Kerryon Johnson

Photo : Kerryon Johnson Crédit : AFP

NFL

La nouvelle recette des Lions

Publié | Mis à jour

Depuis que Matthew Stafford est maître de l’attaque chez les Lions, l’attaque au sol a presque toujours été une arrière-pensée. L’équipe axée sur la finesse a émis le souhait depuis plusieurs années de miser sur du jeu plus physique. Cette saison, les vœux pieux du passé semblent enfin laisser place à une nouvelle identité.

L’émergence du porteur recrue Kerryon Johnson a de quoi faire saliver les partisans des Lions, qui n’ont vu aucun de leurs nombreux porteurs à se succéder dans les portes tournantes depuis le légendaire Barry Sanders gagner 1000 verges lors de deux saisons de suite.

Johnson, une verte recrue, n’en est clairement pas là, mais il y a fort à parier qu’il sera le prochain à redorer le blason des Lions sur le jeu au sol, s’il demeure en santé. Jusqu’ici, le nouvel entraîneur-chef Matt Patricia a choisi d’amener le choix de deuxième ronde à petits pas, lui donnant seulement 69 portées. Johnson en a fait excellent usage avec une récolte de 444 verges (6,4 par course). Celui qui montre un bel équilibre entre puissance, vitesse et une vive capacité d’évasion compte déjà cinq courses de 20 verges ou plus à son actif.

Un engagement sérieux

Quand le quart-arrière Matthew Stafford est arrivé avec l’équipe en 2009, le jeu au sol à Detroit piquait du nez depuis un moment et la tendance s’est accélérée au fil de sa carrière.

Combien de fois s’est-on demandé à quel point le quart-arrière pourrait connaître du succès s’il était un tant soit peu appuyé dans le champ-arrière? Maintenant que ça semble le cas, Stafford n’aura plus d’excuse.

Car il y a plus que Kerryon Johnson dans l’équation. L’équipe a investi énormément sur sa ligne offensive depuis trois ans, à commencer par la sélection du bloqueur à gauche Taylor Decker en première ronde du repêchage de 2016. Le printemps dernier, l’équipe a réitéré au premier tour avec le garde Frank Ragnow, qui connaît un bon départ. C’est sans compter que le côté droit a été solidifié sur le marché des joueurs autonomes avec Ricky Wagner et TJ Lang. Bref, les Lions misent enfin sur une ligne faite sur mesure pour ouvrir des brèches.

Philosophie différente

Pas pour rien que Johnson est devenu le premier porteur des Lions depuis Reggie Bush, en 2013, à amasser au moins 100 verges au sol dans deux matchs et le premier en sept ans à atteindre le plateau des 150 verges au moins une fois. La semaine dernière, les Lions ont grugé 248 verges au sol, leur plus productif effort depuis 1997.

Il faudra voir si les Lions conserveront cette mentalité au fil de la saison et des années à venir, mais pour leur bien et celui de Stafford, c’est l’approche à adopter.

Durant sa carrière, le quart-arrière a été impliqué dans 60 matchs lors desquels il a dû tenter au moins 40 passes. Sa fiche dans ce contexte d’attaque unidimensionnelle est de 21-39.

En 131 matchs de saison régulière (avec Stafford aux commandes), les Lions ont gagné au moins 150 verges au sol à seulement neuf reprises. C’est là un ratio rachitique qui démontre à quel point il a été trop souvent abandonné à lui-même.

Au cours des cinq dernières semaines, le nombre de passes de Stafford a chuté à chaque match et c’est loin d’être une mauvaise chose. Dans cette séquence, il a lancé 11 passes de touché et seulement une interception. La menace de Johnson au sol, combinée avec la présence du costaud LeGarette Blount, permet des passes à faible pourcentage de risque sur des feintes de remises.

Comme quoi la vieille théorie qui veut que la course ouvre la voie à la passe n’est peut-être pas entièrement empoussiérée.