3 suivante. Mickelson a ensuite repris les devants.

Coup d’éclat de Tiger

Voyant son heure arrivée au 17e tandis qu’il accusait un retard d’un trou, le «Tigre» a rugi avec un coup d’éclat depuis la bordure du vert. Il a calé son approche coupée, évitant ainsi la défaite. «Si je ne le réussissais pas, je pouvais perdre le match. Il fallait la perfection pour ensuite me donner une chance de gagner», a-t-il raconté.

En mission pour venir hanter à nouveau son adversaire des 20 dernières années, il a d’abord généreusement offert un roulé de trois pieds à Mickelson sur le 18e vert avant de se diriger vers le premier trou de prolongation. Il ne voulait surtout pas gagner en voyant son adversaire rater un court roulé. Il voulait le faire avec panache. C’est à ce premier trou supplémentaire qu’il aurait pu fermer les livres, mais son roulé ascendant de cinq pieds ne s’est jamais rendu à la coupe.

Sous les projecteurs

Les deux golfeurs dans la quarantaine en ont donc décousu sous les réflecteurs alors que les officiels avaient aménagé un tertre près du pavillon.

«J’ai tellement apprécié cette journée et cette opportunité de rivaliser homme à homme contre Tiger. Je sais qu’il répète souvent qu’il est supérieur par l’ensemble de son œuvre, mais cette victoire est importante pour moi, a signalé Mickelson. Chaque fois que je vais te croiser, je vais te rappeler que j’ai gagné ce match.»

«Je sais que ce n’est pas le Tournoi des Maîtres ou l’Omnium des États-Unis, mais c’est agréable de t’avoir battu ici», a-t-il ajouté en regardant Woods droit dans les yeux, l’air taquin.

«C’était un match divertissant. J’ai eu plusieurs bonnes opportunités de caler des roulés importants pour mettre la pression sur Phil. Ce n’est pas arrivé. J’aurais pu en finir avec un roulé de quatre pieds.

«Et que dire de mes approches en prolongation. Comment ai-je pu rater le vert deux fois depuis 93 verges avec un lob wedge en main», s’est-il ensuite questionné en autodérision.

«C’était très compétitif. Il y avait énormément de pression. Nous avons terminé ce match en prolongation, à la noirceur et sous les projecteurs. On ne pouvait faire mieux», a résumé le «Tigre», qui a signé une carte de 69 (-3), comme Mickelson.

C’est d’ailleurs l’énorme enjeu monétaire et l’esprit de compétition qui ont changé la donne au cours du duel. Alors qu’on s’attendait à une pluie de flèches empoisonnées entre les deux belligérants comme ils l’avaient promis, on est resté sur notre faim. Quelques blagues ici et là ont pimenté le spectacle, sans plus.

Pour l’une des rares fois depuis deux décennies, c’est le gaucher qui s’est imposé, lui permettant de faire sauter la banque.