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Impact: la saison morte la plus importante de l’histoire

Impact: la saison morte la plus importante de l’histoire

Vincent Destouches

Publié 29 octobre
Mis à jour 29 octobre

Le couperet est tombé sur l’Impact de Montréal.

Incapable de se transcender en ce «Jour de décision», incapable de bâtir sur ses succès contre Columbus et Toronto, Montréal s’est incliné en Nouvelle-Angleterre, et échoue à participer aux éliminatoires pour la deuxième année consécutive – ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant.

Ce match ultime, à l’image de la saison, a été un rendez-vous manqué. Dépassés ou inhibés par l’enjeu, les Montréalais ont offert une prestation quelconque, qui laisse un goût d’inachevé, même si un résultat positif n’aurait rien changé au classement.

Je donne tout de même du mérite à l’Impact, qui a su trouver les réponses à ses maux pour mener un combat jusqu’à la fin et s’offrir ce rendez-vous avec l’histoire, là où d’autres équipes plus étoffées n’ont jamais su enrayer leur chute.

Saison de transition?

Par la force des choses, l’Impact est maintenant tourné vers l’avenir. Au lieu de préparer un match le soir de l’Halloween, il faut déjà s’atteler au chantier de 2019. Et cela commence par la pose d’un bon diagnostic sur la saison écoulée.

L’Impact est-il sur la voie du succès? A-t-il simplement posé les bases de l’ère Garde? Ou faut-il changer d’orientation pour ne pas frapper un mur?

À mes yeux, c’est l’option intermédiaire qui s’impose : les fondations de l’ère Garde ont été établies, et l’équipe dispose d’une colonne vertébrale intéressante, avec laquelle elle peut espérer obtenir du succès. Sur papier, on pourrait donc être tenté de dire que 2018 était bel et bien une saison de transition.

Mais dans les faits, c’est 2019 qui nous le confirmera. Ça n’aura été une saison de transition que si la prochaine campagne est couronnée de davantage de succès. Or, à l’heure actuelle, il n’y en a aucune garantie. Il y a une bonne base de travail, c’est tout. Et encore pas mal de pain sur la planche...

En fait, les seules garanties dont l’Impact dispose, ce sont Rémi Garde et Ignacio Piatti. Ce sont les deux hommes forts du club. L’un est la caution organisationnelle, l’autre est la caution sportive. Enlevez-les de l’équation et l’Impact n’inspire plus du tout la même confiance!

Ce constat est peut-être sévère, mais en même temps, il révèle une vérité indéniable : Montréal a besoin de s’améliorer, autant sportivement que structurellement, pour suivre le train d’enfer imposé par les grosses cylindrées de la ligue. Et ça presse.

Un hiver déterminant

L’Impact vient de clôturer la deuxième année du plan quinquennal établi par Joey Saputo, qui s’était fixé pour objectif de remporter la coupe MLS d’ici 2021. Autant dire que la saison 2019 se doit d’être un succès... Ou, à tout le moins, un tournant sacrément positif.

Pour cette raison, j’ai des attentes élevées concernant l’intersaison. Il n’y a pas d’autre manière de le dire : l’Impact doit absolument s’apprêter à vivre la saison morte la plus importante de son histoire.

Même si le club cherche à combler l’écart entre ses revenus et ses dépenses, le président montréalais a très clairement fait comprendre qu’il continuerait à investir dans l’équipe, afin que l’Impact reste compétitif dans la MLS 3.0. Encore faut-il mieux investir et rentabiliser les dollars en question.

L’Impact n’a jamais été très agressif durant la saison morte, mais vu l’emphase que le club a mis sur le début de saison raté pour expliquer ses déboires, j’espère que tout le monde a bien saisi l’importance d’être bien prêt sur la ligne de départ...

En filigrane, il faudra surveiller le travail que l’Impact effectue sur lui-même, à l’interne. Dès son arrivée, Garde a parlé de «structurer» le club. Ç’a notamment été le cas dans le secteur médical. Et maintenant? La prochaine étape semble celle du département recrutement.

Avant cette année, jamais je n’avais entendu la direction montréalaise évoquer le besoin d’évoluer dans ce secteur de manière aussi publique et manifeste. Le salut semble passer par la synergie, puisque l’Impact et Bologne pourront maintenant bénéficier d’une structure conjointe au sein de laquelle œuvreront sept recruteurs.

Vu l’importance que revêt 2019 dans le projet sportif de l’Impact, disons que cette cellule de recrutement devra trouver le moyen d’être efficace très rapidement...

Impact : il y a de l’espoir - TVA Sports