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Crédit : AFP

LNH

Brodeur et St-Louis: des grands!

Brodeur et St-Louis: des grands!

Stéphane Auger

Publié 12 novembre 2018
Mis à jour 12 novembre 2018

Martin Brodeur et Martin St-Louis ont fait leur entrée au Temple de la renommée du hockey, lundi soir. J’ai eu le privilège de voir évoluer ces deux grands joueurs des rangs midget jusqu’à la LNH.

Martin Brodeur

J’ai arbitré Martin à l’époque ou il était dans le Midget AAA, mais je me souviens surtout de ses débuts dans la LHJMQ alors qu’il évoluait avec St-Hyacinthe. J’étais juge de lignes à l’époque.  Nous sommes tout deux des produits de la défunte région Bourassa!

Brodeur a ensuite fait le saut chez les professionnels alors que je poursuivais mon stage junior comme arbitre. J’ai rejoint Martin en 2001 quand j’ai fait le saut dans la LNH.

Brodeur était de commerce agréable sur la glace, mais il était aussi tout à fait capable de te faire savoir si l’arbitrage ne faisait pas son affaire. Je vous dirais que je ne me lassais jamais de le voir jouer la rondelle près de son filet. À partir de 2005, nous devions appliquer une nouvelle règle qui empêchait les gardiens de jouer la rondelle dans les coins. Une résultante directe du jeu de Brodeur. Je n’ai jamais aimé cette règle. Pour moi, c’était un nivèlement par le bas.

C’est mon humble opinion.

Je me souviens d’un soir d’octobre de 2010 où les Devils jouaient contre les Canadiens au Centre Bell. Brian Gionta, un ancien coéquipier de Brodeur, venait de se joindre au CH. Ce soir-là, j’avais décerné deux pénalités à Gionta pour être entré en contact avec Brodeur dans son demi-cercle. Je m’étais copieusement fait huer! Mais Gionta savait plus que tout que la meilleure façon de marquer était de déranger son ancien coéquipier!

Martin St-Louis

C’est bien connu, St-Louis a trimé dur pour accéder à la LNH. J’ai arbitré Martin alors qu’il évoluait dans le Midget AAA avec les Régents. Je l’ai aussi arbitré la saison suivante dans la ligue junior tiers-2 (junior AAA aujourd’hui) alors qu’il évoluait pour le National de Joliette. Il a ensuite quitté pour l’Université du Vermont et nous nous sommes retrouvés dans les rangs mineurs professionnels d’abord à Cleveland, dans la Ligue internationale et ensuite à Saint-Jean dans la Ligue américaine.

Martin est l’un des joueurs les plus intenses que j’ai côtoyé. Il jouait avec une fougue hors du commun. Quand il s’adressait à moi, il le faisait avec la même intensité. On dirait qu’il avait les yeux sortis des orbites et le ton était sec.

Un soir de janvier, en 2011, alors que je travaille sur un match entre le Lightning et les Penguins à Pittsburgh, je décerne une pénalité à Victor Hedman pour avoir frappé Sidney Crosby par derrière. Après Steven Stamkos, St-Louis me laisse savoir son mécontentement.

Après un échange animé, nous nous sommes calmés et je pense qu’il a respecté ma décision. Pour la petite histoire, Crosby allait manquer les trois mois suivants, victime d’une commotion. J’imagine que j’avais fait le bon «call». J’ai beaucoup de respect pour St-Louis, il était vrai et tu savais à quoi t’en tenir!

Gary Bettman

M. Bettman est arrivé en 1993 à la LNH. Je suis devenu stagiaire en 1994, alors il a été le seul grand patron que j’aie connu lors de ma carrière. Il s’adressait au groupe en début de saison, mais nous avions rarement l’occasion de lui parler.

En 2001, alors que j’en étais à ma première saison, j’ai été sélectionné pour travailler en séries. J’étais dans le New Jersey. Je travaillais avec Don Koharski et l’arbitre suppléant était Kerry Fraser, deux jeunes premiers!

J’étais dans mon coin, tranquille, quand la porte du vestiaire s’est ouverte. M. Bettman venait nous saluer avant le match. Koharski se retourne et mentionne à M. Bettman que c’était ma première année en séries. M.Bettman a répondu « félicitations ». J’étais ravi, avant de rajouter « don’t f#$* it up kid! ».

Les gars sont partis à rire et il a ensuite quitté la chambre... Aucune pression.

La partie s’est très bien déroulée.

Félicitations, messieurs.