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Impact: les joueurs immunisés contre le stress

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Match le plus important de l’année. Match sans lendemain. Match ultime. On est à court d’épithètes pour qualifier les rencontres de l’Impact depuis quelques semaines.

Dans ce contexte de pression extrême, l’équipe pourrait se sentir étouffée, mais c’est plutôt le contraire qui se passe.

Il semble régner une certaine forme de sérénité dans le camp montréalais, qui reprenait l’entraînement mercredi en vue du tout dernier match de la saison, qui sera disputé dimanche en Nouvelle-Angleterre.

Confiance tranquille

«Ça fait un moment que les matchs se succèdent et sont importants, a reconnu Rémi Garde. On n’a pas toujours réussi ce qu’on voulait faire, mais ils sont très importants depuis cet été parce qu’on avait pris beaucoup de retard.»

Bacary Sagna confirme nos impressions quand il aborde la question de la confiance de l’équipe.

«On est confiants, oui, mais on sait que c’est en faisant les efforts qu’on va s’imposer.»

Évidemment, ça ne sera pas tout de gagner pour une première fois en trois ans au Gillette Stadium, il faudra aussi que le Crew de Columbus s’embourbe contre le Minnesota.

«On est dans une situation où il faut encore que le destin soit un petit peu avec nous et qu’on fasse le travail comme on a réussi à le faire dimanche dernier», a souligné Garde.

Surprise

Il y a d’ailleurs un peu de surprise chez le Bleu-blanc-noir de se voir en lutte avec Columbus, alors que la lutte se déroulait avec D.C. United depuis des semaines.

«Tout le monde est un petit peu surpris que ça se joue avec Columbus plutôt que Washington, mais pour nous, ça ne change rien, on n’a pas notre destin entre les mains», a avancé Sagna.

Le destin doit donc faire son œuvre et, selon les simulations du site de pronostics FiveThirtyEight, la chance n’est pas en faveur de l’Impact.

Le site accorde une probabilité de 69 % de victoire pour le Crew contre Minnesota, tandis que l’Impact obtient une cote de 29 % pour un gain à Foxboro.

Bon match

N’empêche que l’Impact a prouvé, dimanche dernier, qu’il était en mesure de se lever lorsque la situation le requiert.

«On est conscients qu’on a fait un bon match ce week-end et qu’on doit gagner le dernier», a souligné Sagna.

Rémi Garde, quant à lui, admet qu’il aurait nettement préféré être à l’abri pour cette ultime rencontre de la saison régulière.

«On aurait aimé être dans une situation où on aurait eu beaucoup moins de calculs à faire et se préparer pour la suite, comme les équipes qui ont les séries devant elles.»

Piatti a le vote de ses coéquipiers

Ignacio Piatti, qui totalise 16 buts et 13 passes en 31 matchs, connaît sa meilleure saison depuis qu’il s’est joint à l’Impact, en 2014, et il serait temps qu’il se retrouve sur la liste des finalistes au titre de joueur par excellence de la MLS.

Le principal intéressé ne s’en formalise pas, c’est un homme plutôt modeste de nature.

«Je fais le mieux que je peux pour Montréal. Ça fait plusieurs années que je marque 17 buts, on a atteint une finale [en CONCACAF]. Je fais mon travail et on va voir ce qui se passe.

L’important, c’est que les gens de Montréal, le président et le coach soient contents de moi.»

Régularité

Mais Rémi Garde, qui l’avait brièvement découvert lors du passage de l’Argentin avec Saint-Étienne, en 2006-2007, estime qu’il mérite cette reconnaissance.

«La régularité au plus haut niveau est quelque chose d’extrêmement difficile et qui a une valeur très grande», a insisté l’entraîneur-chef.

«J’espère que Nacho aura un jour la reconnaissance de cette ligue, des gens qui la suivent, parce que pour moi, il le mérite.»

Garde a raison de parler de régularité dans le cas de Nacho. Avant sa saison 2018 étincelante, il a enfilé deux saisons identiques de 17 buts et 6 passes. Un vrai métronome.

Un leader

Qui plus est, le vétéran de 33 ans porte le brassard de capitaine même s’il n’est pas le plus volubile du groupe.

«C’est un leader naturel, il n’a pas besoin de parler et il ne hausse jamais le ton, mais par son exemple sur le terrain et en dehors du terrain, tout le monde lui montre un certain respect», avance Bacary Sagna, qui est impressionné par son talent.

«Il a des qualités techniques incroyables. En venant ici, je ne le connaissais pas du tout. J’entendais Piatti et je me suis rendu compte à l’entraînement du talent qu’il a, et je ne suis pas surpris qu’il fasse partie des meilleurs joueurs de la ligue.»

«Pour moi, il mérite autant qu’on parle de lui qu’on parle de [Wayne] Rooney en ce moment parce que c’est quelqu’un qui porte l’équipe, qui est décisif à chaque match.»

La routine reste la même malgré le synthétique

En concluant la saison au Gillette Stadium, l’Impact va disputer un premier match sur gazon synthétique depuis la fin du mois de juillet.

Ce n’est pas l’idéal, compte tenu de l’importance de cette rencontre.

Rémi Garde n’a cependant pas l’intention de changer de routine d’entraînement et entend travailler sur gazon naturel d’ici la fin de la semaine.

«Ma position là-dessus est que je ne suis pas fan de changer de terrain d’entraînement en fonction des surfaces sur lesquelles on joue.

Je pense que les joueurs s’habituent assez rapidement avec l’échauffement avant le match.»

Garde n’aura donc pas à trop épargner certains vétérans pour qui la surface pourrait être incommodante. On peut penser à Bacary Sagna, qui croit n’avoir jamais foulé ce type de surface lors d’un match.

«Je n’ai jamais évolué sur du synthétique, mais après, je vais essayer de m’adapter et voir l’effet du ballon.»

«Je pense qu’il ne s’en souvient pas, Bacary, mais il y a certainement des terrains synthétiques à Auxerre. C’est impossible qu’il n’ait pas mis les pieds sur du synthétique», a blagué Garde.