Crédit : Sébastien St-Jean / Agence QMI

Impact

Impact: des grosses décisions à venir

Publié | Mis à jour

L’Impact de Montréal a franchi une étape importante, lundi, en se séparant de son directeur technique, Adam Braz, ce qui donne plus ou moins les pleins pouvoirs à l’entraîneur-chef, Rémi Garde.

Les quatre prochains mois seront très importants pour l’avenir du club montréalais.

Il faudra prendre les bonnes décisions afin de poursuivre dans le sillon de la bonne deuxième partie de saison 2018.

On a vu une équipe qui a développé sa personnalité sur et en dehors du terrain. Dans le soccer moderne, une identité claire et forte est essentielle et pour la première fois depuis qu’il a accédé à la Major League Soccer (MLS), le Bleu-Blanc-Noir est en train d’y parvenir.

Il sera donc important d’ajouter les bonnes pièces qui s’imbriqueront parfaitement avec celles déjà présentes pour rendre l’équipe encore plus efficace défensivement, et surtout beaucoup plus menaçante offensivement.

Bref, il est impératif de ne pas ébranler l’harmonie et l’équilibre qui se sont installés dans le groupe cette saison. Il faudra donc que les nouveaux venus aient une «plus-value».

Stabilité

Afin de savoir si le visage de l’équipe changera beaucoup d’ici le premier week-end de mars 2019, il faut se souvenir que l’équipe qui a terminé la saison 2018 avait 16 joueurs différents de ceux qui avaient conclu l’année 2017.

Il y a donc eu beaucoup de changements au cours de cette transition, qui s’est déroulée plutôt rondement avec l’ajout de quelques pièces importantes comme Rod Fanni, Bacary Sagna ou Saphir Taïder.

C’est donc dire qu’on risque de limiter le roulement d’effectif afin de pouvoir poursuivre le travail de fond fait au cours des huit derniers mois.

Il y aura des départs, c’est évident, il y en a même déjà eu quelques-uns, mais le chantier sera certainement moins élaboré que celui amorcé il y a un an.

Choix importants

Comme les départs ne seront pas nombreux, les arrivées seront elles aussi limitées.

L’équipe ne peut donc pas rater son coup et doit surtout éviter de revivre un fiasco comme celui qui a impliqué l’attaquant français Jimmy Briand.

Ils ont été nombreux à considérer que l’équipe a raté ses deux derniers mercatos parce qu’elle n’a pas été en mesure d’attirer un attaquant de premier plan et ils ont raison dans une certaine mesure.

N’empêche que l’hiver dernier, l’équipe a acquis Saphir Taïder, Rod Fanni, Alejandro Silva, Rudy Camacho, Jeisson Vargas et Zakaria Diallo. Les trois premiers ont été fort utiles, Camacho a été inégal, Vargas a été mystérieux et Diallo sera bon maintenant qu’il a retrouvé la santé.

Au cours de l’été, Bacary Sagna et Micheal Azira sont venus bonifier le travail défensif pendant que Quincy Amarikwa aura été un diachylon sur la fracture de l’attaque.

Gâtés

L’Impact doit donc concentrer ses efforts sur le recrutement d’un attaquant combatif, doué, mais aussi généreux et qui peut se mettre au service de l’équipe. Tout ça en cherchant aussi à acquérir un milieu offensif qui va compléter Nacho Piatti, Alejandro Silva, Saphir Taïder et le futur attaquant qui sera recruté.

Autrement dit, le Bleu-Blanc-Noir a besoin d’un joueur qui présente un profil similaire à celui de Federico Higuain, du Crew de Columbus. Un genre de maestro qui dirige la circulation et qui est tout aussi capable de marquer que de servir ses coéquipiers.

En attaque, les partisans sont plus exigeants parce qu’ils ont eu la chance de voir Marco Di Vaio et Didier Drogba à l’œuvre. Ça marque. Ils doivent aussi être prêts à accepter que parfois, un attaquant moins connu, mais efficace, ça peut aussi bien servir une équipe.

À quoi ressemblera l’Impact en 2019 ?

Gardiens

Toujours là

Evan Bush, Clément Diop, James Pantemis, Jason Beaulieu

L’équipe a une décision importante à prendre. À 32 ans, Evan Bush a donné un nouvel élan à sa carrière sous la direction de Joël Bats, qui a misé sur ses atouts pour le rendre encore meilleur. Bush a connu sa meilleure saison depuis qu’il est l’homme de confiance dans la cage du club. Il a effectué 132 arrêts, un sommet dans la MLS, en plus de récolter 10 blanchissages, un record d’équipe. Il a aussi présenté l’une des meilleures moyennes d’arrêts de la ligue à 71,7 %.

Le hic, c’est que Bush n’a pas de contrat pour la saison prochaine, mais il n’a pas encore accès à l’autonomie complète et à 157 925 $, il représentait une aubaine parmi tous les gardiens titulaires de la MLS. L’Impact doit donc décider s’il continue de se fier à un joueur qui lui a toujours été loyal.

La décision n’est pas nécessairement simple parce que Maxime Crépeau est toujours dans le portrait. Il n’a que 24 ans, mais il vient de tout casser dans la USL, où il a joué avec le Fury d’Ottawa en vertu d’un prêt de l’Impact. Même si le Fury n’a pas participé aux séries, Crépeau a connu une saison hors norme non pas en raison de sa fiche, 13-15-6, mais plutôt parce qu’il a établi un nouveau record du circuit de deuxième division avec 15 blanchissages.

