Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Impact

L'Impact version 2018 mérite le respect

L'Impact version 2018 mérite le respect

Vincent Destouches

Publié 24 octobre
Mis à jour 24 octobre

L’Impact avait une seule mission à accomplir contre Toronto : gagner pour se rendre jusqu’au bout du rêve. Qu’une équipe ayant commencé l’année avec une fiche de 3-10-0 parvienne à tenir la dragée haute à ses devancières jusqu’à la dernière seconde de la saison, c’est en soi remarquable.

Je l’ai déjà dit : au soccer comme ailleurs, on a cette fâcheuse tendance à mesurer la valeur humaine en buts et en passes. Mais ce que l’on cherche dans le sport, c’est avant tout de l’émotion, à vivre et à partager. En ce sens, les événements de ce dimanche 21 octobre auront été à l’image de la saison 2018 d’IMFC : des montagnes russes d’émotions qui laissent espérer des lendemains qui chantent.

Pas besoin d’attendre, cependant, pour dire ceci : le club montréalais a réussi sa saison... de transition. Quelle que soit l’issue, je ne la qualifierai pas d’échec. Je ne croyais pas aux chances du Bleu-Blanc-Noir en début d’année, or, ils ont prouvé plus d’une fois qu’ils méritaient davantage de respect.

Aujourd’hui, Montréal est une équipe qui a retrouvé de la compétitivité, qui a redonné l’envie à son public de la suivre et qui regarde 2019 avec ambition.

L’important est de bien connaître sa place sur l’échiquier, et de ne pas se laisser aveugler par l’euphorie de l’exploit ou la frustration de l’échec. Car l’Impact a 99 problèmes, autant au niveau administratif que sportif. Cet hiver, il faudra mettre l’émotion de côté pour prendre les décisions qui s’imposent afin de mettre l’organisation sur les bons rails.

Ceci étant dit, l’Impact a montré qu’il était parfaitement capable de tirer son épingle du jeu dans cette MLS 3.0. Le fait que le club, même éliminé, puisse terminer la saison avec davantage de victoires que Columbus, est le signe de sa force (autant que de sa faiblesse).

Mais, pour l’heure, l’Impact s’est acheté le droit de rêver. En fait, «acheter» n’est pas le bon mot, surtout dans la situation financière actuelle du club. Rêver, ça ne coûte rien, mais ça rapporte beaucoup. Ne serait-ce qu’une semaine supplémentaire de pur plaisir.

L’héritage de Piatti

La semaine passée, Ignacio Piatti a laissé entendre qu’il pourrait retourner jouer du côté de San Lorenzo, en Argentine, à l’issue de la saison 2019.

La fin approche pour l’aventure de Nacho à Montréal, c’est un fait. Mais l’idée de son départ m’attriste quelque peu, car j’ai le sentiment qu’il partira sans que la métropole l’ait vraiment connu et reconnu pour ce qu’il est : le meilleur joueur de l’histoire de l’Impact, mais aussi un athlète d’exception, un showman.

Piatti n’est pas du genre à s’afficher partout, on le sait. Et si son départ n’affecterait pas vraiment le secteur marketing, il laisserait cependant un immense vide au niveau sportif. Car l’Impact, c’est Piatti.

De fait, s’il doit vraiment quitter le Québec dans un an, le club se doit d’avoir un coup d’avance. Il deviendrait nécessaire que la saison 2019 serve d’apprentissage pour un nouveau leader offensif.

Sera-ce Romain Alessandrini, comme l’information a circulé? Selon mes informations, ne vous emballez pas, l’arrivée du joueur du Galaxy de Los Angeles n’est absolument pas dans les cartes.

D’ailleurs, si vous voulez mon avis, ce n’est pas d’un ailier dont l’Impact a le plus besoin, mais d’un Victor Vazquez, d’un Maxi Moralez. Le type de joueur axial qui est tout le temps sur le ballon, et qui donnerait une autre dimension au jeu montréalais.

Mais nous n’y sommes pas encore. Le club, à l’heure actuelle, est occupé à rêver à sa fin de saison. Et il n’y a rien de mal à rêver!