Jonathan Drouin

Photo : Jonathan Drouin Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens de Montréal

«On voit le vrai Jonathan Drouin présentement»

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Jonathan Drouin n’avait pas encore joué un seul match avec l’uniforme du Canadien et déjà, des chroniqueurs s’avançaient à prédire qu’il deviendrait le Québécois le plus talentueux depuis Guy Lafleur. Il devait aussi faire oublier le défenseur Mikhaïl Sergachev, sacrifié au Lightning de Tampa Bay dans cette transaction. C’était juste un brin de pression.

Mais, c’était aussi le parfait électrochoc pour découvrir son nouvel environnement, celui de Montréal. À sa première saison avec le CH, Drouin a expérimenté une nouvelle position en jouant au centre. Claude Julien et Marc Bergevin n’ont pas gagné leur pari en le déplaçant de l’aile au centre.

Un an plus tard, Drouin a retrouvé sa place sur le flanc gauche. Même s’il aborde une chevelure presque aussi spectaculaire que celle du «Démon blond», il n’a pas à agir comme un sauveur. Et comme par magie, le numéro 92 joue à la hauteur de son talent.

«Là, je pense que c’est le vrai Jo, a dit le centre Phillip Danault. Il joue bien, il a une bonne attitude, il travaille fort dans les entraînements et il produit à un gros rythme. Il est un gros facteur de nos succès depuis le début de l’année.»

Julien a offert un son de cloche semblable à celui de Danault.

«Jonathan est un gars qui n’a pas connu de succès dans les matchs préparatoires, a rappelé l’entraîneur en chef. Il se plaçait probablement trop de pression. Je voyais un gars qui essayait, mais il optait plus pour des jeux individuels. Quand il a récolté son premier point, il a perdu un poids sur ses épaules.

«On voit le vrai Jonathan Drouin présentement. Il se sent bien et confortable. C’est le genre de joueur qu’on avait vu avant l’échange, un gars qui peut créer plusieurs choses et qui joue avec intensité.»

L’influence de Domi

Très silencieux à ses trois premiers matchs cette saison, Drouin a regagné en confiance depuis qu’il se retrouve à l’aile en compagnie de Max Domi. À ses cinq dernières sorties, l’ancien du Lightning a amassé 7 points (3 buts, 4 passes). Cette montée en force coïncide avec le premier match de Drouin avec Domi, le 13 octobre, lors de la visite des Penguins à Montréal.

«Je suis dans la bonne direction, a convenu Drouin. Je suis plus impliqué dans le jeu, j’essaie de créer des choses. Avant, j’allais peut-être attendre le jeu parfait. Maintenant, je suis agressif, je ne suis pas conservateur.»

«Domi n’a pas peur de faire des jeux, a-t-il continué. Il a un calme avec la rondelle qui donne le temps à ses coéquipiers de se placer et de trouver les petits espaces tranquilles que le monde va oublier. Il est intelligent et il a une vision du jeu élevée.»

Drouin a aussi donné beaucoup de crédit à Artturi Lehkonen, qui reste dans l’ombre de ses deux partenaires de trio.

«Il récupère beaucoup de rondelles, il est souvent en échec avant et il fait aussi le sale boulot. Il a un bon tir. Quand tu lui donnes une chance de marquer, il est capable de la mettre dedans.»

Cohésion

L’an dernier, Julien n’a jamais déniché la potion magique entre Drouin et Max Pacioretty. Mais il semble avoir eu la main heureuse avec Drouin à l’aile de Domi.

Même si l’échantillon reste mince avec cinq rencontres pour ce duo, les deux attaquants ont déjà des affinités intéressantes.

«On n’a pas toujours les explications ou les raisons, a souligné Julien. Pour que la chimie se développe, il faut que les joueurs se reconnaissent sur la glace et qu’ils partagent les mêmes idées. Quand tu regardes les autres trios de la LNH qui ont du succès, ça se résume à ça. Avec le temps, nous espérons que leur complicité deviendra encore plus solide. Nous voulons les voir grandir ensemble.»