Boxe

La ruse et l’expérience, les clés de Jean Pascal

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Au cours des dernières années, Jean Pascal a souvent mentionné qu’il était rendu un vétéran de la boxe et qu’il avait encore de l’essence dans le réservoir. Il aura la chance de le prouver, la semaine prochaine, alors qu’il croisera le fer avec le champion WBA des mi-lourds, Dmitry Bivol.

Pour Pascal (33-5-1, 20 K.-O.), c’est une opportunité en or. D’ailleurs, c’est pour cette raison qu’il a décidé de prolonger sa carrière après sa victoire convaincante contre Ahmed Elbiali en décembre dernier.

En Bivol (14-0, 11 K.-O.), il affronte un boxeur talentueux qui tentera de se servir de la notoriété de Pascal pour faire monter la sienne sur la scène internationale. On peut tracer un certain parallèle entre ce combat et ceux qu’avait livré Pascal à Bernard Hopkins en 2010 et 2011.

«Il y a quelques années, c’est moi qui avais le rôle de Bivol. J’étais un jeune champion qui voulait faire son nom en étant affamé et fringant, a raconté Jean Pascal lors d’un entraînement public hier. Aujourd’hui, je suis dans la position qu’occupait Hopkins à l’époque.

«Je me sens bien dans ce rôle-là. Au fil du temps, j’ai fait le tour du jardin et j’ai pris de la maturité. Je connais mon métier et mon sport.»

On se souvient que Hopkins, un maître dans l’art de la joute verbale, était parvenu à déranger Pascal sur le plan psychologique. L’ancien champion du monde a souvent indiqué que ce fut la seule fois de sa carrière qu’un adversaire avait été capable de rentrer dans sa tête.

«Il avait été très rusé. Il s’était servi de son expérience pour gagner le deuxième combat, a raconté Pascal qui en sera à son 10e combat de championnat du monde à Atlantic City. Je vais tenter de faire la même chose contre Bivol.

«J’ai plus de knock-out à ma fiche que Bivol a de combats. Je vais utiliser mon expérience à bon escient. Je dois boxer à la hauteur de mon talent.»

Une bonne commande

Bivol est le style de pugiliste qui impose une cadence élevée tôt dans le combat. Pour avoir une chance de l’emporter, Pascal devra trouver une façon d’amener de ralentir les ardeurs de son opposant afin de mettre son plan à exécution.

Le boxeur et son entraîneur Stéphane Larouche n’ont pas voulu divulguer les détails de leur stratégie pour causer une surprise de taille. Ils ont cependant confirmé que Roy Jones fils les avait aidés pour la conception du plan de match. L’ancien boxeur était dans le coin d’Isaac Chilemba lorsqu’il a affronté Bivol en août dernier.

«On s’est parlé à quelques reprises, a souligné Pascal. Il m’a donné son point de vue pour le combat. Il nous a donné un coup de pouce pour élaborer notre tactique.»

La bonne nouvelle, c’est que le Québécois ne se battra pas en terrain hostile comme il l’a déjà fait en Angleterre contre Carl Froch.

«À Atlantic City, je vais me sentir un peu à la maison même si Bivol pourrait avoir la faveur des juges parce qu’il est le champion. Ce ne sont pas les juges qui font gagner ton combat, mais ton talent et ton expérience.»

«Ma motivation et ma testostérone sont dans le plafond en ce moment.»

Ne pas avoir de regret

Lors du duel de Pascal contre Elbiali l’an dernier, Stéphan Larouche avait martelé aux médias que son boxeur devait tout faire pour ne pas avoir de regrets lorsqu’il quittera le ring après le combat.

Il a chanté le même refrain hier pour le choc contre Bivol.

«C’est peut-être sa dernière chance, a indiqué Larouche. S’il gagne, les portes vont s’ouvrir. Il ne faut pas avoir de regrets. Il faut livrer la marchandise.

«On a vu lors du combat Canelo-GGG qu’il y a des rounds qui se gagnent par un coup de poing. À la fin, c’est ce coup qui t’a fait gagner.»