Barry Bonds

Photo : Barry Bonds Crédit : AFP

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«Barry Bonds n’avait pas de classe»

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Au fil des années, Claude Lavoie, ancien responsable du vestiaire des clubs visiteurs à l’époque des Expos de Montréal, aura développé des amitiés avec les Tommy Lasorda, Rusty Staub et Gary Carter, pour ne nommer que ceux-là. Au contraire, il n’aura jamais porté dans son cœur un joueur comme Barry Bonds.

«Nous nous sommes jamais chicanés lui et moi, mais je peux vous dire que ce gars-là n’avait pas de classe, mentionne-t-il à propos de Bonds. C’était un être désagréable et il avait la tête enflée pas mal.»

Lavoie se souvient particulièrement d’un séjour de Bonds à Montréal, à l’époque où celui-ci défendait les couleurs des Pirates de Pittsburgh.

La scène est survenue en 1990. Cette année-là, Tim Wallach avait représenté les Expos au match des étoiles et il avait demandé exceptionnellement à Lavoie de conserver une douzaine de balles pour les faire autographier, durant le reste de la saison, par les autres joueurs ayant participé avec lui à la classique annuelle.

«À la fin, il ne manquait que la signature de Barry Bonds, a raconté Lavoie. J’avais été le voir en lui demandant s’il pouvait le faire, à un moment ou à un autre, durant son séjour de trois jours à Montréal. Je lui avais laissé les balles à son casier. Au troisième jour, je suis allé le voir pour récupérer les balles, mais il ne les avait toujours pas signées. Je lui ai demandé à nouveau s’il pouvait les autographier pour Tim avant de partir.

«Il a finalement accepté de signer les balles, mais une fois que c’était fait, il a volontairement renversé la boîte de balles par terre dans le vestiaire. Il y avait de l’eau et elles s’étaient retrouvées complètement souillées.»

À ce qu’on dit, Wallach n’était pas très content. Lavoie non plus d’ailleurs.

Aujourd’hui âgé de 78 ans, il a pu replonger dans ses souvenirs, drôles et moins drôles, alors qu’on lui a remis un prix hommage décerné par le Temple de la renommée du baseball québécois lors d’une soirée tenue au Château Mont-Sainte-Anne, samedi soir. Le moment était venu de souligner son implication dans le monde du baseball durant une bonne partie de sa vie.

Ayant travaillé chez les Expos de 1969 à 1993, cet ancien policier a d’abord été agent de sécurité avant de devenir, en 1971, responsable du vestiaire des clubs adverses.

«Tu reçois des joueurs qui sont seulement de passage, c’était donc important de créer une bonne relation assez rapidement, a noté celui qui a œuvré au parc Jarry avant de faire le saut au Stade olympique avec l’équipe montréalaise. Pour être bon dans ce métier-là, il faut de l’entregent et surtout, il ne faut pas avoir peur de travailler.»

«C’était souvent sept jours sur sept, de 18 à 21 heures par jour», a-t-il estimé, énumérant ses tâches qui allaient du ménage au lavage, en passant par les nombreuses commissions à faire pour les visiteurs.

Il y a de ces soirs où Lavoie dormait même au bureau... 

Une visite spéciale

Dans ce contexte, c’est évidemment avec une certaine émotion que Lavoie s’est pointé au Stade olympique, au début du mois, pour prendre part à une séance de photos en marge du présent reportage.

«Ça faisait plus de 20 ans que je n’avais pas mis les pieds ici», a-t-il confié.

Après quelques minutes passées à la rotonde, où il a été possible de feuilleter son album de souvenirs et découvrir ses nombreuses photos dédicacées, le moment était venu, avec l’accord des dirigeants du Parc olympique, d’accéder au stade et au fameux vestiaire dont il était le responsable.

«Ce vestiaire, c’était ma maison, a exprimé Lavoie. Quand je n’étais pas chez nous, j’étais là.»

«Pour moi, de revenir au Stade olympique, j’ai trouvé ça extraordinaire, a-t-il repris. J’étais enchanté, touché. C’était une journée inoubliable!»