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Cyclisme

Alejandro Valverde consacré à 38 ans

Agence France-Presse

Publié | Mis à jour

À 38 ans, l'Espagnol Alejandro Valverde est devenu l'un des plus vieux champions du monde de l'histoire du cyclisme, dimanche, sur le difficile circuit autrichien d'Innsbrück, où l'Espagnol a enfin touché à la consécration pour son... septième podium.

Valverde, premier Espagnol vainqueur depuis Oscar Freire en 2004, a réglé au sprint un petit quatuor. Il a devancé d'une bonne longueur Romain Bardet, le meilleur représentant d'une équipe de France en surnombre dans le final.

Le Canadien Michael Woods, révélé par sa deuxième place de Liège-Bastogne-Liège en avril dernier (devant Bardet), a récolté la médaille de bronze devant le Néerlandais Tom Dumoulin.

Grand spécialiste des classiques ardennaises, Valverde a a réussi là où le Français Julian Alaphilippe, présenté comme son successeur sur ce type de parcours, a coincé. Dans le "Höll", l'"enfer" surplombant Innsbrück, une pente très raide (jusqu'à 28 % !) qui a fait office de révélateur impitoyable après plus de six heures et demie de course.

Dès lors que Valverde est parvenu à garder le contact avec Bardet et Woods, les dés étaient jetés malgré le retour tardif du Néerlandais Tom Dumoulin aux 1500 mètres. De loin le plus rapide au sprint, l'Espagnol pouvait enfin toucher au but... quinze ans après sa médaille d'argent à Hamilton (Canada) derrière son compatriote Igor Astarloa, tombé dans les oubliettes de l'histoire.

Alaphilippe battu sur son terrain

«Je n'y crois pas!, a réagi à chaud le Murcian, en larmes après l'arrivée. Je suis vieux maintenant, ça fait beaucoup d'années que je cours après ce titre et je finis par y parvenir.»

«Dans le final, je savais que c'était à moi d'assumer les responsabilités. Je ne devais pas faire de faute, je n'avais pas droit à l'erreur. J'ai lancé aux 200 mètres», a expliqué Valverde.

Symboliquement, Valverde a été félicité sur le podium par son prédécesseur au palmarès, le Slovaque Peter Sagan, distancé loin de l'arrivée. Tant la course a été éprouvante pour nombre de favoris malgré la météo favorable, par la nature et la longueur (258,5 km) de son parcours envahi par une foule joyeuse de supporters à dominante italienne.

La liste est longue des prétendants qui ont lâché prise bien avant la dernière côte. Du Britannique Simon Yates, le vainqueur de la récente Vuelta, lâché à 45 kilomètres de l'arrivée, à l'Italien Vincenzo Nibali, à la peine sur l'avant-dernière ascension, la sélection n'a laissé qu'un maigre peloton au pied du Höll que les maillots bleus français (Pinot, Bardet, Alaphilippe) ont abordé en tête derrière le Danois Michael Valgren sorti en avant-garde.

«On avait mis au point une tactique bien huilée», a souligné Bardet. Mais, les cartes ont été redistribuées contre toute attente par Alaphilippe, distancé sur son terrain et finalement 8e.

Le deuxième lauréat plus âgé

La voie était libre pour Valverde. Depuis 1927, année de la création des Mondiaux pour les professionnels, il est le deuxième lauréat le plus âgé. Derrière Joop Zoetemelk, dont le passeport présentait quelques mois de plus quand le vétéran néerlandais fut sacré en 1985 à Montello (Italie).

Au fil d'une longue carrière marquée par une suspension au début des années 2010 à cause de l'affaire de dopage Puerto, l'Espagnol, qui était surnommé «l'imbattable» dans les catégories de jeunes, a gagné sur tous les terrains. Dans les grands tours (Vuelta 2009) mais surtout dans les classiques, son terrain de chasse favori (4 fois vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, 5 fois de la Flèche Wallonne).

Lors du précédent succès espagnol, en 2004, Valverde, qui n'en était qu'à sa troisième saison chez les professionnels, avait pris la 6e place. Quatorze ans plus tard, celui qui porte habituellement les couleurs de l'équipe Movistar totalise 122 victoires.