Patinage

Courte piste : Steven Dubois établit un record au 500 m

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Une puce sur deux lames a signé vendredi à Calgary le quatrième meilleur chrono de l’histoire au 500 m pour un record canadien. Le patinage de vitesse peut dire merci au hockey : c’est pour s’épargner de l’ambiance agressive des arénas que les parents de Steven Dubois l’avaient plutôt inscrit à la courte piste !

Dans la monotonie de cette première journée réservée aux qualifications, un astérisque est apparu dans la longue liste de résultats : 39,845 s. C’est le chrono que Dubois, un moustique de 5 pi 6 po et d’à peine 132 livres, a réalisé à sa deuxième course à vie en Coupe du monde.

Mieux encore, le Chinois Wu Danjing qui l’a devancé avec 39,777 s est le même à qui appartient le record mondial de 39,584 s depuis sa victoire aux derniers Jeux olympiques.

À plus de 50 km/h

La friction avec l’air atténuée en raison de l’altitude est un phénomène qui existe à Calgary. Et il se trouve des petits vites qui aiment bien.

«C’est drôle parce que, jusqu’à l’an dernier, je n’ai jamais cru les gens qui disaient : ce jeune-là est bon, vous allez voir, il va aller aux Olympiques. Honnêtement, je n’aurais jamais pensé que j’allais patiner un jour aussi vite dans ma vie», nous a dit tout bonnement le joyeux pistolet, qui a du coup soufflé la marque de 39,987 s de son coéquipier Samuel Girard enregistré lors de sa quatrième place en finale des JO.

Depuis que l’Américain J.R. Celski avait réécrit l’histoire avec son 39,937 s sur cette même glace folle de l’ovale olympique en novembre 2012, l’être humain s’est bien peu aventuré sous les 40 secondes. Les quatre partants en finale olympique de Pyeongchang l’avaient fait, dont Danjing qui avait aussi réussi 39,8 s en quart de finale.

Ce Chinois en a remis une couche vendredi. Pas plus bête, le patineur de 21 ans originaire de Lachenaie l’a suivi dans sa poche arrière. Son entraîneur s’est dit peu surpris de ce coup d’éclat, d’autant plus que Dubois affolait les relevés électroniques à l’entraînement depuis quelques semaines en passant sous les huit secondes au tour et à plus de 50 km/h.

«On s’attendait à quelque chose», a commenté Éric Bédard, bien au fait de la frontière mythique des 40 secondes.

«Il y a 10 ans, on se disait que ce serait impossible parce que la vitesse atteindrait un plateau. Mais quand on regarde dans les 20 ou 30 dernières années, il n’y a jamais eu de limite au 500 m, au 1000 m, au 1500 m et au relais. Si on regarde les graphiques et les statistiques, on n’a pas le droit d’être surpris. Mais j’avoue que c’est très vite.»

Bon choix des parents

Pour un type qui aurait préféré jouer au hockey quand il était gamin, le choix des parents s’avère aujourd’hui judicieux. «On n’aime pas l’atmosphère dans les estrades au hockey, les parents gueulent tout le temps», se souvient-il de la raison évoquée.

À sa première année sur les longues lames, l’enfant de 11 ans s’est qualifié aux Jeux du Québec. À sa troisième année, il y a obtenu trois médailles et, à la fin de cette même saison, une victoire aux Championnats canadiens de l’Est.

Avec sa sixième place aux sélections olympiques d’il y a un an, Dubois a été contraint au rôle de substitut durant l’entière saison. Il a servi de partenaires d’entraînement aux cinq gars qualifiés pour les Jeux. Certes, son coup de tonnerre de vendredi lui confère maintenant une identité, assez pour le faire espérer gagner «une médaille ou deux durant la saison».

«Je pense être plus relaxe pour les autres courses», prévoyait-il pour la suite de la fin de semaine, surtout que ses qualifications aux 500 m et 1000 m lui éviteront les repêchages des deux matinées.

«L’un de mes autres gros objectifs, c’est de ne pas me réveiller trop tôt demain matin !»

Vite et rigolo...

Un champion qui «repart à neuf»

Le seul département de sa vie où Samuel Girard ne vit pas de changement, c’est dans son art de patiner.

