Canadiens de Montréal

Poehling: le cœur à St. Cloud

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À 18 h 40, il y avait plus de recruteurs dans les gradins du Conte Forum, sur le campus de Boston College, que de simples partisans. La fanfare, typique des rencontres universitaires américaines prenait aussi place dans un coin de l’aréna. La visite des Huskies de St. Cloud State n’a pas attiré les étudiants, mais plus le personnel de plusieurs équipes de la LNH.

«J’ai rarement vu autant de recruteurs pour un match de la NCAA, a dit Marc Bergevin, qui s’était déplacé pour l’occasion en compagnie de Dave Starman, un recruteur pour le CH. Il n’y a pourtant pas de gros noms dans les deux équipes pour le prochain repêchage. Mais plusieurs bons joueurs qui appartiennent déjà à plusieurs équipes de la LNH.»

Parmi les bons joueurs, il y avait le choix de premier tour du Canadien en 2017, Ryan Poehling. Voilà le motif pour expliquer l’absence du DG du Tricolore à la rencontre des siens contre les Sabres, le même soir, à Buffalo.

Après la rencontre, une victoire facile de 7 à 0 de St. Cloud State contre les Eagles de Boston College, Bergevin a pris le temps de glisser quelques mots à son jeune espoir.

«C’est cool de voir que le DG se déplace pour me voir jouer, a raconté Poehling. C’est une belle marque de reconnaissance de sa part et du Canadien. Ça démontre que l’équipe tient à cœur mon développement. Un jour, j’espère que je serai un de ses joueurs.»

«Je connais un bon départ, mais je viens de jouer mon pire match de l’année contre Boston College, a-t-il poursuivi. Je sais ce que je n’ai pas fait de bien et je devrai travailler pour corriger ça.»

Une production à la hausse

Si Poehling n’a pas obtenu de point contre l’alma mater de Brian Gionta et Johnny Gaudreau, le centre de 6 pi 2 po et 200 lb reste un élément fort des Huskies depuis le début de l’année avec cinq points (1 but, 4 passes) en cinq rencontres.

À sa troisième saison à St. Cloud, Poehling caresse deux objectifs : s’établir comme un centre dominant et remporter le Frozen Four, le championnat de la NCAA.

«L’an dernier, j’ai connu une grosse amélioration sur le plan offensif avec un peu plus de 30 points (31) en 36 matchs, a-t-il rappelé. Une saison de 30 points dans la NCAA, c’est assez solide. Mais je peux faire encore mieux. Je veux devenir un attaquant dominant à ce niveau. J’ai cinq points en cinq matchs, mais je peux en faire plus.»

Brett Larson, qui a remplacé Bob Motzko derrière le banc de l’équipe cette saison, croit aussi que Poehling peut atteindre un autre niveau.

«Ryan peut dominer cette ligue, a prédit Larson. Il a une touche offensive, de bons instincts, il patine bien, il a un bon physique, mais surtout un très bon jeu d’ensemble. Il est aussi intelligent défensivement. Je l’utilise souvent contre les meilleurs trios de l’équipe adverse.»

«Il a un bon sens du jeu et il deviendra encore plus à l’aise quand il sera entouré de meilleurs joueurs, a renchéri Bergevin. Je ne peux pas prédire le nombre de points qu’il ira chercher dans la LNH, mais il sera capable d’y produire à un rythme décent. Je ne dis pas qu’il fera 80 points, mais il pourrait devenir un genre de Phillip Danault. Phil est capable d’obtenir des points et il est très responsable défensivement.»

Pour Larson, Poehling ressemble plus à un jeune Mikko Koivu. Motzko avait utilisé la même comparaison l’an dernier.

Le rêve d’un championnat

De l’avis de Bergevin, Poehling portera les couleurs des Huskies pour une dernière saison avant de faire le saut chez les professionnels. Il s’agira donc de sa dernière chance pour mener St. Cloud State à la conquête du Frozen Four.

«Je me concentre sur ma saison, je ne pense pas à l’an prochain», a souligné Poehling.

«St. Cloud n’a jamais gagné un championnat. Ce serait tellement spécial d’y arriver. En plus, je passe une autre année avec mes frères, Jack et Nick. C’est assez magique comme expérience. Je ne pourrai jamais recréer ça.»

Éliminés dès le premier tour du Championnat de la NCAA, un tournoi regroupant les 16 meilleures équipes au pays, les Huskies font partie des prétendants pour le titre cette saison. Ils ont gagné leurs cinq premières rencontres cette année.

Poehling se retrouve donc dans un bon environnement pour apprendre son métier.

«C’est toujours bon de gagner, que ce soit au niveau du junior ou de la Ligue américaine, a mentionné Bergevin. S’il peut vivre l’expérience du Frozen Four dans la NCAA, ce sera parfait pour lui. Il a décidé de revenir pour une autre saison en sachant qu’il aurait encore une très bonne équipe. C’était un bon choix.»