2016 Memorial Cup - Championship

Crédit : AFP

LHJMQ

Gilles Bouchard: une vie qui a complètement changé

Gilles Bouchard: une vie qui a complètement changé

Mikaël Lalancette

Publié 13 novembre
Mis à jour 13 novembre

En quelques minutes, la vie de Gilles Bouchard a complètement changé lors du dernier repêchage de la Ligue nationale de hockey à Dallas.

Le départ de l’entraîneur adjoint Jeff Halpern pour Tampa Bay a créé une ouverture dans le club-école du Lightning dans la Ligue américaine.

Benoit Groulx, l’entraîneur-chef le plus titré de l’histoire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, avait Gilles Bouchard sur sa courte liste de candidats intéressants pour le poste d’adjoint chez le Crunch de Syracuse.

Les deux parties se sont rencontrées une première fois aux petites heures le vendredi matin, à quelques heures de la prestigieuse première ronde du repêchage. Les choses ont déboulé par la suite.

Gilles Bouchard, qui agissait comme entraîneur-chef et directeur général des Huskies, a remis sa démission quelques jours plus tard.

Un véritable jeu de dominos s’est opéré dans la LHJMQ.

Mario Pouliot a quitté le Titan pour le remplacer à Rouyn-Noranda et Bryan Lizotte a remplacé Mario Pouliot à Bathurst. Ce dernier vient de quitter le Titan et c’est Mario Durocher qui s’emparera des commandes de l’équipe.

Le bonheur des uns fait... le bonheur des autres.

Je suis allé voir le Crunch lors de la visite de l’équipe à Toronto à la fin octobre.

Syracuse ne connaît pas un grand début de saison : une fiche de 5-5-1-0 après 11 parties, ce qui confère au Crunch le 28e rang sur 31 formations.

L’équipe a plusieurs blessés à long terme, une lourde commande pour les jeunes de l’organisation.

Gilles Bouchard ne regrette rien. Il aime sa nouvelle vie.

«Tu travailles avec des pros, les choses se passent différemment, reconnaît le Bleuet d’origine. Veut veut pas, après cinq ans au même endroit dans le hockey junior, tu tombes dans une certaine zone de confort. Je ne cherchais pas à partir de Rouyn-Noranda. Tout le monde sait que j’étais bien là-bas. Je voyais qu’il y avait une belle opportunité.»

Bouchard est toujours en mode apprentissage.

«C’est un challenge à tous les jours. La communication est importante pour moi. On demeure une ligue de développement. Les gars sont des professionnels, plusieurs ne sont pas loin de la Ligue nationale. Je suis là pour les aider. C’est un bonus chaque fois qu’il y en a un qui monte en haut.»

L’ancien pilote des Huskies a beau être un entraîneur recrue dans la Ligue américaine, le natif de Normandin a tout de même hérité de responsabilités importantes.

Bouchard est impliqué dans la préparation des matchs et passe une bonne partie de son temps à enseigner aux joueurs sur la glace et lors des rencontres individuelles, en plus de la gestion du jeu de puissance.

Il a l’occasion de devenir un meilleur entraîneur. «Ça me permet de connaître la ligue, de connaître les joueurs, d’améliorer mon anglais dans un milieu anglophone, de voir comment ça se passe avec des pros», détaille-t-il.

Benoit Groulx, le pilote du Crunch, aime bien ce qu’il voit de son nouvel adjoint. Les deux sont mêmes devenus voisins à Syracuse!

«Ben ne me magane pas trop!» rigole Gilles Bouchard lorsqu’on lui pose question.

«Quand il est sur la glace, il réussit à soutirer 100% de ses joueurs, à établir un sentiment d’urgence, explique l’entraîneur-chef. Les joueurs sont chanceux de l’avoir. Quand il embarque sur la glace, ça déménage!»

Groulx s’empresse d’ajouter «et j’aime ça!»

S’il y a un entraîneur qui sait à quel point c’est difficile pour les entraîneurs québécois d’accéder aux rangs professionnels, c’est bien Benoît Groulx.

Mais le principal intéressé ne sent pas qu’il a fait une fleur à Gilles Bouchard en l’attirant dans la Ligue américaine.

«On lui a donné une chance car il l’a méritée, observe-t-il. Quand tu regardes son passé, il a connu du succès partout : dans le midget, dans le junior, dans les rangs universitaires... Il a remplacé André Tourigny et a dirigé une des meilleures équipes de l’histoire de la Ligue du Québec il y a trois ans. Quand tu réussis tout ça, il faut que tu aies du talent.»

On y revient toujours, aux Huskies. Le destin de Gilles Bouchard y est intimement lié.

Le père de deux jeunes adultes, Xavier et Sandrine, est fier du travail qu’il a accompli en Abitibi.

De l’édition championne des Huskies en 2016, plusieurs sont parvenus à atteindre la LNH. Certains pourraient y connaître une très belle et longue carrière.

On peut penser aux Timo Meir, AJ Greer, Jérémy Lauzon, Philippe Myers, Alexandre Fortin...

Gilles Bouchard a surveillé de près l’ascension de Jérémy Lauzon à Boston.

«Je lui ai écrit après son premier match dans la Ligue nationale. Je lui ai dit que j’étais fier de lui, d’en profiter au maximum. Il ne l’a pas eu facile, il a vécu toutes sortes de choses. Mais "Jay" est un orgueilleux et il n’a jamais abandonné.»

Bucher et travailler...

Benoit Groulx et Gilles Bouchard s’y connaissent plutôt bien en la matière.