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Paul Rivard

La bombe à «Hydrogen»

La bombe à «Hydrogen»

Paul Rivard

Publié 09 octobre 2018
Mis à jour 09 octobre 2018

Denis Shapovalov a été sorti, manu militari, dès le premier tour du tournoi de Shanghai, là où il s’est fait corriger 6-2, 6-2, en moins d’une heure par le Géorgien Nikoloz Basilashvili.

QUI? Nikoloz Basilashvili!!!

Oui, celui qui a une tête de mort sur son chandail et son bandeau.

Et, surtout, celui qui venait de remporter un premier titre en carrière, deux jours auparavant, à Beijing, battant en finale nul autre que Juan Martin del Potro, quatrième joueur mondial. En deux manches...

Nikoloz Basilashvili, 23e mondial. Qui s’est farci depuis le début d’octobre les Jack Sock, Fernando Verdasco, Kyle Edmund, Del Potro et Shapovalov.

Quand même!

Mais c’est surtout de cette tête de mort, dont je voulais vous entretenir. Ou plutôt de CES têtes de mort que l’on voit de plus en plus sur les vêtements de certains athlètes, sans trop savoir pourquoi ou de quel endroit ça vient.

Dans la bataille de géants que se livrent Nike et Adidas pour habiller le plus de joueuses et de joueurs de tennis sur la planète, d’autres marques telles Yonex, Lacoste, Asics, Fila, Lotto et New Balance ramassent les miettes restantes.

Puis, quelque part entre les deux, sans tambour ni trompette, on voit poindre à l’occasion la marque «Hydrogen».

Marque anticonformiste

Toute dernière dans la bataille, curieusement, elle se fait remarquer un peu plus que bien d’autres rivales plus connues. Normal, puisque cette entreprise a clairement choisi la voie de l’originalité et de l’anticonformisme pour se faire voir dans le monde traditionnel du tennis.

La première fois que j’ai vu cette sympathique tête de squelette, c’était aux Internationaux de tennis junior de Repentigny, en 2016. Le jeune Espagnol Alejandro Davidovich Fokina avait remporté le tournoi, vêtu de Hydrogen. La marque lui allait bien... et vice versa. Spectaculaire, Davidovich Fokina avait le bagout pour aller avec l’emblème morbide et le design atypique qui ornait ses vêtements.

Faisons un bond temporel de deux années pour arriver au printemps 2018. Comment ne pas se souvenir des tenues particulièrement... disons... remarquables de l’Italien Fabio Fognini, à Paris, lors des Internationaux de France. Puis à Flushing Meadows, à ceux des États-Unis.

On a découvert récemment, au tournoi de Tokyo, un Adrian Mannarino plutôt surprenant alors qu’il a affronté Milos Raonic dans un chandail de football marqué d’un énorme numéro 17 dans le dos.

Quant aux autres joueuses et joueurs de tennis arborant la marque Hydrogen, ils sont moins connus. Je parle ici de la Slovène Polona Hercog, des Italiens Simone Bolelli et Andrea Collarini, du Slovaque Josef Kovalik, de l’Allemand Andreas Haider-Maurer ainsi que du Biélorusse Ilya Ivashka. Sans oublier Vincent Millot, un sympathique Français (ayant marié une Québécoise) qui se fait remarquer par un tempérament bouillant lorsqu’il vient disputer des tournois de type Challenger, année après année, dans notre belle province.

Et la suite?

Verra-t-on notre tête de mort rivaliser régulièrement avec la virgule de Nike, les trois bandes d’Adidas ou le double Y de Yonex? C’est tout le bien qu’on leur souhaite. Car, pour être vu souvent et longtemps, il faudrait peut-être que Hydrogen passe à la vitesse supérieure et se trouve un joueur ou une joueuse du top 10 mondial.

Mais cela peut-il vraiment arriver sans que Hydrogen ne renie sa propre identité? Car, compte tenu de son mandat anticonformiste, il serait peu probable que cela se produise.

Fognini est reconnu pour son caractère bouillant et changeant, qui lui coûte un ou deux matchs à l’occasion. Le bras droit de Polona Hercog est entièrement recouvert de tatouages dont fait partie une gros crâne squelettique recouvrant le biceps. (Rien de surprenant à ce que cette marque la commandite...).

En fait, s’il y a un nom plus connu qui DEVRAIT être commandité par cette marque... qui serait un «fit» parfait, comme on dit, c’est bien Nick Kyrgios. Il incarne carrément tout ce que l’entreprise recherche comme porte-étendard. Qui sait, à la fin du contrat avec Nike, peut-être que le controversé Australien s’en retrouvera affublé.

En terminant, si vous vous demandiez la raison de ce gros numéro 17 derrière le chandail de Fognini et même de Mannarino, sachez que Hydrogen a accepté de l’inclure à la demande de l’Italien. Fabio voulait ainsi honorer l’année de naissance de son fils Federico (29 mai 2017), fruit de son union avec la championne italienne de tennis Flavia Penetta.