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«Ubergate» : le chauffeur s'explique

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«Ce qui me dérangeait le plus, c’était que si j’avais un accident, mon assurance ne l’aurait pas couvert. La police d’un million de dollars aurait disparu très vite...»

Voilà l’une des explications de James Sparklin, le chauffeur de la compagnie Uber qui a diffusé la vidéo compromettante où sept joueurs des Sénateurs d’Ottawa écorchent l’instructeur adjoint Martin Raymond à Phoenix, le 29 octobre dernier.

Dans une entrevue accordée au quotidien «Ottawa Citizen», le même média qui a rapporté l’existence de ladite vidéo, le conducteur confirme qu'il a été congédié pour avoir pris «la décision la plus stupide de toute ma vie».

Non seulement l’extrait a-t-il créé un tollé à travers la ligue, l’initiative de l’employé a soulevé de nombreuses préoccupations concernant la vie privée brimée des passagers.

Les joueurs ont tous présenté leurs excuses et l’entraîneur-chef Guy Boucher a réitéré sa confiance en Raymond.

Les joueurs des Sénateurs réagissent - TVA Sports

«Un risque élevé»

En entrevue avec le «Citizen», Sparklin, un père de six enfants, dit avoir agi de la sorte parce qu’il était en furie pour «quelque chose survenu tôt dans le trajet en lien avec le nombre de passagers» à bord de son véhicule.

Il ne précise pas l’incident en question, mais selon lui, le fait de transporter sept athlètes bien payés «l’exposait à un risque élevé».

Appelé à justifier ses actions auprès de ses patrons, Sparklin s’est fait dire qu’il a agi à l’encontre de la politique de service d’Uber.

«Vous embarquez un groupe de gars qui se comportent comme une bande de gars», a-t-il déclaré, en guise d’explication, ajoutant que les joueurs des Sénateurs «voulaient rester ensemble».

Martin Raymond tourné en dérision par ses joueurs - TVA Sports

Pris de remords, Sparklin a ajouté que l’une de ses intentions était de montrer aux autres chauffeurs le comportement des athlètes de haut niveau en transport. Il assure qu’il ignorait la discipline sportive de ses passagers, lui qui a «assisté à un match de la LNH» dans toute sa vie.

«Je ne pensais pas du tout à mes actions. Je n’essayais pas d’obtenir de l’argent ou quoi que ce soit du genre. J'ai été contacté et l'ai tout de suite enlevé», a-t-il raconté.

«Cette vidéo est choquante. Je ne suis tout simplement pas habitué à ce genre de langage et à la façon dont ils parlent dans ce type d’atmosphère.»

Quelques jours après la révélation de la vidéo, Sparklin a peur de représailles envers lui, mais aussi ses enfants.

En Bref

D’après ses dires, Sparklin a installé la caméra dans son véhicule pour sa propre protection parce qu’Uber encourage l'utilisation d'appareils photo pour la protection de ses conducteurs.

Quelques semaines plus tôt, il a été impliqué dans un accident près de l'aéroport de Phoenix et dans lequel un automobiliste de 19 ans a causé 11 000$ de dommages à son véhicule.

Aucun avertissement à l'intérieur du véhicule ne prévient les passagers qu’ils sont en train d'être filmés.

En Arizona, la loi stipule que les conversations peuvent être enregistrées si l’une des personnes présentes donne son accord, selon l'«Ottawa Citizen».