Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Paul Rivard

Les «Indiens» et le sport

Les «Indiens» et le sport

Paul Rivard

Publié 14 novembre 2018
Mis à jour 14 novembre 2018

Il y en a beaucoup. Vraiment beaucoup.

Les premières nations de l’Amérique ont longtemps fourni des symboles très prisés par les dirigeants d’équipes sportives aux États-Unis, principalement, ainsi qu’au Canada, dans une moindre mesure.

Sans oublier que l’ignorance de l’histoire, à l’époque, désignait à tort ces Premières Nations, ces Autochtones, ces Amérindiens du titre d’INDIENS. Ils faisaient donc, dans les premières décennies des années 1900, des symboles amusants et divertissants pour illustrer l’attitude combative des athlètes.

Ce n’est plus acceptable depuis longtemps, et c’était toléré. C’était le statu quo.

Mais il y a de l’espoir.

Depuis une dizaine d’années, un mouvement prend de plus en plus d’ampleur à travers le continent afin de faire disparaître ces noms d’organisations ainsi que certaines mascottes s’y rattachant, afin que soient respectés l’image des premiers habitants de ces pays.

Très près de nous, l’Université McGill, de Montréal, fait face à une pression grandissante afin que les «Redmen» changent le nom de leurs équipes masculines.

La fin des Redmen?

Un référendum, le 12 octobre, a été tenu par le corps étudiant qui s’est dit massivement en faveur de l’abolition de ce nom controversé.

Et ce, malgré l’insistance de certains dirigeants. Comme il est précisé dans cet article du quotidien montréalais The Gazette. En effet, la direction persiste à dire que ces «hommes rouges» étaient ainsi nommés en référence aux origines celtes d’athlètes aux cheveux ...roux. Si cette référence, datant de 1920, a déjà eu de solides assises, elle en a perdu, 40 ans plus tard, quand les équipes s’appropriaient des vêtements et objets directement liés aux Amérindiens, en plus de s’affubler de surnoms d’Indiens et de Squaws, pour ses équipes masculines et féminines.

Les temps ont changé et on peut prévoir que ce nom disparaîtra éventuellement, comme plusieurs autres dans le monde du sport nord-américain.

Plusieurs... plusieurs... plusieurs... plusieurs autres.

Une longue liste

Car il y en a des centaines. Que dis-je, des milliers de ces noms d’équipes qui étaient tolérés il y a 30 ou 40 ans, le sont de moins en moins. Pour ne pas dire plus du tout.

Lisez bien ce qui suit.

Sur des terrains de sport de l’Amérique, il y a encore... des Sauvages, des Indiens, des Peaux-Rouges, des Hommes Rouges, des Gros Rouges, des Rouges, des Braves, des Apaches, des Comanches, des Cherokees, des Sioux, des Séminoles, des Mohicans, des Hurons, des Mohawks, des Aztèques, des Guerriers, des Sachems, des Hommes des Plaines, une Tribu, des Tomahawks, des Flèches, des Flèches Indiennes, les Scouts, des Sang-Mêlés...

Vous êtes surpris? Essouflés?

Si la réponse est non, alors tapez-vous ce «recensement» à cette adresse internet et vous m’en donnerez des nouvelles. Vous défilerez 63 écrans d’ordinateurs, dont 54 seulement pour la nomenclature. Et plusieurs de ces pages d’écrans affichent les noms en ...TROIS colonnes.

Toujours dans le même ordre d’idées, il y a quatre ans, le site fivethirtyeight.com, avait compilé une liste de ces noms controversés les plus en vogue. Avec une base de données comprenant plus de 42 000 équipes, on y  découvrait que les Warriors (Guerriers) étaient les plus populaires avec 760 formations qui l’utilisaient. C’était suivi des Indiens, avec 493, puis des Raiders (343).

Il est difficile de prédire quand seront acceptés, puis matérialisés les changements de noms de toutes ces organisations. Mais la tendance semble immuable.

Par simple logique. Par simple respect.

Quelques noms controversés...

LNH

Blackhawks de Chicago

MLB

Braves d’Atlanta

Indians de Cleveland

NFL

Redskins de Washington

Chiefs de Kansas City

LCF

Eskimos d’Edmonton

LCH

Warriors de Moose Jaw

Winterhawks de Portland

Thunderbirds de Seattle

Chiefs de Spokane