SPO-Alouettes vs Toronto Argonauts

Crédit : Dominic Chan / Agence QMI

Alouettes

Une ligne offensive à remodeler

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À plusieurs reprises au cours de la présente saison, le quart des Alouettes a dû utiliser ses jambes pour éviter la pression des joueurs adverses. La ligne offensive a été montrée du doigt sur une base régulière pour expliquer les insuccès de l’attaque montréalaise.

C’est maintenant une certitude. Elle finira au dernier rang pour le nombre de sacs accordés dans le circuit canadien. En 17 parties, elle a concédé pas moins de 62 sacs à l’adversaire. En gros, les quarts ont passé une partie de la saison sur le dos.

Comment peut-on expliquer cette situation alors que la ligne offensive a souvent été reconnue comme une référence au cours de l’histoire des Alouettes ?

Plusieurs aspects sont à considérer, mais le plus important a été le manque de stabilité.

«On n’en a pas eu beaucoup, a constaté Kristian Matte. On a eu 11 ou 12 lignes différentes pour démarrer un match.

«J’ai joué tous les matchs, mais pas tous à la même position (15 comme centre et deux comme garde). Pour avoir du succès comme groupe, il faut bien se connaître pour pouvoir bien travailler ensemble. Ce n’est pas une excuse, parce que nous sommes des professionnels, mais c’est difficile. Des fois ça va bien, des fois ça va mal. Cette saison, on a vu trop de mal.»

Vent de jeunesse

À 33 ans, Kristian Matte est l’un des joueurs de ligne les plus âgés avec Luc Brodeur-Jourdain (35 ans). À l’exception de Tony Washington (32 ans), tous les autres éléments au sein des Alouettes sont dans la vingtaine.

Philippe Gagnon (26 ans), Tyler Johnstone (26 ans), Trey Rutherford (22 ans), Sean Jamieson (24 ans) et Na’Ty Rodgers (23 ans) ont des chances réalistes d’obtenir un des cinq postes de partant pour la saison 2019. Ça voudrait dire que les Alouettes pourraient avoir une des lignes à l’attaque les plus jeunes de la LCF.

«On a un noyau intéressant. Les entraîneurs ont fait plusieurs essais cette saison et je crois que ça fait partie de ce processus, a souligné Matte. S’ils décident de les placer dans cette position, il faudra les laisser jouer avec les risques que ça comporte.»

Avec ce qui est arrivé cette saison, on peut se demander si les Alouettes ont le luxe de se départir de Tony Washington, qui deviendra joueur autonome en février prochain. Le gaillard de 6 pi 7 po et 318 lb a solidifié le côté gauche de la ligne offensive depuis son arrivée à Montréal.

Vers une ligne toute canadienne ?

Lorsqu’on regarde les effectifs des Alouettes en prévision de l’an prochain, il n’est pas impossible d’assister au retour d’une ligne composée de cinq joueurs canadiens, comme ce fut le cas lors des belles années de la concession.

«Ça se voit moins souvent qu’auparavant, a expliqué Kristian Matte. Je crois qu’il n’y a aucune équipe qui possède une ligne totalement canadienne cette saison.

«Certaines formations commencent la saison de cette façon, mais par la suite, elles font appel à des bloqueurs américains. Par contre, il faut le voir de façon positive, car ça signifie que le football canadien est en mesure de produire des joueurs qui évoluent à d’autres positions.

«On le voit avec Henoc Muamba et Tevaughn Campbell, par exemple.»