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F1

Lewis Hamilton fait coup double

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Déjà sacré champion du monde des pilotes il y a deux semaines au Mexique, Lewis Hamilton est venu procurer la consécration suprême à une écurie de Formule 1: le titre des constructeurs.

Vainqueur dimanche du Grand Prix du Brésil, avant-dernière étape au calendrier 2018, le Britannique a signé la 72e victoire de sa glorieuse carrière, tout en assurant à Mercedes une cinquième couronne consécutive au tableau des équipes.

Max Verstappen (Red Bull) et Kimi Räikkönen (Ferrari), dans l’ordre, l’ont accompagné sur le podium. Lance Stroll s’est quant à lui contenté du 18e rang après s’être élancé de la 19e place sur la grille de départ.

«Quel putain d’idiot»

Parti en position de tête, Hamilton ne l’a toutefois pas eu facile, puisque cet autre succès n’aurait probablement pas été le sien si Max Verstappen, nommé sans surprise le pilote du jour, n’avait pas été impliqué dans un accrochage controversé avec Esteban Ocon (Racing Point Force India).

À bord de sa Red Bull, le prodige néerlandais était à orchestrer un deuxième gain consécutif en F1, ce qu’il n’a toujours pas réalisé, quand il a retrouvé le Français sur son passage au 44e tour alors qu’il occupait la tête de l’épreuve.

Verstappen a vu son rival, qui concédait pourtant un tour de retard, non seulement le doubler au freinage à la fin de la ligne droite de départ/arrivée, mais aussi lui résister à la sortie du deuxième virage.

Le contact a été inévitable entre les jeunes coqs et leurs deux monoplaces sont parties en tête-à-queue.

Quand ils ont pu prendre leurs trajectoires, Verstappen, furieux, a clairement démontré sa colère en lui dirigeant un doigt d’honneur et en le traitant de «putain d’idiot» sur les ondes radio.

Ocon a patienté deux tours

Une fois la course terminée, la discussion, encore plus musclée, s’est poursuivie dans le parc fermé où tous les pilotes doivent obligatoirement se présenter pour la pesée.

Des images captées par le réseau français Canal + montrent Verstappen s’en prendre verbalement et physiquement à son adversaire avait de quitter les lieux pour se rendre aux cérémonies d’après-course.

Le comportement d’Ocon en piste n’a pas échappé à la vigilance des commissaires qui l’ont forcé à purger une pénalité de dix secondes (stop and go) après l’incident.

«Il est sorti des puits devant moi et je suis resté derrière lui pendant deux tours, a expliqué Ocon. Mais j’étais plus rapide et mon ingénieur m’a conseillé de le doubler pour récupérer mon tour de retard.

«J’ai effectué la même manœuvre à l’endroit de Fernando Alonso ainsi que d’autres pilotes précédemment et tout s’était bien passé. Mais lui, il m’a fermé la porte injustement.

«Ce que je déplore le plus, c’est son comportement à la... dingue après la course. Il a commencé à me pousser et ce n’est pas sportif.»

Ocon et Verstappen n’ont fait que raviver de vieilles querelles qui datent de quelques années lors de leur parcours en F3.

Verstappen trop téméraire?

En sport automobile, les retardataires placés dans des situations semblables à Ocon (il occupait la 15e place quand il s’est chamaillé avec Verstappen) doivent respecter la consigne des drapeaux bleus qui les obligent à laisser le passage quand les meneurs apparaissent dans leurs rétroviseurs.

Mais il n’y a aucune règle qui stipule qu’un leader, moins rapide parce qu’il lève légèrement le pied pour sauver sa mécanique ou autre, ne peut être dépassé par un adversaire qui veut récupérer son tour.

On a vu fréquemment dans le passé des meneurs se faire doubler par des pilotes concédant un tour de retard. Sans vouloir défendre qui que ce soit, Verstappen avait sûrement constaté qu’Ocon roulait plus vite que lui.

Lui résister n’était pas la bonne démarche, d’autant plus qu’Hamilton n’était pas une menace sérieuse derrière lui...

«Cette course était la nôtre, a insinué Verstappen. Nous aurions dû gagner.»

Du pareil au même

Stroll et l’écurie Williams ont bien tenté d’améliorer leur sort après une séance de qualifications catastrophique, une autre, la veille.

Après s’être élancé de la 19e position quand les feux rouges se sont éteints, le pilote québécois a été l’un des premiers à s’arrêter (au 17e des 71 tours) pour changer ses pneumatiques.

La stratégie n’a pas réellement fonctionné puisqu’il s’est maintenu en queue de peloton pendant toute la course, tout en étant forcé à effectuer une deuxième halte au puits à six tours de la conclusion.

«Ce fut une course longue et difficile, a raconté Stroll. J’ai dû gérer ma course en fonction des meneurs à qui je devais laisser constamment le passage. La voiture était beaucoup trop lente.»

Stroll a été le dernier des pilotes à avoir rallié l’arrivée tout en concédant deux tours au vainqueur, comme en 2017. Et, comme si ce n’était pas suffisant, son coéquipier Sergey Sirotkin (16e) l’a une nouvelle fois devancé en tombée de rideau.

Comme quoi, les courses se suivent et se ressemblent pour le pilote montréalais.