Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Ski et planche

Sébastien Toutant: la vie après les JO

Publié | Mis à jour

Après une saison intense marquée par sa première conquête olympique, Sébastien Toutant reviendra à ses vieilles habitudes cette année.

Tout d’abord, le planchiste originaire de Repentigny participera à un moins grand nombre de compétitions. On parle ici de quatre ou cinq événements où il sera invité par les organisateurs. L’an dernier, «Seb Toots» avait dû se plier au calendrier exigeant de la FIS pour assurer sa participation aux Jeux de Pyeongchang.

Entre ses compétitions, le Québécois prendra la route pour produire des vidéos de promotion, comme il l’a toujours fait dans le passé.

«Ça me permettra de faire des choses qui sortent de l’ordinaire, a expliqué Sébastien Toutant lors d’une généreuse entrevue accordée au "Journal de Montréal". Ce ne sera pas seulement des entraînements et des compétitions.»

Il reconnaît que l’année 2018 a été épuisante sur les plans physique et mental.

«Après les Jeux, j’ai eu d’autres compétitions. J’ai aussi effectué plusieurs apparitions dans des événements et j’ai donné plusieurs entrevues, a souligné l’athlète de 25 ans. J’ai eu besoin de repos à tous les niveaux. Même sans les JO, ton corps est fatigué et tu as toujours hâte à l’été.»

Des partisans de tous les âges

Toutant est l’un des athlètes les plus reconnus dans le milieu de la planche à neige. Cette popularité a atteint un autre niveau après qu’il ait remporté l’or aux Jeux de Pyeongchang.

«Elle a augmenté de façon significative, a souligné Toutant. Avant cette performance, j’avais déjà beaucoup de fans. Ce qui est nouveau, c’est que j’en ai maintenant dans toutes les tranches d’âge.»

«Je suis reconnu par des gens qui connaissent moins le snowboard. En raison de cette médaille, je me rends compte qu’ils sont plus au courant au sujet des compétitions de slopestyle et de big air. C’est vraiment différent parce qu’avant, ils n’avaient aucune idée de quoi je parlais.»

Toutefois, cette réussite dorée ne l’a pas rassasié.

«C’est une grande fierté d’avoir gagné une médaille d’or olympique. C’est une étape franchie, mais je dois continuer à me fixer de nouveaux objectifs et à les atteindre. Je veux toujours m’améliorer.»

Priorité au slopestyle

Pour revenir à sa saison 2018-19 qui commencera avec le Dew Tour, en décembre, Toutant se concentrera sur les épreuves de slopestyle au lieu de celles du grand saut (Big Air), où il a remporté l’or en Corée du Sud.

«Ce n’est pas que le Big Air ne me tente pas, a-t-il affirmé. Au slopestyle, tu as plus d’options qui s’offrent à toi lors d’une descente et tu n’attaques jamais les modules de la même façon. De plus, tu ne sais jamais ce que les autres vont faire.»

«Le slopestyle, c’est comme le Super Bowl du snowboard. C’est celle qui est la plus complète de mon sport. C’est là qu’on sépare les meilleurs au monde des autres.»

Lorsqu’il ne sera pas en action, il parcourra les montagnes dans le monde afin de participer à des vidéos promotionnelles et à des publicités pour ses commanditaires, comme Nitro, Red Bull et Oakley, notamment.

«Pour le moment, je ne sais pas encore à quel endroit je vais aller. Ça va dépendre de la qualité de la neige. Je vais me promener un peu partout. Pour moi, c’est une façon de redonner à mes commanditaires qui sont très généreux avec moi. En faisant des vidéos et quelques compétitions, je suis dans le meilleur des deux mondes. Je ne peux pas demander mieux.»

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Air Canada: le dossier est fermé

En plus de sa conquête de la médaille d’or aux Jeux de Pyeongchang, Sébastien Toutant avait été impliqué dans une controverse avec Air Canada, qui assurait le transport aérien des athlètes canadiens en Corée du Sud.

Le médaillé d’or avait émis une remarque sur son compte Twitter selon laquelle il aurait aimé avoir la chance d’être assis en première classe lors de son long voyage de retour. Il avait publié une photo de sa médaille d’or avec son billet d’avion pour dénoncer la situation.

Dans les heures qui ont suivi son commentaire, Toutant avait reçu une tonne de critiques de la part des internautes. Au final, il avait effacé son message avant d’en publier un autre pour s’excuser de ses propos.

«Je ne veux pas trop parler de cet incident, a souligné Toutant. Mon point, c’était qu’Air Canada savait qu’on allait tous revenir dans le même vol.»

«Je voulais simplement qu’ils offrent la possibilité d’aller en première classe aux athlètes qui étaient prêts à débourser, comme moi.»

Il faut croire que les intentions de son message avaient été mal comprises par les abonnés de Twitter. Selon eux, le Québécois avait donné l’impression d’être un athlète capricieux et que sa conquête lui était montée à la tête. Pourtant, ce n’est pas le cas.

«Je suis un gars zéro fancy pour ces affaires-là, a précisé Toutant. Les gens qui me connaissent savent très bien que je ne suis pas ce type de personne.»

Au cours de sa carrière, Toutant a appris plusieurs leçons sur les pentes. Celle qu’il a apprise il y a huit mois lui servira jusqu’à la fin de ses jours.

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Cannabis: «Ça ne change rien pour moi»

La légalisation du cannabis au Canada a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours. Provenant d’un sport reconnu pour ses événements festifs, Sébastien Toutant a une opinion intéressante sur le sujet.

«Pour moi, ça ne change rien que le pot soit légalisé, a affirmé le planchiste. Dans plusieurs domaines, que ce soit un travail professionnel ou un sport, c’est une substance qui a toujours été présente. Il y a certains domaines qui le cachent plus que d’autres.»

Lors de l’arrivée de la planche à neige sur les pistes de ski, les adeptes étaient perçus comme des rebelles qui faisaient la fête dans les chalets. Le cannabis y était bien présent.

«Le snow, c’est un sport, mais aussi un mode de vie dans lequel les gens ne se cachent pas, a souligné Toutant. On est des athlètes et on n’a pas peur de montrer qu’on a du plaisir à pratiquer notre sport.»

«Le pot, il y en a partout, même dans des endroits qui sont réputés pour être parmi les plus conservateurs. En gros, je ne sais pas si la légalisation est positive ou négative.»

Il ne faut pas se fier aux impressions, selon lui.

«Je suis allé à des partys d’autres sports qui sont plus “straights” et je peux affirmer que ce n’est pas seulement dans le snowboard qu’on peut voir des gens consommer du cannabis, a-t-il mentionné. La décision de prendre ou non de la drogue est personnelle.»

«Dans mon sport, le pot n’aidera pas un athlète à être meilleur, sauf peut-être pour composer avec le stress ou pour gérer l’inflammation avec une blessure.»

Un lien avec l’alcool

Toutant établit un lien intéressant entre l’alcool et le cannabis.

«Pendant plusieurs années, c’était illégal, comme la marijuana, a expliqué le planchiste. On a juste oublié que l’alcool était perçu de la même façon que la drogue à une certaine époque.»

«Quand tu vas dans les restaurants, tu prends du vin et de l’alcool. Et c’est normal. Avec les années, je crois que ça va être la même chose avec le cannabis. Ça deviendra banal.»

«La seule différence depuis quelques jours, c’est que les gens ne se cachent plus pour en consommer. Toutes les personnes qu’on voit depuis le premier jour de la légalisation ne sont pas devenues des consommateurs du jour au lendemain. Ils en prenaient déjà depuis un certain temps.»