Crédit : John Hefti-USA TODAY Sports

MLS

Marc Dos Santos veut être une source d’inspiration

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Les deux dernières semaines ont été pour le moins mouvementées pour Marc Dos Santos. Il a vécu l’élimination du Los Angeles FC, dont il était l’entraîneur adjoint, pour ensuite être nommé entraîneur-chef des Whitecaps de Vancouver, mercredi dernier.

«On a eu beaucoup de travail pour préparer le match contre Salt Lake, mais je savais que ça allait fonctionner à Vancouver», a-t-il relaté au bout du fil plus tôt cette semaine.

«On finalisait les détails de mon contrat. Deux ou trois jours après, j’étais à Vancouver. Dimanche a été la première journée de congé depuis longtemps», a soutenu l’homme de 41 ans.

En devenant l’homme de confiance à Vancouver, il devient le second Québécois à devenir entraîneur-chef dans la MLS après Mauro Biello.

Fierté

«Je me sens fier qu’une équipe comme Vancouver puisse contribuer à donner de l’espoir aux jeunes entraîneurs canadiens.»

À ce titre, Dos Santos espère devenir un modèle pour les jeunes entraîneurs qui espèrent un jour marcher sur ses traces.

«Je veux que les jeunes coachs qui rêvent de devenir entraîneur professionnel voient de l’espoir dans ma nomination.»

Ce qu’il fait savoir, c’est que si ça n’avait pas été à Vancouver, ça aurait pu être ailleurs puisqu’il avait précédemment eu des contacts avec Portland et San Jose, quand ces clubs ont changé d’entraîneur dans les derniers mois.

«Je savais que je frappais à la porte et qu’elle allait s’ouvrir. Vancouver m’a présenté le projet, le challenge, et je reviens au Canada en plus.»

Construire quelque chose

À Vancouver, Dos Santos entend modeler l’équipe à son image et surtout implanter une culture de gagnant.

«Il y a des choses que j’aime et d’autres qui ne font pas partie de mon ADN et il y a des changements à faire», analyse-t-il en pensant au chantier qui l’attend dans les prochains mois.

«On va pouvoir garder la colonne vertébrale de l’équipe, mais il y a de la flexibilité et c’était important pour moi de pouvoir bouger.»

«C’est une équipe que je connaissais bien, on l’a affrontée deux fois et je la suivais, notamment par le Championnat canadien.»

Identité

Dos Santos le sait, les prochains mois seront très chargés pour lui parce qu’il va revoir la manière de faire de fond en comble.

«Je veux surtout construire une identité dans le club pour qu’il ait un ADN de jeu très défini et qu’on puisse construire un département de dépistage et que le chef du recrutement comprenne notre mentalité et l’ADN qu’on cherche chez les joueurs pour minimiser les erreurs.»

«Je veux me concentrer sur les fondations. Avant, on se concentrait sur l’équipe sur le terrain, mais pas assez sur les fondations, pour avoir une base constante.»

Sa première tâche sera de former son personnel d’entraîneurs, qui pourrait comprendre son frère Phillip, avec qui il a travaillé à Ottawa et San Francisco. Mais comme son frérot est actuellement sous contrat avec Indianapolis, en USL, il ne veut pas trop s’avancer.

Sans Davies

L’arrivée de Dos Santos coïncide avec le départ de la pièce maîtresse des Whitecaps, le milieu de terrain Alphonso Davies, qui va prendre le chemin du Bayern Munich après les Fêtes.

Pas facile de se passer d’un surdoué de 18 ans qui a amassé 8 buts et 11 passes en 31 matchs à sa troisième saison professionnelle.

«C’est impossible de remplacer Alphonso pour son âge, de remplacer ce qu’il amenait à l’équipe, mais aussi à la MLS.»

«C’est pourquoi un géant comme le Bayern Munich a payé cher pour l’avoir. Je me concentre à amener quelque chose qui fera en sorte que nous serons plus fort sur le plan collectif plutôt que de le remplacer.»

Douze ans plus tard

Un coup de fil a eu à la fois l’effet d’une bombe et d’un grand soulagement dans la vie de Marc Dos Santos. C’était le vice-président aux opérations soccer des Whitecaps, Greg Anderson, qui appelait.

«Quand Greg m’a appelé pour m’annoncer qu’ils me voulaient, je me suis dit que c’était 12 ans de travail qui aboutissait. Ça venait aussi avec la sensation que c’était le début de quelque chose.»

Au cours de ces 12 années, il s’est promené de Trois-Rivières à Montréal en passant par le Brésil, Ottawa,

Kansas City et San Francisco avant de se retrouver à Los Angeles cette saison.

«Ces 12 années m’ont préparé pour obtenir ce poste et le vrai travail commence.»

Parcours du combattant

Le parcours de Marc Dos Santos n’a rien d’ordinaire, surtout qu’il a gagné presque partout où il a passé malgré des conditions qui n’étaient pas toujours en sa faveur.

«Je n’ai jamais joué à un haut niveau. Depuis l’Attak de Trois-Rivières que je dois me prouver. Avec l’Impact, j’étais trop jeune, au Brésil j’étais canadien et pour eux, les Canadiens ne connaissent rien au soccer. Pourtant, j’ai gagné un championnat junior qui est très difficile à gagner.»

«À Ottawa, c’était une équipe d’expansion en NASL, on a gagné le championnat d’automne alors qu’à San Francisco, c’était impossible parce que c’était une équipe de première année et qu’elle ne reviendrait pas la saison suivante. Pourtant, on a gagné le championnat.»

Bref, la pression n’est pas le genre de truc qui étouffe ou incommode Dos Santos. Il a appris à vivre avec.

«La pression, je l’ai toujours eue, je me suis toujours poussé. Je sais que les gens à Vancouver veulent gagner, alors je dois me concentrer sur ce que je peux contrôler, soit mon travail, mon ambition, le travail sur le recrutement.»

Ambition et danger

À 41 ans, Dos Santos est loin de croire qu’il est au sommet de sa gloire maintenant qu’il a enfin obtenu un poste d’entraîneur-chef dans la MLS. C’est même tout le contraire.

«Je ne crois pas que je suis arrivé, j’ai d’autres rêves. Je veux coacher en Europe, coacher une équipe nationale.»

Il faut dire qu’il n’a jamais eu peur de se mettre en danger et de sauter dans le vide pour avancer.

«J’aurais pu quitter l’Impact, devenir un directeur technique au Québec, ça aurait été la sortie facile, mais je voulais atteindre des rêves.»

«Quand on regarde en arrière, tous les sacrifices m’ont permis de devenir meilleur. J’ai fait des erreurs, mais je me suis amélioré.»

Finalement, tous les sacrifices que sa famille et lui se seront imposés auront rapporté.

«Si tu regardes toutes les personnes qui ont eu du succès dans leur vie, que ce soit en affaires ou dans le sport, j’en connais très peu qui n’ont pas fait de sacrifices.»