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UFC: Khabib Nurmagomedov pourrait perdre son titre

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Même si Khabib Nurmagomedov a défendu de belle façon son titre des poids légers de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) samedi à Las Vegas contre Conor McGregor, c’est surtout la mêlée générale qu’il a causée après sa victoire qui marquera les esprits. Et cette décision pourrait lui coûter cher.

«La Commission athlétique du Nevada va imposer des amendes et possiblement des suspensions. Après, nous verrons, a indiqué Dana White, président de l'UFC, dans des propos rapportés par le magazine «Forbes». S’il [Nurmagomedov ] est suspendu pour longtemps, nous allons probablement lui enlever son titre.»

Après avoir battu McGregor (21-4) par soumission au quatrième round, Nurmagomedov (27-0) a sauté par-dessus la clôture entourant l’octogone pour s’en prendre à Dillon Danis, l’entraîneur de jiu-jitsu de son adversaire. Une bataille a éclaté dans les gradins et des membres de l’entourage de Nurmagomedov ont profité du chaos pour attaquer McGregor dans l’octogone.

Trois individus ont été arrêtés pour ensuite être libérés puisque McGregor a refusé de porter plainte.

En colère

White n’a pas caché son mécontentement à l’endroit du champion après le duel. «C’était ridicule, a-t-il dit au réseau ESPN. Il venait de gagner un grand combat, il s’était très bien battu. Il s’apprêtait à enfiler la ceinture et gagner le respect des autres avec sa performance. Au lieu de cela, il a sauté par-dessus la cage et a causé une bagarre générale avec les gens dans le coin de Conor.»

White a aussi refusé de remettre la ceinture de champion à Nurmagomedov quand ce dernier est revenu dans l’octogone, par crainte que cela ne cause encore plus de remous dans les gradins.

Des excuses, mais...

«Je m’excuse à la Commission athlétique, à l’État du Nevada et à Las Vegas. Je n’ai pas montré mon plus beau visage», a indiqué Nurmagomedov en point de presse après le combat.

«Mais je ne comprends pas pourquoi les gens parlent de moi qui ai sauté en dehors de la cage alors qu’il [McGregor] parle de ma religion, de mon pays et de mon père, a ajouté le combattant russe. De plus, il est venu à Brooklyn et il a brisé un autobus et a presque tué des gens.»

Nurmagomedov faisait ici référence à un incident en avril dernier où McGregor et sa garde rapprochée s’en sont pris à un autobus transportant plusieurs combattants, après un événement promotionnel en vue du UFC 223. Nurmagomedov était une des têtes d’affiche de ce gala.

McGregor, pour sa part, ne s’est pas adressé aux médias après le combat. Il a toutefois publié un message sur son compte Twitter dans la nuit de samedi à dimanche félicitant Nurmagomedov et demandant un second duel.

«Beau combat, maintenant place à la revanche», a-t-il écrit.

En raison des incidents de la soirée, la Commission athlétique du Nevada a choisi de ne pas remettre la bourse de 2 millions $ à Nurmagomedov. McGregor, dont le salaire était de 3 millions $, a été payé.

«Ce fut l'un des pires moments de l'histoire du sport (NDLR: du UFC), a souligné Ariel Helwani, analyste des arts martiaux mixtes au réseau ESPN. Khabib était très fâché de toutes les choses que Conor McGregor a dites avant le combat. Quand il a gagné, il était très émotif.»

Des leçons pour tout le monde

Les regrettables incidents de samedi soir se sont produits dans le plus visible des contextes, le combat entre McGregor et Nurmagomedov étant suivi dans le monde entier. Cela dit, aucun événement du genre n'est complètement à l'abri de ce genre de débordement. Au Québec, on a bien pris note de ce qui s'est produit.

«Tout le monde prend des leçons des événements de ce type-là», a indiqué Michel Hamelin, responsable des sports de combat à la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, en entrevue à TVA Sports.

«C'est sûr que tout le monde en Amérique, que ce soit les commissions athlétiques ou la Régie, comme nous, on va regarder ce qui s'est passé là-bas et on va tenter d'appliquer les meilleures mesures en conséquence ici», a-t-il ajouté, mentionnant au passage que la Régie doit toujours travailler à protéger la réputation du sport, ainsi qu’assurer la sécurité autant des combattants que des spectateurs.

M. Hamelin a aussi admis que la Régie garde un œil sur les propos qui sont échangés entre deux clans qui s’affronteront lors d’un combat qu’elle supervise.

«On fait quand même une certain veille, a-t-il expliqué. Quand le ton monte, ou quand on voit qu'il y a des choses qui se disent qui ne devraient pas se dire, on passe certains messages, que ce soit au niveau des promoteurs et même auprès des combattants comme tel.»

Il a cependant souligné qu’au Québec, les promoteurs sont plutôt conscientisés à cet égard et qu’ils ont tendance à «faire attention».