Impact

On commence à prendre Piatti au sérieux

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C’est connu, toutes les équipes n’ont pas la même reconnaissance dans la Major League Soccer (MLS), et ce système à géométrie variable est facilement observable en ce qui concerne l’intérêt qu’on porte aux équipes canadiennes au sud de la frontière.

Prenons le cas du Toronto FC, qui est un gros joueur dans le circuit Garber. Les Reds obtiennent beaucoup d’attention, non seulement parce qu’ils ont été dominants en 2016 et 2017, mais aussi parce qu’ils comptent sur de grosses vedettes américaines en Michael Bradley et Jozy Altidore.

En se déplaçant sur la côte ouest, on constate déjà que les Whitecaps de Vancouver attirent moins l’attention. Ce qui leur permet de se maintenir à la surface, c’est leur présence au sein d’une rivalité très chaude à trois équipes, qui inclut les Sounders de Seattle et les Timbers de Portland, deux équipes de haut profil en raison de leurs succès aux guichets.

L’Impact de Montréal, hormis une éclipse en raison de l’improbable poussée en finale de la Ligue des champions de la CONCACAF en 2015, évolue généralement sous le radar, notamment en raison du fait francophone et de l’absence présumée de grandes vedettes.

Et Nacho ?

C’est donc dans ce contexte qu’évolue Ignacio Piatti, lequel est pourtant l’un des joueurs les plus électrisants de la ligue.

Pourtant, Nacho est le septième marqueur de la ligue cette saison avec 14 buts, et c’est le neuvième passeur avec 13 passes décisives. C’est donc dire qu’il a participé à la création de 60 % des 45 buts de l’équipe cette saison.

Piatti connaît d’ailleurs sa meilleure saison depuis qu’il a rejoint l’Impact, en 2014. Il améliore notamment le record pour le nombre de passes décisives dans une saison, qui était de dix avant cette année.

Qui plus est, outre une séquence pénible de cinq matchs sans participer à un but, Nacho n’a été écarté de la feuille de pointage que lors de deux matchs consécutifs. Autrement, il n’a jamais passé plus d’un match sans participer à un but cette saison.

En quatre saisons et demie, Nacho Piatti c’est 61 buts et 34 passes en 122 matchs.

C’est également une participation aux trois derniers matchs des étoiles. Et pourtant, son nom fait rarement partie du débat quand il est question du joueur par excellence de la MLS.

Le vent tourne

Mais les choses sont peut-être en train de changer. Les analystes commencent à s’élever contre le fait que Piatti passe un peu inaperçu, même s’il est un joueur d’exception que tous les partisans aiment voir.

«Une autre saison de Piatti qui passe complètement sous le radar parce qu’il joue à Montréal. Trop d’Américains ne lui donnent pas le mérite qui lui revient», a lancé l’analyste respecté Taylor Twellman dans un gazouillis, il y a quelques jours.

C’est ainsi que la balle a commencé à rouler et Andrew Wiebe, du site mlssoccer.com, en a rajouté cette semaine en sortant beaucoup de statistiques pour monter un dossier en faveur de l’Argentin de 33 ans.

Wiebe a notamment fait remarquer que Piatti trône au sommet d’un groupe très sélect de seulement six joueurs qui ont accumulé au moins dix buts et dix passes cette saison, un groupe qui ne comporte aucun pied de céleri. Outre Piatti, on y retrouve Miguel Almiron, Sebastian Giovinco, Darwin Quintero, Carlos Velas et Diego Valeri, un bon ami de Piatti.

«Tous les joueurs sous Piatti reçoivent plus d’attention des médias, d’amour et de reconnaissance pour d’éventuels trophées que Piatti», fait-il remarquer.

Joueur de l’année

Autre statistique intéressante révélée par Wiebe, Piatti (48 b, 25 p) a participé à 73 buts depuis la saison 2016, et seulement quatre joueurs ont fait légèrement mieux que lui à ce chapitre, soit Sebastian Giovinco (45 b, 35 p), Bradley Wright-Phillips (61 b, 14 p), David Villa (57 b, 18 p) et Diego Valeri (45 b, 29 p).

Du lot, on retrouve le joueur par excellence des trois dernières saisons en Giovinco (2015), Villa (2016) et Valeri (2017), de même que le gagnant du Soulier d’or en 2015 (Giovinco) et 2017 (Wright-Phillips).

On constate donc qu’un bon dossier pourrait être monté pour la candidature de Piatti au titre de joueur par excellence, surtout si l’Impact parvient à conserver sa place en séries éliminatoires.

Piatti est un homme modeste qui préfère s’exprimer sur le terrain et remporter des titres collectifs, mais il est temps qu’il soit considéré comme l’un des meilleurs de la MLS. Comme le disent les partisans: «No Piatti, no party.»