Qualifié aisément pour les concours du 500 m et du 1500 m de la fin de semaine, le champion olympique du 1000 m avoue s’être défait du «blues» qui l’habitait suivant les Jeux, quand il s’était questionné sur le sens de sa carrière. L’arrivée de l’entraîneur Éric Bédard a toutefois relancé ses ambitions pour les quatre prochaines années.

«J’adore toujours le patin, surtout qu’avec Éric, on a réussi à trouver un équilibre. Il sait que j’adore la nature et combien c’est important d’avoir du temps pour moi. Ça facilite les choses», affirme le patineur originaire de Ferland-et-Boilleau.

Loin de son amoureuse

Girard vit autre chose cette saison. Pour la première fois, ses déplacements en coupe du monde se passent sans son amoureuse, Kasandra Bradette. Victime d’une chute et d’une commotion cérébrale durant les sélections d’automne, elle n’a pas réussi à se qualifier dans l’équipe, ce qui brise les habitudes qu’ils partageaient ensemble depuis quatre ans.

«La routine change un peu, c’est vrai. Heureusement, on a tellement une belle équipe et l’atmosphère est tellement agréable que ça rend les journées moins chargées durant nos voyages. Les gars sont vraiment près les uns des autres, qu’ils jouent aux cartes ou à l’ordinateur. On fait toujours quelque chose et le temps passe bien. Ça me permet de penser à autre chose», dit-il.

Nouveau «look»

Puisqu’il est question de changement, un barbier de Banff s’est chargé d’en apporter un majeur sur la tête du champion olympique. La longue crinière qui en faisait sa marque de commerce n’a pas survécu au jeu des relances entre lui et ses coéquipiers quand ils ont aperçu l’enseigne d’un coiffeur, dimanche dernier, lors d’une escapade d’agrément au pied des Rocheuses.

«De toute façon, j’étais tanné de mes cheveux longs. Nouvelle saison, nouveau cycle olympique, on repart à neuf !»

Journée historique

En 15 saisons avec l’équipe canadienne, Charles Hamelin nous a habitués à de multiples statistiques, mais jamais à celles de vendredi : une disqualification pour un faux départ au 500 m et une quatrième place au 1000 m qui l’obligera pour la première fois à passer par le repêchage de dimanche matin.

Le quadruple champion olympique a été remercié par les officiels de l’épreuve du 500 m après que la lame de son patin gauche eut bougé en glissant dans une fissure pour lui faire perdre l’équilibre au départ de sa deuxième course du jour. Disqualifié !

Quelques heures plus tard, une mauvaise manœuvre dans la deuxième ronde des qualifications du 1000 m l’a recalé au quatrième rang de sa course.

«Ce n’est pas une journée facile émotivement, mais j’ai quand même bien géré ça. Ce sont des choses qui arrivent», a philosophé le vétéran de 34 ans, qui a ensuite contribué à la qualification de l’équipe de relais pour la demi-finale d’aujourd’hui.

Raviver la flamme

Le comité Calgary 2026 doit se réjouir de la coïncidence de cette Coupe du monde. Comme c’est la coutume lors d’événements internationaux, le statut olympique de la ville l’autorise à allumer la vasque installée devant l’ovale depuis les Jeux de 1988.

Les partisans de la candidature pour les Jeux de 2026 y trouveront une occasion de raviver la flamme, au sens propre comme au figuré. Quelque 200 000 $ seront investis par le comité durant les 10 prochains jours afin de promouvoir la candidature et rallier la population à sa cause à l’approche des votes par anticipation des 6 et 7 novembre et du référendum du 13 novembre.

Cette campagne de charme lancée le 11 septembre aura coûté un million.

Claudia Gagnon sauve la mise

Depuis la retraite de Marianne St-Gelais et le départ de Valérie Maltais vers la longue piste, le Saguenay–Lac-Saint-Jean est sauvé avec la présence de Claudia Gagnon, durant cette Coupe du monde.

«C’est le fun de voir que même si on est une petite région, on réussit à y développer de bons patineurs. Je suis contente de faire partie d’une nouvelle génération», avoue la patineuse de La Baie, qualifiée pour la demi-finale du 1500 m d’aujourd’hui.