Crépeau ne fait pas de cachette, il vise un poste de numéro un l’an prochain et si Bush reste avec le Bleu-Blanc-Noir, il est évident que Crépeau va demander à aller ailleurs. C’est donc la grosse décision qui attend Rémi Garde.

Considérant tout le bien qu’il pense de Bush, il ne serait pas étonnant qu’il choisisse la stabilité en continuant de faire confiance au portier américain.

Défenseurs

Toujours là

Bacary Sagna, Chris Duvall, Rod Fanni, Rudy Camacho, Zakaria Diallo, Victor Cabrera, Daniel Lovitz, Jukka Raitala, Michael Petrasso

Parti

Kyle Fisher

Il y a des décisions à prendre parce qu’il y a beaucoup de monde, surtout six joueurs internationaux. Dans un monde idéal, un joueur international devrait d’abord être un partant plutôt qu’un joueur de profondeur étant donné le peu de places internationales disponibles.

Les retours de Sagna et Fanni, malgré leur âge, semblent évidents et sont souhaités autant par les joueurs que par Rémi Garde.

La grande profondeur a coûté une place à Kyle Fisher et c’est sans doute le sort qui attend Micheal Petrasso et Victor Cabrera. Le premier n’a pas impressionné et le second libérerait une place internationale.

Rudy Camacho coûte cher avec un salaire de près de 700 000 $ et il a été inégal, lui dont il reste encore trois ans au contrat. Soit on décide de lui donner une seconde chance, soit on choisit de s’en départir par un transfert ou une libération pour investir l’argent autrement et pour récupérer une autre place internationale. Et n’oublions pas le repêchage d’expansion pour Cincinnati, le mois prochain.

Finalement, le jeune Thomas Meilleur-Giguère a fait très bonne figure pendant son prêt à Ottawa et semble être prêt à passer à l’étape suivante pendant que Daniel Kinumbe va commencer à vouloir sa place l’hiver prochain.

Milieux

Toujours là

Samuel Piette, Micheal Azira, Saphir Taïder, Ignacio Piatti, Alejandro Silva, Mathieu Choinière, David Choinière, Ken Krolicki, Shamit Shome et Jeisson Vargas

Parti

Louis Béland-Goyette

Voilà possiblement le poste où le moins de travail attend Rémi Garde, qui compte sur une profondeur acceptable et surtout sur des titulaires de bonne qualité. On doit conserver Micheal Azira, un joueur simple qui complète très bien Samuel Piette.

Le club devra se pencher sur Jeisson Vargas. Il a du talent, mais il n’a pas su profiter des chances qui lui ont été offertes. Voilà un autre cas de joueur de profondeur qui prend une place internationale. Il n’a que 21 ans, est-on prêt à démissionner trop tôt dans son cas ? La question mérite d’être posée.

Les frères Choinière représentent une partie de l’avenir du club alors il n’y a pas de raison qu’ils changent d’adresse.

On en revient donc à l’importance d’obtenir un bon milieu offensif qui va compléter Piatti, Taïder et Silva. Si les tâches des trois se trouvent un peu allégées par l’arrivée d’un joueur métronome, ils risquent d’être encore plus efficaces.

Pour un, Silva va devoir faire preuve de plus de constance parce qu’en 2018, il a enchaîné les matchs où il était génial et ceux où il avait les pieds pleins de pouces.

Attaquants

Toujours là

Anthony Jackson-Hamel, Quincy Amarikwa

Partis

Micheal Salazar, Matteo Mancosu

Voilà le principal trou à combler pour l’Impact et ce sur quoi Rémi Garde va certainement consacrer beaucoup d’efforts dans les mois à venir. Les attaquants de l’Impact n’ont inscrit que six buts en 2018, on comprend un peu mieux pourquoi l’équipe a souffert, surtout en début de saison.

Le statu quo ne peut plus durer et c’est pourquoi Matteo Mancosu ne sera pas de retour en 2019. Il aura été l’homme d’un automne.

Amarikwa pourrait faire une bonne doublure pour amener de l’énergie en fin de rencontre, mais il devra accepter une réduction de salaire, lui qui a empoché près de 290 000 $ cette saison, c’est trop cher pour un substitut.

Il y a finalement le cas complexe d’Anthony Jackson-Hamel. Depuis les bilans de la semaine dernière, il est évident qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde que Rémi Garde. D’un côté, le joueur considère qu’on ne lui en donne pas assez et de l’autre, l’entraîneur estime que le joueur en veut trop avant de commencer à en donner. C’est difficilement conciliable.

Le problème, c’est que Jackson-Hamel se voit comme un attaquant partant parce qu’il a connu une saison de neuf buts en 2017, mais qui n’en a obtenu que deux cette saison puisque son temps de jeu a chuté radicalement en seconde moitié de saison.

Jackson-Hamel a inscrit cinq buts comme substitut et quatre comme titulaire l’an passé. Alors, est-il un titulaire ou bien un substitut de luxe qui accepte son rôle? C’est à lui de choisir. Tout va dépendre de son attitude au camp d’entraînement, s’il fait encore partie de l’équipe à ce moment-là. Il y a pourtant quelque chose de très noble et glorieux à entrer dans la dernière demi-heure pour inscrire le but gagnant ou le but d’assurance.