2018 US Open - Previews

Crédit : AFP

Paul Rivard

Le costume d'Halloween de «Genie»

Le costume d'Halloween de «Genie»

Paul Rivard

Publié 19 octobre 2018
Mis à jour 19 octobre 2018

Dans un récent message sur Twitter, la joueuse de tennis Eugenie Bouchard sollicitait ses abonnés pour des suggestions de costume d’Halloween.

C’était le 2 octobre.

Curieusement, la réponse est venue deux semaines avant la fête du 31 octobre. Et elle est venue de Genie elle-même.

Elle s’est déguisée en ...gagnante.

Je sais, la blague était facile. Mais elle recèle un soupçon d’admiration et une pincée de soulagement à la suite de cette belle chevauchée victorieuse, au royaume du Luxembourg, entre les 13 et 19 octobre.

Il s’en est fallu de peu pour que Bouchard, en toute fin d’une année marquée de plus de bas que de hauts, comme lors des précédentes, nous fasse une énorme surprise.

Non, vraiment, celle-là, on ne l’a pas vu venir...

En effet, Eugenie Bouchard semblait s’acheminer vers le même type de fin de saison que lors des dernières années, lorsqu’elle a sorti un lapin de son chapeau : sept matchs en sept jours. Six victoires consécutives. Et dans le même événement.

Au Luxembourg, lors d’un tournoi de catégorie «International» (l’équivalent d’un ATP250), elle a atteint les demi-finales et n’était plus qu’à un jeu d’accéder à sa première finale en plus de ...31 mois. Et. comme l’aurait dit l’ex-hockeyeur des Flyers, André «Moose» Dupont, s’il avait été commentateur de tennis : «31 mois, c’est des mois en ta... !!! »

Samedi le 19 octobre, Bouchard affrontait l’Allemande Julia Goerges, 9e joueuse mondiale et favorite du tournoi. La Québécoise, classée 108e, a enlevé la première manche 7-6 et servait pour le match, à 5-3 dans la deuxième, avant de voir Goerges remporter 4 jeux d’affilée pour créer l’ultime set qui, lui, n’a pas traîné et qu’elle a enlevé 6-1.

Avant de s’amener au Luxembourg, la fiche de Bouchard en 2018 était de 23-19... Elle jouait presque pour .500. Ce qui, vous vous en doutez, n’est pas très glorieux au tennis.

Sur cette fiche de 23-19, prenez note qu’il y a eu 14 matchs en qualifications (fiche de 11-3). En WTA, toujours avant le Luxembourg, elle compilait un dossier de 12-16. Ce qui est encore moins glorieux.

En quittant ce petit pays enclavé entre la France, la Belgique et l’Allemagne, Bouchard aura compilé 30 victoires et 20 défaites (14-3 en qualifications). Sans être une année couronnée de succès, voilà qui lui permettrait, si elle s’arrêtait là en 2018, de pouvoir jouir des fêtes (Halloween, Noël et Jour de l’An) plus agréablement.

C’était la première fois que Genie remportait six matchs consécutifs depuis... 2014 ! Oui, jamais, après son inoubliable parcours de Wimbledon qu’elle battait cinq adversaires de suite dans le même événement.

Elle a amorcé 2018 au 81e rang de la WTA, elle se retrouvera lundi aux environs du 89e. Du sur-place, pensez-vous. En effet... sauf si on tient compte que le 10 juin dernier, elle atteignait un creux au... 194e échelon.

Elle vient donc d’effectuer un bond de 105 positions en quatre mois.

Voici la liste récapitulative de son passage au Luxembourg

13 oct. – 1er tour des qualifications

Bouchard bat la Roumaine Raluca Serban (267e) 6-1, 2-6 et 6-1

14 oct. – 2e tour des qualifications

Bouchard bat la Suissesse Jil Teichmann (144e), 6-3 et 6-1

15 oct. – 3e tour des qualifications

Bouchard bat la Française Jessika Ponchet (229e), 6-2 et 7-5

16 oct. – 1er tour du tableau principal

Bouchard bat la Hongroise Timea Babos (63e), 6-4 et 6-2

17 oct. – 2e tour du tableau principal

Bouchard bat l’Espagnole Carla Suarez Navarro (24e), 6-1 et 6-0

18 oct. – Quart-de-finale

Bouchard bat l’Allemande Andrea Petkovic (67e), 4-6, 4-0 (ret.0

19 oct. – Demi-finale

Bouchard est battue par l’Allemande Julia Goerges (9e), 6-7 (3), 7-5 et 6-1.

Après cette belle sortie luxembourgeoise, on ne sait toujours pas si la joueuse native du Québec mettra un terme à sa saison.

D’un côté, ce serait un baume sur la plaie et elle amorcerait la pause annuelle du tennis sur des pensées positives. Par ailleurs, peut-être devrait-elle transporter ces belles sensations et sa confiance renouvelée vers d’autres terrains afin de la solidifier.

Cela étant dit, il ne nous reste plus qu’à espérer que, d’ici la fin de l’année ou au début de la prochaine, Eugenie n’ait pas rangé son costume de gagnante au placard et d’attendre l’Halloween 2019.

L’attente serait trop longue...

La fin des marathons

La nouvelle est tombée en ce 19 octobre. Le tournoi de Wimbledon a annoncé la fin des «manches-marathons». Finies les rencontres dignes du «Livre Guinness des Records» comme celles que se sont disputées John Isner et Nicolas Mahut en 2010, ou Isner (encore lui) et Kevin Anderson, en 2018.

On a statué que toute cinquième manche disputée sur le gazon londonien ne dépasserait jamais 25 jeux. À 12-12, on jouera le bris d’égalité conventionnel. Les détails de cette nouvelle se trouvent ici.

Je ne peux qu’applaudir cette décision.

C’est bien beau ces matchs qui font la joie des statisticiens et des puristes, mais ces interminables confrontations ne servent ni le sport, ni les organisateurs des tournois. Et ils taxent les athlètes au point qu’ils sont incapables de récupérer pour le match suivant, rendant la rencontre subséquente plutôt injuste par rapport à leur adversaire, lui, bien reposé.

Cette décision, je l’espère, n’est que le premier pas vers une refonte totale du tennis. Hormis la nouvelle version de la Coupe Davis (fort critiquée, toutefois), il ne reste plus qu’à éliminer une fois pour toutes les matchs de type «3-de-5»

Le 9 juin dernier, je publiais ce texte sur le sujet. Vous pourrez y voir les détails qui servaient à étayer mon opinion là-dessus.