Boxe

L’importance d’une bonne défensive à la boxe

L’importance d’une bonne défensive à la boxe

Bernard Barré

Publié 07 octobre 2018
Mis à jour 07 octobre 2018

L’ex-champion du monde québécois Éric Lucas avait compensé son manque de talent naturel par une défensive exemplaire qui lui permettait de faire des rounds avec les meilleurs, tout en prenant soin de sa santé. Le légendaire multiple champion du monde invaincu américain, Floyd Mayweather, avait développé une défensive si étanche que si un adversaire lui touchait solidement, il prenait ça comme une insulte. Le gars était tellement bon dans ce domaine que la majorité de ses combats étaient d’une platitude infinie. Il sortait de là frais comme une rose.

L'athlète olympique et espoir de boxe professionnel, Simon Kean, s’est retrouvé dans un derby de démolition, samedi soir, dans le ring du Centre Vidéotron à Québec contre l’ancien champion canadien Dillon Carman. Ayant oublié sa défensive dans le vestiaire, il a donné à ses partisans un combat court, mais électrisant, avec pour résultat, un recul important dans sa carrière. Tout ça pour s’être mis au niveau de l’Ontarien. S’il y a une division de poids où un boxeur doit être efficace dans cet élément technique majeur, c’est bien chez les poids lourds. Les bons boxeurs ont une puissance pour t’envoyer à l’hôpital subito presto.

Les visages étaient longs à la sortie de cette agréable soirée de boxe, qui s’est terminée sur une fausse note, qui a résonné longtemps dans la tête de notre boxeur québécois. Je l’observais de mon siège d’analyste et je constatais encore une fois comment la boxe professionnelle peut être cruelle. Je revoyais dans ma tête le dernier adversaire de Kean, Adam Braidwood, quelques mois plutôt, dans la même situation, abasourdi par ce qui venait de se passer. La gloire est éphémère dit le proverbe et en constatant dès le lendemain les commentaires ultra négatifs sur les médias sociaux, j’ai réalisé à quel point la méchanceté a une place de choix dans plusieurs d’entre nous. La preuve que le jugement populaire te condamne à être aussi bon que ton dernier combat. C’est celui-là qui compte. En espérant que le colosse mauricien évite ces sites de malheur s’il veut conserver sa santé mentale.

C’est dans la misère qu’on forme les champions et j’espère que Simon Kean retournera rapidement dans le gymnase pour travailler ses lacunes défensives, qui pourront lui permettre de faire une longue carrière. À défaut d’être le cas, il lui sera impossible d’aspirer à un éventuel combat de championnat mondial. À lui de nous prouver sa force de caractère. Carman a accepté un combat revanche. Kean doit lui prouver que ce qui s’est passé n’est qu’une erreur de parcours. Bien hâte de voir la suite. Le «Grizzly» doit être maître de son territoire.

À suivre...