Crédit : MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL / AGENCE QMI

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Alouettes: autopsie d’un autre fiasco

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Après une décennie marquée par la conquête de plusieurs championnats, les Alouettes ont amorcé une descente aux enfers qui perdure depuis quatre saisons, dont celle qui se terminera le 3 novembre à Hamilton.

La formation montréalaise n’a remporté que 19 de ses 69 derniers duels. Au cours de cette terrible séquence, elle a vu défiler deux directeurs généraux, cinq entraîneurs-chefs, une bonne quantité de coordonnateurs et une kyrielle de joueurs. Elle n’a pas participé à la finale de la Coupe Grey depuis 2010 alors que l’équipe était dirigée par un certain Marc Trestman.

Pour plusieurs raisons, on est rendus très loin des standards qui avaient été établis lors de cette campagne. Les Alouettes se sont creusé un trou très profond duquel il sera très difficile pour eux d’en sortir.

Cette saison, tous les espoirs étaient permis avec l’arrivée de Mike Sherman comme entraîneur-chef. Et ce, même s’il n’avait jamais dirigé un match dans la LCF au cours de sa longue carrière. Il a eu besoin de plusieurs semaines pour s’acclimater au football canadien et à ses particularités.

En ce qui concerne ses effectifs, on s’interrogeait à savoir s’il avait les chevaux sous la main, surtout celui au poste de quart-arrière, pour se rendre jusqu’au bout. On connaît maintenant la réponse : c’est un autre constat d’échec.

Reed défend ses décisions

Depuis son entrée en fonction, le directeur général Kavis Reed a affirmé à plusieurs occasions qu’il avait un plan pour rebâtir son équipe. Par contre, on ne peut pas dire que ses résultats sont concluants avec une fiche de 6-27 avant la partie de cet après-midi contre Toronto.

Il a effectué plusieurs transactions et mouvements de personnel qui en ont laissé plusieurs perplexes. Reed n’a pas hésité à se départir de plusieurs vétérans qui ne cadraient pas dans sa philosophie. Il faut avoir du cran pour se débarrasser de joueurs qui sont aimés par le public et par leurs coéquipiers même si c’est pour le bien de sa formation.

On a également assisté à un peu de panique de sa part quand il a décidé d’aller chercher le quart Johnny Manziel à Hamilton. Il a payé très cher parce que les Tiger-Cats savaient que son équipe était dans le pétrin avec un dossier de 1-5.

Reed a aussi reçu plusieurs critiques après avoir procédé à une liquidation le 10 octobre. Toutefois, ça en prendra plus pour ébranler Reed qui est une personne très optimiste de nature.

«Les critiques font partie de mon boulot, a souligné Kavis Reed lorsque joint par Le Journal de Montréal cette semaine. Les amateurs et les journalistes n’analysent pas les transactions de la même façon que moi.»

Chacune de ses décisions est bien réfléchie. Il consulte toujours ses adjoints et son entraîneur-chef avant de passer à l’action. Cependant, on a assisté à de l’improvisation de sa part dans certaines situations au cours des deux dernières années. On se souvient qu’il avait embauché des joueurs canadiens à la dernière minute pour respecter le ratio pour un match à Toronto en 2017.

Talent canadien : une priorité

Lors de notre entretien avec Reed, on a senti que le talent canadien est une obsession pour lui. Selon sa vision, une équipe de LCF, qui a de bons joueurs de l’unifolié, va connaître du succès.

«On a 12 joueurs issus de nos deux derniers repêchages qui ont joué au sein de notre équipe, a souligné Reed avec fierté. Peu de formations dans la LCF ont le même taux de réussite que nous à ce niveau.»

C’est bien beau la qualité des joueurs canadiens, mais il ne faut pas négliger celle des athlètes provenant des États-Unis. Les succès d’une formation passent aussi par cette voie. Reed a encore plusieurs trous dans sa formation à des positions importantes et il ne pourra pas penser à un championnat s’il ne les comble pas dans un avenir rapproché. C’est crucial.

Après deux saisons misérables, Reed se croise les doigts pour que son labeur rapporte des dividendes au classement en 2019. Si les Alouettes connaissent une autre campagne à oublier, les carottes seront cuites pour lui.