Ski et planche

Une Coupe du monde qui inquiète

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«Pour l’instant, le projet tel qu’on le voit ne cadre absolument pas avec le plan de protection et de mise en valeur du mont Royal.»

La directrice générale des Amis de la montagne, Hélène Panaïoti, s’est dite étonnée en apprenant le projet d’une Coupe du monde de ski alpin sur le mont Royal à l’automne 2020, dévoilé vendredi par «Le Journal».

Un site « fragile »

Cet organisme à but non lucratif, qui veille à ce que des «décisions éclairées» par les autorités gouvernementales et les tables de concertation favorisent la pérennité de la montagne, craint spécifiquement pour l’espace où se tiendrait cette épreuve de slalom en parallèle. La piste de ski alpin aujourd’hui désaffectée derrière l’Université de Montréal se situe dans un parc public administré par la Ville de Montréal, mais sur un site patrimonial «fragile» et protégé par divers outils, rappelle Mme Panaïotti.

«On vit dans une ville et un pays démocratiques. Tout projet mérite d’être étudié, mais j’ai confiance en la Ville de Montréal pour respecter le processus d’analyse mis en place pour la protection du mont», affirme la dirigeante de l’entité créée en 1986, qui en appelle à une conscience du bien collectif de tout promoteur «si on veut garder notre montagne».

«Si on n’y fait pas attention en évitant de prendre des choix éclairés, on risque de perdre ce qu’on aime le plus à Montréal», prétend la directrice.

L’exemple du ski de fond

«J’ai hâte qu’on regarde le projet avec tous les joueurs autour de la table», répond le président de Gestev, Patrice Drouin, qui a déjà rencontré différents intervenants de la Ville, dont le conseiller en matière de sports au comité exécutif, Hadrien Parizeau.

Le promoteur rappelle le comportement emprunté par son organisation dans la tenue d’une Coupe du monde de ski de fond sur le mont Royal le 2 mars 2016. À l’époque, il dit avoir également échangé sans heurts avec Les Amis de la montagne.

«On a cet exemple récent avec le ski de fond pour démontrer comment on travaille avec tous les acteurs d’un projet. On avait fait des démonstrations dans le respect et on va employer avec ces gens-là la même méthode en vue de cette Coupe du monde de ski alpin. On va aller au fond de notre démarche et ce ne sera pas par le biais des médias qu’on va trouver des solutions», soutient Drouin.